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  • : Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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FABLIAU DU PEUPLE ET DES DEUX PRINCES

                   texte publié aux éditions "art et comédie" (voir lien)







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Résumé : Un prince, c’était déjà pénible, mais deux !!!!! Et tendis qu’ils règlent leurs histoires de princes tout là haut, qui est ce qui assume les dommages collatéraux ? Le peuple ! A moins que….

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  Extrait :   SCENE III

 

2   Mais un jour...

 

3,4,5,6,7,8   HELAS!    ILS SONT   DE RETOUR !!!!!!!!

 

1   Il faut vous dire que le village était situé dans une verte vallée entre deux collines

 

2  Sur chaque colline il y avait un château

 

3  et maintenant dans chaque château il y avait

 

4,5,6,7,8  UN SEIGNEUR !!!!!!!!

 

(tous se lamentent, sauf 5 et 6  qui se régalent de jouer les seigneurs )

 

S 5   Réjouissez vous braves gens, je suis de retour

 

S 6   Oyez, oyez mes braves gueux et paysans ,je reviens pour m'occuper de vous

 

S 5  (à S 6)  N'oubliez pas que vous êtes mon vassal

 

S 6 (à S 5)  Plus maintenant!Vous oubliez que je me suis distingué aux croisades!

 

S 5 (au peuple)  Allez travailler, nous avons à parler

 

S 6 (au peuple)  Allez travailler, nous règlerons les problèmes de taille et de gabelle un peu plus tard

 

(Les seigneurs tentent de s'impressionner mutuellement  en prenant des poses.Le peuple travaille et ronchonne.)

 

1 On n'avait pas besoin d'eux

 

2 On cultivait juste assez pour manger

 

8   (vient de dérober une bourse ) Ca et quelques suppléments

 

S 5 (par dessus leurs têtes) J'ai un grand projet!

 

3   Maintenant il va falloir reconstruire leurs châteaux qui tombent en ruines

 

S 5   Tout d'abord  je vais faire reconstruire mon château

 

S 6  Le mien aussi a besoin de quelques réparations...peu importantes ..ce sera vite fait

 

S 5 ET S 6  (au peuple)  Quatre jours aux champs, trois jours à la construction

 

4,7  Et l'amour alors?

 

1  Et le vin?

 

2 Et les jeux?

 

3  Et la sieste?

 

8  quand est-ce qu'on se raconte des histoires?

 

4 quand est-ce qu'on embrasse nos enfants?

 

6  quand est-ce qu'on parle aux inconnus?

 

1 quand  est-ce qu'on invite un étranger à notre table?

 

3 quand est-ce qu'on tombe amoureux ?

 

2 quand est-ce qu'on jouit de la vie?

 

1 Le soir, devant la porte,à bavarder

 

7 Dans le lit, dans la paille, dans les bois, à faire des agaceries et des baisers

 

3  Dans la rivière à se baigner

 

4 Dans la foule bouche bée à regarder les jongleurs

 

6 A danser

 

8  A détrousser les passants

 

1,2,3,4,7,8   QUAND  ??????

  ( à suivre….)

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Extrait de EN ATTENDANT LA FIN DE L’ORAGE (2003)

ce texte est publié dans le volume 2 de "La scène aux ados"  à Lansman Editions


(voir lien)





                              "En attendant..." au petit théâtre de Vallières, Clermont-Ferrand,              mai 07


Résumé :  Les bombes continuent de tomber… Une douzaine de jeunes, au sous-sol de leur école, essaient de survivre…

Petite note : Il existe des monologues à ajouter à ce texte, je les ai écrits pour le conservatoire de Salon qui souhaitait que je « développe »ainsi certains personnages


 
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 EXTRAIT :

 

Les filles : Lena                                          Les garçons : Pierre

                  Carmen                                                             Enzo

                  Rebelle                                                              Ahmed

                  Yasmine                                                            Jacob

                  Marguerite                                                       Tarek

                  Marisa                                                               M'en fous

                  Tombée du ciel                                                 Tang

 

Ils ont probablement entre treize et seize ans.

 

Le lieu : Une salle en sous-sol  au collège international. Des matelas de gym alignés au fond et des bâches en vrac dessus. Poussière et gravats. A jardin on sort vers les réserves de la cantine, à cour vers la salle des ordinateurs.

 

 

 

Scène 1 "Comme dans ces reality shows"

Lena, Rebelle, Carmen, Yasmine 

 

 

Lena : C'est comme dans ces reality shows qu'on regardait avant, vous vous rappelez?

