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Toujours j'ai écrit. Je crois. Mais jamais montré. Jusqu'a un temps assez récent,enfin pour moi récent, une dizaine d'années. Pensais pas que.
Puis bon, les hasards, tout ça. Les rencontres. Alors je continue. De plus belle.Les rencontres et l'écriture.Tout ce que j'aime.
Alors voilà: c'est des mots, du théâtre, des poèmes, des chansonnettes, des histoires, tout mêlé parfois. Ou plus linéaire. Des mots qui
appellent des musiques. Ou des couleurs jetées là. Je cherche. Parfois des personnages. Parfois autre chose. Mais les mots et les rencontres, ça oui. Et les
passerelles.Toujours.

T
O
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M
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Résumé: Quant la vie t'a ballotté comme un paquet abandonné, quand tu ne sais plus qui tu es et ce que tu fais dans ce foyer où on t'a mis, alors, avec un peu de chance, tu renconbtreras un grand ou une grande qui te nommera... et ça fait toute la différence!
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Arc Chanson Image Forêt Course Argile Plume Barque Fil |
Karel ou Karole Léo ou Léa Sara ou Silvin Gina ou Gino Pierro ou Pétra Sofia ou Safiane (de loin le ou la plus âgé(e) ) Jane ou Jan Eloïse ou Aloïs Ilse ou Niels |
Selon les possibilités, les personnages sont filles ou garçons.
Le chœur est composé de tout ou partie de ceux qui ne viennent pas de parler.
Maintenant et avant se télescopent parfois.
Scène 1 : Tanière
Chœur : Le hibou plisse une dernière fois les yeux
Les ouvre
Les ferme
Et s’endort
Les animaux du jour hument la fraîcheur de l’aube
Nous écoutons le silence qui a suivi les cris de la nuit
Les tragédies de la nuit
Les drames de ce jour n’ont pas encore commencé
Jane / Plume : Ni les comédies d’ailleurs
Chœur : Chhhhttttttttt
Sofia/Argile : Nous sommes là serrés les uns contre les autres
Chœur : Gelés
Eloïse/ Barque : Neuf petits Poucets
Sofia/Argile : Neuf et une grande Poucette
Chœur : Si tu veux
Karel/Arc : Nous sommes cachés dans une tanière vide
Sara/Image : Une tanière d’ours, peut-être.
Chœur : Chhhhht
Pierro/ Course : Où nous avons dormi serrés les uns contre les autres
Choeur : Nous entendions les battements de nos cœurs
Niels/Fil : Les gardiens du jour ne vont pas tarder à envahir le monde
Chœur : La forêt disparaîtra comme par enchantement
Gina/ Forêt : Je suis forêt. C’est moi Forêt. Je redeviens Gina !
Chœur : Nous redevenons tous ce qu’ils croient que nous sommes
Karel/Arc : Karel !
Léo/Chanson : Léo !
Sara/Image : Sara !
Pierro/ Course : Pierro !
Sofia/Argile : Sofia !
Jane / Plume : Jane !
Eloïse/ Barque : Eloïse !
Niels/Fil : Niels !
Chœur : Quelle incroyable tromperie !
Ne pas se fier aux apparences
Nous ne sommes pas tous
Ce que nous semblons être
Les mirages vous trompent
Vos yeux ne voient pas clair
Nous sommes survivants d’hier
Et cela nous donne une force étrange
Qui nous conduit jusqu’à demain
Karel/Arc : Je suis Arc !
Léo/Chanson : Je suis Chanson !
Sara/Image : Je suis Image !
Pierro/ Course : Je suis Course !
Sofia/Argile : Je suis Argile
Jane / Plume : Je suis Plume !
Eloïse/ Barque : Je suis Barque !
Niels/Fil : Je suis Fil
Gina/ Forêt : Je suis Forêt !
Ils disparaissent
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Scène 2 : Théâtre
Karel/ Arc, seul, écrit. Apparemment il tente de faire un devoir. Mais les feuilles s’animent et lui échappent. Il les rattrape, les froisse.
