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  • : Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 18:49

 

Quartier libre :  Les marcheurs.

 

 

 

© crédit photo : Sebarjo (qui écrit aussi sur "impromptus littéraires")

 

Consigne: Un texte inspiré de cette photo

 



 

 

Au début, il y eut quelques voyageurs sans bagage ou presque. Peu de gens les voyaient. Les rares vigilants cherchaient des explications rationnelles. Bagages à l’hôtel. Simple promenade. Les autres n’y prirent pas garde, occupés qu’ils étaient en gourmandises glacées et magazines de même. Les moins aisés faisaient le compte de ce qu’il leur restait pour finir les vacances  et se plaignaient de quelques mendiants peu décoratifs.

 

Peu à peu, les voyageurs dessinèrent au long de la plage une sorte de trajet  sinueux. On s’étonna un peu de leur démarche fatiguée, de leur tenue poussiéreuse, de leur regard perdu. Ils avançaient comme en leur monde. On s’écartait un peu. Puis on pensait à autre chose.

 

La densité. Ce fut  la densité de leur marche, en quelque sorte, qui  décida la municipalité à se réunir pour réfléchir à la situation. Les commerçants se plaignaient. On achetait beaucoup moins de glaces et de magazines. Les touristes disparaissaient peu à peu et les marcheurs ne semblaient avoir besoin de rien. Un conseiller municipal proposa  de contacter d’autres villes de la côte pour savoir si elles avaient été confrontées au même problème. Et en effet. Il semblait qu’une ligne infinie de marcheurs de poussière avançait  lentement, inexorablement, vers on ne sait quel  havre perdu.. Chaque jour ils étaient plus nombreux à venir grossir la  foule en marche.

 

On ne pouvait plus les arrêter. On ne pouvait ni leur parler, ni attirer leur attention. Et même, peu à peu, les habitants de la ville et les quelques touristes de septembre  se sentirent comme contraints de les rejoindre. A peine avaient ils commencé de cheminer à leurs côtés qu’ils devenaient comme eux, gris sombre comme bois calciné, poussiéreux, épuisés, sans visage, sans nom, sans bagages, sans avenir.

 

Seule restait cette ligne mouvante. Seule restait cette dérive . Seule restait  cette migration sans fin.

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Published by danielle vioux - dans créations passées
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liedich 25/08/2009 20:55

une file d'ombres, presque ! et des troncs noués comme des visages vieillis et ravinés par la pluie ou le froid. Celui de la vie.
la tristesse est en marche.
Et elle ne s'arrêtera qu'au prochain pieux planté dans le coeur. Pour mieux repartir.
J'aime ta façon d'écrire, tout simplement, vagabondage comme tu dis dans l'émotion.
Douce nuit.

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