 

Carmen : Celui où ils étaient enfermés dans un château ? Drôle de château qu'on a là.

 

Lena : Non, l'autre, celui où ils n'avaient rien à faire.

 

Yasmine :Y avait des caméras qui filmaient tout le temps. Pas de caméras ici.

 

Carmen : Manquerait plus que ça. T'imagines si c'était juste une expérience?

 

Lena : T'imagines si tout le monde nous regarde, morts de rire .

 

Rebelle : Morts tout court, y a plus de chances.

 

(silence)

 

Lena : Celui avec les chambres, avec les lits alignés, les caméras infrarouges, tout ça…

 

Carmen : On essayait de deviner ce qui se passait

 

(rires)

 

Yasmine : Je suis sûre que toi aussi tu regardais, Reb.

 

Rebelle : Evidemment, qu'est ce que vous croyez ?

 

Carmen : Je croyais que ton père t'interdisait.

 

Rebelle : J'allais chez les voisins

 

Lena : Il te laissait sortir ?

 

Rebelle: Je faisais semblant d'aller dormir et je sortais par la fenêtre…

 

Carmen : Chance que t'aies pas habité un immeuble

 

Rebelle : C'était tout trafiqué de toute façon. Tout le scénario écrit à l'avance.

 

Yasmine : Le nôtre, quand même, j'aimerais bien savoir comment il finit.

 

(Silence)

 

Lena : Au moins, ici, rien que du vrai. Si quelqu'un vient dormir avec toi, c'est qu'il t'aime.

 

Carmen : Quand Tang vient dormir avec moi, c'est surtout qu'il a peur.

 

(Rires)

 

Rebelle: Big Mama Carmen !

 

Carmen (Rit) : "Dans les bras de Big Mama, on oublie tous ses tracas"

 

Yasmine : Ca leur aurait pas trop plu, aux adultes.

 

Rebelle : Get lost, les adultes. Tous morts ceux d'ici. Et les autres en haut occupés à larguer leurs bombes sur les ruines de notre ville. Alors nous voilà tous seuls dans notre trou, et moi, tu sais quoi, ça me va bien. Mon rêve depuis toujours, en fait.

 

Lena : Ouais, ben moi, j'en ai plus qu'assez !

 

Carmen : T'inquiètes, quand ce sera fini et qu'on ressortira, on les retrouvera tes adultes. Mais franchement, je crois qu'ils n'ont plus rien à nous apprendre. A leur place, j'aurais plutôt honte, je m'écraserais quoi.

 

Rebelle : En attendant, c'est Marlen qu'ils ont écrabouillée. Et Yazid. Et Tomaso. Et Carla, et Dom, et Renato, et Aïcha, et Soraya...............

 

Yasmine : Ca va, pas la peine de faire la liste…

 

Carmen : On était vingt sept rien que dans notre classe

 

Lena : Vingt sept et monsieur Makoko

 

Rebelle : Makoko la torche vivante

 

Lena : T'es nulle. Il était gentil.

 

Rebelle : Il avait qu'à pas sortir

 

Lena : C'était pour nous

 

Rebelle: Il a voulu jouer les héros.

 

Yasmine : Il a fait son boulot de prof

 

Rebelle : Oh, ça va, je plaisantais…

 

Lena : La nuit, je me dis qu'on a eu de la chance d'être le groupe qui avait informatique. Et je peux pas dormir parce que ça aurait pu être nous là haut…

 

Yasmine : Ca aurait dû être nous, en fait

 

Rebelle : Bon, ça va, c'était pas notre jour et puis voilà

 

Lena : Si monsieur Makoko n'avait pas été absent une semaine le mois dernier, alors ça aurait été le tour des autres d'avoir informatique au sous-sol, et à nous d'avoir bio au deuxième étage.

 

Rebelle : Pourquoi il faut toujours qu'on reparle de ça ?

 

(Silence. Lena pleure. Carmen sort et lui caresse les cheveux au passage. Yasmine la suit.)

 

 

 

 

Scène 2 "L'ordi a dit",

Ahmed, Pierre, Jacob, Lena, Rebelle

 

Pierre : Je crois que ça va marcher. Qu'est ce qui t'arrive Lena ?

 

Rebelle : Une petite tristesse, c'est tout. Qu'est-ce qui va marcher ?

 

Pierre: L'ordi. Et si l'ordi marche, alors....

