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  • : Le blog de danielle vioux
  • Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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Extraits de "Autour du végétal"


Commande d'écriture de Rodia Bayginot ( site en lien)



 I ere partie


PROMENADE EN FORETS (extraits)

 


 

La route n'est plus très neuve,
plus très entretenue. Son bitume
craquelé, cède en crevasses et fissures
à la terre qui autrefois
traçait un chemin jusque là haut.
On y trouve des surprises
à chaque pas, des couleurs
des parfums, des lumières
 des sons, la trace d'autres pas,
la vie.

 

 

 *****************************************************

 


 

 

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Là, c'est le jour ou il m'a dit "je pars"; là, le moment
ou ils t'ont posé sur mon ventre. Là, le dernier regard,
le dernier adieu des amis à jamais disparus. Entre deux strates,
à gauche,
le reflet d'un premier baiser, le centième
est plus bas, au centre, tu en lis la trace?
une tache, une infime meurtrissure, on croit que les pierres
sont dures, mais il en est de plus tendres que d'autres,
le temps les compresse et les tasse, le temps
fait des mille-feuilles de leurs pauvres histoires,
mais elles savent, comme nous, que la trace demeure
elles gardent précieux en elle
l'écho de la douleur et des rires; nous lisons
ces histoires un peu tristes,
un peu gaies. Elles nous semblent familières,
un instant. Puis nous pensons à autre chose.

 

 

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La forêt

Ancestrale

Espace-temps griffé de fusils

Cependant

Arbres à message

Toujours

Leçons de vie

Entre les murs

Les pendules s’entre-choquent

Liberté

A plusieurs sens

Comment aménager

L’à-venir ?

Soft-touch mémoire

Concevoir que cela puisse n’être

Que mémoire

 

 
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13    L’ARBRE IMMOBILE

 

Les vibrants archets du présent

Tissent une arachnoïde évidence :

L’arbre parle . Taciturne pourtant.

Y regarde à deux fois. Va pas gaspiller sa sève.

Faut mériter. Tendre l’oreille.

Tendre la peau.

 

Respire ton présent, qu’il dit, l’arbre.

Bois le soleil. Ouvre-toi. Laisse le monde

Etre là exactement où tu te trouves.

Et cherchant exactement ce point-là,

Le humant, l’inspirant, l’avalant,

Ne faisant qu’un avec,

Rappelle-toi qu’il est tout autant

Ailleurs. Question de latitude longitude

Question de relativité.

Des processionnaires passent.

L’arbre reste.

Et toi ?

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14   FEUILLE MORTE

 

Feuille langue

Langue morte

Au milieu des vivantes

Posée là

 

Le charabia verdoyant

Des autres

L’accable et  l’exclut

Elle demande le silence

 

Un brin d’herbe

Chuchote

A son oreille

Quelque secret

 

Alors

Elle se défroisse

Un peu

A peine

 

Je suis peut être morte

Dit elle

Mais je suis là

 

Les autres

Doivent l’admettre

 

Elle a raison

 

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Une nuit

Il s’est approché d’elle

Ou elle de lui

De toute la force de sa sève

 

Oblique

Et non plus droit vers le ciel

Ça change tout

 

Même les arbres se rencontrent

 

Ces deux là

Ont fait leur vie ensemble

Fous d’amour

 

Les autres plus loin

C’est autre chose

Plutôt une dualité de jeunesse

Arbres siamois

 

Puis un jour, le désir

De revenir à l’autre

 

Ma main caresse

Leurs écorces

Familières

 

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Alors là, tu vois, il y a un arbre, et tu tournes à gauche

Mon  père m’expliquait ainsi  les chemins de forêt

Des millions d’arbres dans la forêt,

Et pour lui, pas un  que l’on puisse confondre avec un autre

 

C’est ici que nous avons dispersé ses cendres

En bavardant et en riant

Au son de musiques révolutionnaires

 

Ici même, là où ses pas ont tracé des chemins dans l’herbe

Obstinément

Les derniers étés de sa vie

 

Ici même où il promenait à seize ans

son foulard rouge

dans  la joyeuse insolence de son âge

 

Nous  en  rions ensemble

Avec les arbres

et les oiseaux

 

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GATE POURRI

 


(Ou : le tour de mon jardin)

 

Bourgeons  


Envie de les croquer comme friandise

Ceux du pin guérissent les gorges engorgées

 

Ceux du cerisier annoncent

La chair rouge des fruits à venir

Le jus qui gicle dans la bouche

Les amours de mai

 

De vieilles chansons disent l’histoire

Pendants d’oreille et  fleurs papillons

Une  vieille révolution

Un espoir enfui

 

Quand il reviendra le temps des cerises

Serons-nous capable d’inventer le monde ?

