Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de danielle vioux
  • Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
  • Contact

Profil

  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

Recherche

/ / /

Publié été 08 par le théâtre de la Tortue (site en lien)  à la suite du concours "L'effeuillant"

JE DANSE PIEDS NUS SUR LES CREVASSES DE LA TERRE

 

 ************************************************************en---------------k-2t------------------avignon-035--DVD--NTSC--.jpg

 

 


EnK2T, Avignon 05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dans ce pays là les femmes ne sont pas appelées femmes mais feu

mais

celle qui sculpte l’âme

mais

celle qui rêve l’avenir

 

dans ce pays là

un nouveau soleil naît

 chaque fois qu’un regard s’éclaire

 

chaque fois que je comprends une nouvelle miette du monde

mon regard enfante un soleil

 

******************************************************************

 

je me suis mise en route

sans même savoir comment cela s’était décidé

il faut dire que la lune était pleine

lune mouillée des mille prodiges

il faut dire que cela, je l’ai toujours su

cela au moins, la brume perlée autour du cercle parfait,

et l’absolue nécessité

de poser là mes vieilles hardes

 

*****************************************************************

 

Chez moi, les femmes  ne sont pas appelé femmes, mais

Viens ici

Ne sont pas appelées femmes mais

Donne

Ne sont pas appelées femmes mais

Porte sans faillir

J’ai grandi derrière la palissade pointue

Epieux aiguisés

Ordres reçus

J’ai grandi avec le masque du sourire

La protection de la légende

J’ai survécu

 

****************************************************************

 

où vas tu avec tes pieds de racine ?

je vais dans ce pays là, où je ne me connais pas encore

où vas tu avec ta bouche de feuilles ?

je vais dans ce pays là, où ma parole n’est  pas encore formée

où vas tu avec tes bras de branchage ?

je vais dans ce pays là,  où mes cadeaux feront éclore un rêve

où vas tu avec ton corps de bois noueux

je vais dans ce pays là, où la sève toute neuve me redonnera vie

je marche pieds nus sur les crevasses de la terre

et je ne sens plus les brûlures

 

****************************************************************

 

la première, une très vieille, une de l’autre siècle

une avec des étoiles au fond des orbites

une comme moi

noueuse et courbée, ultime tromperie

pied de nez aux guetteurs postés au long des routes

celle là s’est enfuie un jour lointain

celle là court après  une histoire de son enfance

un récit de grand-mère, et elle grand-mère à son tour,

aïeule, témoignage, mémoire,

elle assouplit malicieusement ses chevilles de danseuse

avant de repartir brinquebalante

ce pays là existe, oui, et si je n’y suis pas encore, dit-elle

c’est que j’ai tout mon temps……………… 

 

 

*********************************************************************

 

Plus tard, dans un autre pays, des enfants jetés sur la route, une horde perdue, un troupeau affamé. La guerre avait fait d’eux de vieux visages, des lassitudes sans illusions. Et moi qui n’avais rien j’ai mangé leur pain, écouté leurs histoires , assise contre un talus de poussière . Les plus grands osaient des gestes qu’ils avaient vu faire aux soldats. Moi, je roulai mes yeux comme le faisait l’autre, ma première. Je gonflai mes joues et aiguisai mes griffes comme des serres de rapace. Je devins monstre immense et dansai la danse du dragon, je crachai des flammes, jetai au ciel des massues . Les enfants-soldats redevinrent petits et tendres. La tombée du jour les trouva solitaires , apeurés . Je fis tourbillonner ma cape de sorcière pour qu’ ils s’y blottissent tous à l’abri .  L’un d’eux, comme la nuit tombait, commença une espèce de chanson.

 

***********************************************************************

Chanson des enfants jetés sur la route :

 

Mon frère dit

Mon frère dit que si

Que si on passe le gué là bas

Les soldats ne nous trouveront pas

Mais moi je sais qu’il faut aller plus loin

Je sais qu’il faut prendre d’autres chemins

Mes pieds iront danser

Mes pieds sauront marcher

Mes pieds ne me trahiront pas

 

Et si ça n’suffit pas

J’irai jusqu’au pays

Où les gens volent comme les oiseaux

Je monterai là haut

J’apprendrai leur langage,

Dans leur secrets j’irai chercher

Une fois l’an je les suivrai

Libre dans le ciel, libre dans le ciel

Dans ce pays à l’heure des oiseaux

 

« Qu’est ce que c’est que cette histoire d’heure des oiseaux ? » demandai-je. Mais personne ne répondit. Ils dormaient tous, déjà, où faisaient semblant.

 

Partager cette page

Repost 0
Published by

Pages