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  • : Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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Extrait de "Ailleurs, au même instant"



tournage "ailleurs au même instant" 



Victor : Qu’est ce que c’est que cet endroit ? On entend des tambours, non ?


Jean : Des jeunes qui dansent.

 

Victor : Vous  n’aimez pas les jeunes ?

 

Jean. : Je n’ai pas confiance. Ils ne sont pas comme on était.

 

Victor : Evidemment. Vous étiez  comme votre  père et votre grand-père, vous ?

 

Marie se lève, arpente l’espace à grands pas, puis se retourne vers les deux autres, mais en s’adressant à Jean. Le texte suivant est dit avec une détermination croissante, comme si Marie retrouvait une vieille habitude de militante, mais aussi parce que l’enjeu est capital, il faut les convaincre. La caméra commence par la filmer de dos, d’assez loin, puis tourne autour et va chercher des détails, ses mains crispées peut-être , ou l’expression de son visage.

 

Marie : Jean, écoute. Pourquoi on ne se parle plus, pourquoi on ne connaît plus personne ? Pourquoi on est tous calfeutrés chez nous à regarder les infos des wallscreens en espérant que la prochaine catastrophe tombera sur la tête du voisin ? Pourquoi on a tous tellement envie de préserver les trois misères qui nous restent qu’on est prêts à accepter n’importe quoi ? Pourquoi les vieux pensent que les jeunes ne valent rien et vice versa ? Parce que c’est comme ça que ça marche. Que ça continue. Que ça empire. Parce que si on commence à se parler, à parler ensemble, alors ils sont foutus.

 

Victor applaudit et Jean le foudroie du regard.

 

Victor : Tu n’as pas changé. Un vrai discours !

 

Jean : Comment ça, pas changé ? Il te connaît depuis quand, lui? Je croyais que c’était un prof de tes fils.

 

Marie : Jean, ce n’est pas le moment.

 

Nicolas entre. Il a aussi un grand sac de sport. Il en sort de la colle, des pinceaux.

 

Nicolas : C’est presque l’heure. Vous avez les affiches ?

 

Victor : Oui.

 

Jean : Il ne manque plus que Nora.

 

Marie : Elle ne viendra pas.

 

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Extrait de "Invisibles"

 

 

tournage "Invisibles"

 

 

1        Quai métro Marseille. Lumière blafarde.

Martha, la soixantaine,  tenue classique et terne, nombreux bagages, air fatigué mais plutôt content.

Jenny, jeune "étrangère" , jeans + petit blouson , sexy mais l’air un peu hagard , « plus rien à perdre ». Transporte un énorme sac plastique bleu blanc rouge presque vide.

     Voyage, personne ne parle, bruits du métro. Echange de regards.

 

Jenny (marmonne) Vous n’auriez pas une calculatrice ?

Regard Martha. Voix off Martha ou sous-titre ou sous-texte « J’ai mon portable mais je ne vais pas te le dire »

Martha (sourire aimable)Une calculatrice ?Non !J’ai un crayon et du papier.

Jenny :air atterré

Voix off jenny (ou sous-titre ou sous-texte) « Dis moi, la vieille, t’es totalement conne ou tu te fous de ma gueule ? »

Martha sort un carnet et attend stylo en l’air comme à l’école, toujours souriante, d’un sourire qui se veut chaleureux, mais teinté d’ un vague doute.

Jenny, consternée : Ca fait combien 377 euros ?

Martha calcule et tend le papier « Voilà » (ton enjoué qui sonne un peu faux) « J’espère que je ne me suis pas trompée »

Jenny regarde le papier, regarde longuement Martha qui sourit obstinément. Jenny ne sourit pas. Elle sort de son énorme sac presque vide une boite de vache-qui-rit grand modèle dont elle entreprend de manger les portions une à une en fixant le vide.

Un homme, blanc , la trentaine, veston, chemise et jeans usés  mais baskets (de marque)  plutôt neufs vient s’asseoir à gauche de Martha. Il ne regarde rien.

 

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2        Extérieur jour. Vieux port

 

Martha, en tenue de marcheuse, portant seulement un petit sac à dos. Jenny assise sur un banc, mêmes vêtements, même air, même sac. Martha sursaute en l’apercevant, semble hésiter puis se dirige délibérément vers elle et s’assoit. Silence.

 

Martha : je suis bien contente de vous rencontrer à nouveau

 

Jenny la regarde brièvement sans réagir puis se remet à fixer le vide

 

Martha :Vous rappelez vous, hier, dans le métro ? Vous m’avez parlé

 

Jenny : Je ne vous connais pas.

 

Martha :Vous m’avez demandé si j’avais une calculatrice.

 

Jenny :Je ne vois pas pourquoi j’aurais dit ça.

 

Martha :Moi non plus, en fait. Je crois que vous avez dit ça pour dire quelque chose.

 

Jenny :Vous ne m’intéressez pas du tout.

 

Martha :Mais MOI, j’ai un service à vous demander.

 

Jenny : en silence la regarde d’un air vague.

 

Martha : On m’a volé mon appareil photo hier.

 

Jenny sursaute à peine, petite lumière dans son regard.

 

Jenny : Fallait faire attention. Ca arrive tout le temps.

 

Martha :Je voudrais juste savoir si vous connaissiez cet homme qui s’est assis à ma gauche quand vous étiez en face de moi. Je pense que c’est lui qui a volé mon appareil.

 

Jenny :Vous m’accusez, hein. Sale raciste !

 

Long silence. Jenny sort une ( la ) boite de « vache qui rit » et commence à manger.

 

Martha : mon appareil était vieux et cassé. Il l’a volé pour rien, il ne valait pas un clou. Mais il y avait des photos dedans, des photos…

 

Silence. Une larme coule sur la joue de Martha.

 

Jenny : Faites en d’autres. Ou achetez des cartes postales.. Une Bonne Mère en plastique, ça peut remplacer aussi, non ? Ou un de ces putains de trucs   en verre avec la neige qui tombe.

 

Silence. Martha essuie sa joue et fixe Jenny d’un air dur. Elle a un autre visage.

 

Martha : Ca crève les yeux que votre vie n’est pas rose. Mais ça ne vous donne pas le droit de me traiter comme ça.

 

Martha se lève, s’en va. Jenny la suit des yeux. Elle a un petit tic au coin de la bouche, mais sans plus.

 

 

 


 

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