 

 

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Avalanche

 

 

 

 

 

Banc de poissons ligneux,

Mi-ombre mi-lumière

C’est à qui tombera la première

Bûche sur bûche en chute

En glissade

En fuite éperdue

 

La rumeur les à mises en route

Ils arrivent

Ils contrôlent

Ils chassent les non conformes

Trop tordues

Trop maigres

Trop ceci cela

Ou pas assez

 

La rumeur enfle

Ils nous parquent entre quatre murs

Nous détiennent

Nous retiennent

Puis nous expédient

Qu’allons nous devenir

Nous voulons vivre ici

Brûler ici

 

Le bruit m’éveille

Quel absurde cauchemar

 

Le journal à mes côtés

Ricane


 

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Tuteurs


Arbustes au cœur d’artichaut

Friment devant les  plants grimpants

De tomates

Cerise

Tomates

Longues

Tomates

Rondes

Tomates

Epanouies

Tout un pensionnat rougissant

Devant ces grands échalas malhabiles

Mais qu’est ce qu’elles leur trouvent ?

Les tuteurs  s’interrogent

Se souviennent de leur bel âge

Lorgnent vers une un peu plus mûre

Puis se rappellent leur mission

Maintenir toute cette sève

Dans un cadre

Acceptable

 

Avec un soupir

Ils reprennent leur garde

Des vieux rêves plein la tête.

 

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Maison dans l’arbre

 

Dans des régions plus froides

On suspendait aux arbres

De gros pains de saindoux

 

L’hiver est clément

Cette maison est pour l’accueil

 

Des moineaux ,

Alouettes,

Mésanges,

Hirondelles,

 

En transit

 

Ou même

De passage

Ici

Pour quelque temps

 

A la radio

J’entends

Les nouvelles du jour

 

A la frontière

On a renvoyé

Quelques humains

Mourir ailleurs

 

La maison dans l’arbre

Est trop petite

Pour eux

 

Et la frontière

Trop grande

 

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Chou pommé

 

Ce jour là

J’étais mal

Dans mes feuilles

Un jour sans

 

Alourdie

Engoncée

Trop de sève

Trop de poids

 

Je l’ai vue

Posée là

Au soleil

Si tranquille

 

Chou pommé

Fière de l’être

Jolie robe

Sans complexe

 

Un rayon

La caresse

Amoureux

 

J’ai souri

 

 

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Gâté pourri :  Nature morte aux fruits écrasés

 

 

les kakis tombent  sur le sol et sur les fringues

histoires de dingues, ces kakis, y en a partout

on marche par hasard sur leur chair écrasée

on glisse, on se retient au fil, on salit tout

 

sur les feuilles séchées les kakis se reposent

auprès des mousses tendres et du lierre coupé

tableau aléatoire aux ombres et lumières

tant pis pour les glissades et le linge souillé

 

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: Gâté pourri : Danseuse et toiles

 

 

 

ola mulher olha pra mim

tchica tchica boom

tchica tchica boom

meu coraçao ‘ta  de fogo

quando você la la la la

meu coraçao ‘ta  de fogo

nao tem mais que desafiar

tchica tchica boom

tchica tchica boom

 

sic transit gloria mundi

tchica tchica boom

tchica tchica boom

sur le compost , dernière escale

coquille d’œuf, banana split

sur le compost , dernière escale

peaux d’orange et lignes brisées

tchica tchica boom

tchica tchica boom

 

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  Extraits de "Clowns"



Commande d'écriture de Roselyne Sibille , elle même auteur et enseignante en ateliers d'écriture, pour le festival clown étudiant d'Avignon


 













1           clowns casqués


 

deux sous le casque

un seul regard

tant se parallèlent

l’ahurie certitude

qu’ils ne devraient pas y être

et  l’absolue  évidence

qu’ils n’avaient pas le choix






 

2               entrée de clown


oui

non

oui

non


coup de pied

au cul


je sais

qu’il faut y aller

je le sais

depuis ma naissance




 

4                       clown  trouvé

 



c’est à vous

ce nez

avec un homme autour ?

je l’ai trouvé

près de la gare routière

y avait vot’nom sur l’étiquette

qu’il portait au poignet


faut pas laisser traîner les clowns

sinon

y restent pas

sinon

y prennent le premier bus

les clowns

ont lu Kerouac


sinon

y se perdent dans le néant

les clowns

ont lu Becket


faut pas croire

un accident est si vite arrivé

j’espère

que c’est fini ces enfantillages


il est temps

de lui offrir des livres

de le regarder droit  dans le coeur

de le couvrir de baisers

il est temps

de grandir

je compte sur vous




 