Karel/Arc : J’en ai marre
Chœur ( ils passent la tête avec prudence ) Il en a marre !
Karel/Arc Monsieur Fluchard ! J’y arrive pas !
Le chœur entre peu à peu
Pierro/ Course/ : Je vais faire Monsieur Fluchard !
Chœur : Monsieur Fluchard dit toujours la même chose
Pierro/ Course/ Fluchard : Mon petit, tu n’essaies pas vraiment.
Karel/Arc : Mais si, j’essaie !
Pierro/ Course/ Fluchard Tes copains ne sont pas plus malins que toi
Chœur : Merci bien !
Pierro/ Course/ Fluchard : Seulement eux, ils essaient, et toi, tu n’essaies pas !
Chœur : Il n’essaie pas, c’est vrai
Karel/Arc : merci bien !
Pierro/ Course/ Fluchard : Ceux qui essaient réussissent
Chœur Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt !
Karel/Arc : Si j’avais le choix, je dormirais jusqu’à midi.
Chœur : Aide toi, le ciel t’aidera !
Pierro/ Course/ Fluchard A bon chat, bon rat !
Chœur : Quoi ?
Pierro/ Course/ Fluchard : Je trouvais que ça faisait bien
Jane / Plume C’est comme Madame Sobel
Eloïse/ Barque : La folle avec des lunettes ?
Jane / Plume : Elle me déteste
Eloïse/ Barque : Je fais madame Sobel
Chœur : Elle fait madame Sobel
Eloïse/ Barque/ Sobel : Jane, tais-toi s’il te plait
Jane / Plume c’est pas moi m’dame
Eloïse/ Barque/ Sobel Ce n’est jamais toi. Où est ta préparation ?
Jane / Plume : J’l’ai pas faite m’dame
Eloïse/ Barque/ Sobel : Où est ton livre ?
Jane / Plume :J’l’ai oublié m’dame
Eloïse/ Barque/ Sobel : Tu le fais exprès !
Jane / Plume : Non, m’dame, j’étais chez mon père ce week-end. J’ai tout oublié chez lui
Eloïse/ Barque/ Sobel : Tu seras punie
Jane / Plume J’suis pas la seule m’dame
Chœur : Elle n’est pas la seule, c’est vrai
Personne n’a fait sa préparation
Eloïse/Barque/Sobel ( découragée) : Il faut bien que je commence par quelqu’un
Jane/Plume : Les autres je ne sais pas pourquoi ils n’ont pas fait leur préparation. Moi c’est juste que je n’avais pas envie. Ca ne m’intéresse pas ce qu’on fait avec Madame Sobel. Pourtant j’aime écrire. Ah, ça oui ! Des histoires j’en ai des cahiers pleins.
Sofia/Argile : Avec des fautes partout
extrait de
Résumé: Dans un monde en guerre et/ou en crise où tout le monde marche dans tous les sens et où on ne
comprend plus rien à rien, "Elle" , l'enfant, va trouver des clés pour grandir, et de l'aide, avec la grand-mère, l'ange, lhomme à l'harmonica et quelques autres fantômes...Rien n'est perdu
tant que nous pouvons, ensemble, respirer encore...
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Eux : Ca pourrait commencer dans un théâtre vide.
Ca pourrait commencer par un souffle de vent qui enfle jusqu’à disperser des papiers rangés là en attente.
Alors on voit que les spectateurs sont déjà là, en attente eux aussi.
Certains se lèvent spontanément pour aider à ramasser les papiers, puis retournent à leur place.
D’autres restent assis.
Le silence s’installe.
Elle : Je ne voulais pas.
Il a dit que je n’avais pas le choix.
Grand-mère était la seule.
L’ange : J’étais là.
Le vieil homme à l’harmonica : Je passais.