 

Rebelle : Alors l’ordi a dit..

 

(Black out)

 

Voix d'Ahmed : Alors, ça ne sera pas pour aujourd'hui. (Il allume un briquet, une petite bougie)

 

Pierre : Ah non, pas ça. Juste comme j'allais...

 

Rebelle : Déjà bien beau qu'on ait de la lumière de temps en temps. En général, c'est les centrales qu'on vise. Une ville sans électricité et sans eau.........

 

Ahmed : Parle pas de malheur.

 

Lena : On a de quoi boire pour encore une semaine au moins. Dix jours si on se rationne. Et il reste de la nourriture pour quatre ou cinq jours.

 

Pierre : Si on arrivait à communiquer avec le monde extérieur.... Mon père était à Gaza quand ils ont.... Eh bien il y avait des tas de gens coincés dans des appartements qui ont réussi à mailer le monde entier…

 

Rebelle : Ouais ben nous, c'est autre chose. On est coincés dans notre bunker sous une montagne de gravats et déjà je ne comprends même pas comment on peut encore avoir de l'électricité de temps en temps.

 

Pierre :  Dis merci à Jacob, c'est lui le bricoleur

 

Rebelle : Et quant à communiquer avec le monde extérieur, bon.....

 

Pierre : Il suffit d'avoir un peu de persévérance

 

Rebelle : Il est pas si beau, le monde

 

(Elle sort, suivie de Lena )

 

 

Scène 3  "Tu crois qu'elle me regarde?"

Tarek, Enzo, Pierre, Ahmed

Bombardements au loin, assourdis

 

Ahmed : Ca y est , ils recommencent.

 

Pierre : Quand j'étais petit, je faisais ce rêve. J'étais poursuivi par des animaux qui voulaient me dévorer. Un ours, un gorille, un renard. Je sentais leur haleine chaude sur moi. J'avais tellement peur qu'à la fin j'avais juste envie qu'on en finisse. Alors je les attendais et je me laissais dévorer.

 

Ahmed : Et après ?

 

Pierre : Rien, j'étais mort, un sommeil sans rêves.

 

Ahmed : Moi je les aurais frappés.

 

Pierre : Le psy m'a fait comprendre que j'avais un truc à régler avec ma mère.

 

Ahmed : Ta mère était les trois animaux à la fois ? Ben dis donc…

 

Pierre : Je me demande si elle est encore vivante.

 

Ahmed : On se demande tous ça.

 

Entrent Tarek et Enzo.

 

Tarek : J'ai trouvé ça

 

Pierre : Des bougies ?

 

Tarek : Il y en a un stock là haut

 

Ahmed : Là haut?

 

Tarek : On est monté jusqu'au rez-de-chaussée

 

Pierre : Et si ça s'écroule ?

 

Enzo : On a fait attention

 

Pierre : On avait dit qu'on ne prendrait plus de risques

 

Enzo : Ca te ressemble bien, mon gars. Mais faudrait pas jouer les chefs. On fait ce qu'on veut, tu le sais ça?

 

Intensification des bruits de bombes

 

Ahmed : Ca se rapproche

 

Pierre : On parlera de tout ça à la réunion.

 

Enzo : On parlera de rien du tout

 

Tarek : On est pas des rats. On va pas rester ici à attendre de crever. Et si tu nous empêches...

 

Esquisse de bagarre

 

Ahmed : Bon, ça va, dégagez les deux, on se retrouve pour la réunion, je vous rappelle que la majorité a voté.

 

Tarek : Qu'elle crève de soif dans les ruines, la majorité, avec ses réunions à heures fixes et ses parlottes sans fin. On retourne là haut et vous nous direz merci !

 

Il jette les bougies au sol et sort avec Enzo.

 

Ahmed : Faudra les avoir à l'œil

 

Bombardement très proche. Secousse. Pierre et Ahmed se regardent.

Pierre sort une photo et la regarde.

 

 Ahmed : T'es un romantique, Pierre, finalement…

 

Pierre : Fous toi de moi. Cette photo ridicule d'elle avec son équipe de foot. Mais je n'ai que ça.

 

Ahmed : Vas y, lance toi. Comment tu sauras, sinon?

 

Pierre : Elle va me rire à la figure.

 

Ahmed : Ce serait bien la première fois que je la verrais rire.

 

Pierre : (fixant la photo) Tu crois qu'elle me regarde?

 

 

 

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