 

6                clown  matelot

 

un gros plan de son œil

l’iris marine

la pupille reflète

une lointaine épave

un cargo démantelé

quelque part là bas

où la vase empoisonnée

attend son heure


la caméra descend

de barreau en barreau

de rayure en rayure

un corps sec et musclé

un vieux pantalon large

qui en a vu d’autres

tombe sur les vieilles chaussures

trop grandes

de l’armée du salut


ce n’est qu’un costume

dit-il

le nez fait

toute la différence

c’est exprès que je hante

les quais désertés

par des marins perdus

dans un bar de la ville basse

je bois un verre avec

le fantôme de Montale


ensemble nous

rions

du monde

à gorge déployée






 

7                  clown oblique



je suis bien obligé

puisque le monde tangue

comme une vieille galette

je n’ai pas le choix


puisque le vertical

est hors la loi

depuis hier

je m’arrange

comme nous tous


pas question

de se faire remarquer,

 pas question

de se faire embarquer

au raz du sol j’oblique

je trace un angle aigu

une main deux pieds

et rien de plus


ainsi bancal j’avance

sous l’œil indifférent

des rampants, des tombés

des couchés, des gisants

le ciel s’est agrandi

de notre

renoncement


là haut planent les vautours


de leurs serres  parfois

tombe une pièce d’or







10  clowns  riz



le village s’est rassemblé

pour mieux attendre


des jours qu’ils attendent


les gargouillis de leur ventre

accompagnent les pitreries

des deux, là

sur l’estrade,

qui dansent


un enfant pleure


le village s’est rassemblé

pour mieux oublier


les camions roulent

on ne sait pas

s’ils arriveront

 un jour


les deux

sur l’estrade

font de leur mieux

leur ventre aussi

chante

une amère chanson


loin, là bas

quelqu’un

dévore

et n’y accorde

aucune pensée

particulière



14    clown témoin



les sièges éventrés

finissent de cracher leurs entrailles

sauf un, miraculeusement indemne

au milieu d’une rangée incomplète


les murs le sol les fauteuils

portent l’uniforme fatigué

des fins de guerre

et c’est à peine si l’on distingue

le gris un peu  plus gris des vêtements

de celui qui est resté en arrière

ou revenu,

assis  de dos, au centre,

sur le siège épargné


face à lui, la scène

couverte de gravats

      à cour

      une poussette d’enfant abandonnée

      et  dans le mur du fond

      gueule carrée grande ouverte

      béance

      sur un jardin extraordinaire


       autrefois, j’étais en face

       sur cette scène bien cirée

       le rideau se levait


       ma trogne d’ahuri

       berçait nos peurs pour mieux les endormir

       mon nez rouge en patate

       défiait la réalité de la mort


       ils riaient tous à s’en péter le ventre

       à faire trembler les murs de brique

       à gommer le bruit des canons


       et moi, quand le rideau s’ouvrait

       j’étais le roi des hommes




19                   Clown   têtue




ils ne me prennent pas au sérieux

quand je lève le poing au ciel 


ils  ne m’écoutent pas

quand  je raconte l’Histoire passée


ils baillent et se détournent

quand je dis à voix haute les secrets bien cachés


ils me regardent avec pitié

quand  je parle de changer le monde


et quand je soutiens que c’est toujours possible

ils appellent l’hôpital


ils regardent mon nez rouge

et hochent la tête comme des gens sains d’esprit


alors je m’en vais avant la sirène de l’ambulance

je traverse en courant les jardins de la ville

je saute par-dessus le fleuve

j’escalade les remparts

jamais

ils ne m’en auraient crue

capable


mais ce qu’ils ne savent pas

c’est que je reviendrai encore et encore

demain et après demain et le jour suivant

je reviendrai

aussi longtemps

que je serai

vivante





 

21          Clown papillon





il y a toujours la possibilité de l’envol

si la sonate déçoit


toujours la possibilité de dire

je peux


je m’appliquerai si bien

que tu m’aimeras pour toujours

moi ma  robe corolle

mes yeux hublots

mon bonnet bien serré


des couleurs des couleurs des couleurs

une orpheline du sombre alors voilà


je saurai être plus légère

que ton silence

plus agile

que tes doigts infidèles


et puis

si ça ne suffit pas,

il y a toujours la possibilité de l’envol



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