Eux : Ca pourrait commencer par un souffle de vent qui enfle jusqu’à détruire la maison de paille, la maison de bois. A chaque nouvelle maison détruite, des hommes, des femmes, des enfants, s’enfuient comme des fourmis sur des routes pas choisies. Ceux qui ont mis le feu diraient : comme des cafards. Hit the road, Jack. And never, never come back. Jack prend la route et n’est pas Kerouac qui veut. Jack marche et se cache et pense à sa fille. Il se demande si elle et la grand-mère sont vivantes. Il se demande si le feu est passé par la maison en bois de la grand-mère. Il se demande si la grand-mère fait le poids.
Elle : C’est la troisième cerise que je reçois sur la tête. Même pas bonne. Moitié bouffée par les oiseaux. Ou pourrie, carrément .
L’ange : Pas ma faute si tu es venue sous mon cerisier.
Elle : Une cerise qui parle.
L’ange : Patience
Elle : Patience je n’ai pas. Peux pas attendre. Gloutonne de cerises et dévoreuse de secrets. Boulimique de jeux et d’histoires.
L’ange : Tu apprendras.
Eux : Et comme ça les sept premiers jours. La voix de l’ange qu’elle prend pour une cerise. La voix de l’homme qu’elle prend pour le vent dans les hauts sapins. Et Elle qui explore le territoire de jeux, les prés en pente autour de la maison de la grand-mère. Tout cet espace lui donne le vertige. Elle se sent libre, en sécurité. Vingt minutes de marche jusqu’au village en bas et trente au retour. Pas même un vrai chemin. La grand-mère la nourrit, l’embrasse mouillé avant de la border. La grand-mère qu’elle n’avait jamais vue, qui n’est probablement pas sa propre grand-mère : son père est resté très évasif là-dessus.
Le vieil homme à l’harmonica : Quand j’étais jeune je rêvais d’un accordéon. Ceux qui pouvaient s’en payer un étaient recherchés comme la pluie. Pas besoin d’un orchestre pour faire danser les filles. Tu bats la mesure du pied, tu souffles la ritournelle, emballez c’est pesé ! Mais il m’aurait fallu dix ans pour l’acheter, cet accordéon, et là haut les vieux ça ne leur aurait pas trop plu. Moi, j’étais pas né pour faire l’artiste : Pour travailler aux champs, oui, et pour construire des murs, réparer des meubles ou des charrues, et même bricoler un moteur pas trop compliqué. Mais artiste à quoi ça rime, c’est pas pour nous. Quand même, moi, j’aurais aimé, voilà. Alors finalement, avec les quatre sous que je gagnais ici ou là à donner la main pour un travail ou un autre, je me suis acheté un harmonica. Et j’ai commencé à jouer. A l’oreille, puisque je ne connaissais rien à la musique.
Eux : Et comme ça les sept premiers jours. La grand-mère qui cavale après les deux chèvres et les trois brebis ou se courbe sur les cultures de son petit jardin et se relève en grinçant comme une vieille porte. Et Elle qui respire un air tout différent d’en bas là bas. Un air qui se respire sans masque. Un air qui trimballe des parfums d’herbes et d’arbres, de terre humide, de champignons. La grand-mère ne parle guère. Perdu l’habitude. Ou parle aux arbres et aux pommes de terre, aux salades, aux oiseaux. Tout pareil. La grand-mère est la reine d’ici en haut. Et l’enfant, bientôt, apprend à faire de même.
Elle : Oiseau, est ce que tu as vu mon père sur la route ? Est-ce qu’il est vivant ?
Eux : L’oiseau tourne et tourne en cercles au-dessus du pré. Son cri est rauque, son message est sombre. Oui, le père est vivant. Mais il marche et marche encore avec des millions d’autres et pas plus qu’eux ne sait au fond pourquoi il marche et où il va. Les incendies jaillissent ici où là sans raison logique, la terre est un seul volcan qui se réveille et crache sa haine. Sauf que le volcan ne s’est pas éveillé tout seul. Sauf que cette haine est humaine, haine d’humains pour d’autres humains. Sauf que l’eau manque en bas et que l’air y devient irrespirable. Le père est vivant et il marche et ne trouve pas ce qu’il cherche. Pourquoi il n’est pas monté chez la grand-mère pour s’y réfugier aussi, va savoir. Mais il s’est contenté de donner une petite poussée dans le dos de son enfant pour la mettre en route sur le sentier en pente. Vas tout droit et tu trouveras le bon chemin. Je t’ai toujours montré le bon chemin. Et Elle a ravalé ses larmes : un baiser sur la joue, sur le front, elle aurait voulu. Les bras du père autour d’elle serrés comme protection contre le monde. Mais juste cette poussée, juste cette phrase ce matin là, après qu’ils ont dormi cachés dans des buissons pas loin de la route. Elle son petit sac sur le dos, lui son gros sac, chacun une couverture, un couteau, des allumettes et quelques vêtements. Ce qu’il a d’autre dans son grand sac elle ne le sait pas. Quand elle se retourne après une cinquantaine de mètres, il a déjà disparu.
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Elle : Grand-mère, j’ai cueilli quelques cerises sauvages.
La grand-mère : Tu m’as appelée grand-mère.
Elle : Oui
Grand-mère : Alors je t’appelle Elle.
Elle : C’est ce que tu fais déjà. C’est ce que font les gens. Elle a faim ? Elle veut dormir ?
Grand-mère : Les gens parlent de toi. Ils ne te parlent pas à toi. Et ton père ?
Elle : Il m’appelle fille et je l’appelle père.
Grand-mère : Tu n’es pas ma fille.
Elle : Tu n’es pas ma grand-mère.
Grand-mère : je suis la grand-mère de beaucoup de gens.
Elle : Appelle-moi petite-fille
Grand mère : J’ai une idée : Je vais t’appeler Aile
Elle : C’est pareil
Grand-mère : Non, pas elle E.L.L.E, Aile A.I.L.E. Comme une aile d’oiseau. Tu sais écrire ?
Elle : Oui, j’ai appris quand les écrans marchaient encore. J’ai appris beaucoup de choses
Grand-mère : Alors tu sais que des mots peuvent se dire pareil et s’écrire différemment.
Elle : Ce n’est pas une chose très utile à savoir.
Grand-mère : Et même je vais t’appeler AILES avec un S, ça fait deux, plus pratique pour l’envol. Mais tu te trompes. Les mots sont des choses importantes. Et se dire qu’elle, c’est à dire toi, porte le nom d’Ailes, c’est à dire ce qui fait s’envoler les oiseaux et les anges, n’est pas sans intérêt par les temps qui courent. A propos, je t’ai vue parler à cet oiseau.
Ailes : Je n’ai pas aimé sa réponse.
Grand-mère : Mais tu l’as entendue.
Ailes : Oui.
Grand-mère : Ton père qui t’a appris ?
Ailes : Non. M’a appris d’autres choses. Des histoires de chemin. Des musiques. A voler quand il le faut. A donner quand je le peux. Mais ça, c’est depuis mes huit ans. Autrefois, quand ma mère…… c’était différent.
Grand-mère : Différent ?
Ailes : Confortable. Une maison avec tout ce qu’il faut. Des wallscreens partout. De l’eau qui coule froide et chaude. Des machines pour tout.
Grand-mère : En tout cas il a retenu mes leçons.
Ailes : Pourquoi tout à changé, Grand-mère ?
Grand-mère : Tout le monde ne vivait pas comme toi. Pour certains, peut être, ce n’est pas pire que ce qu’ils ont connu avant.
Ailes : Tu l’appelais comment ?
Grand-mère Qui ?
Ailes : Mon père
Grand-mère : Je te le dirai un jour.
Grand-mère Ca peut servir.
Grand-mère : Pas grand risque.
Ailes : Mais si quelqu’un montait ?
Ailes: Ce serait pour boire de l’eau et m’acheter du fromage.
Ailes : Quelqu’un de méchant ?
Grand-mère : Je m’en occupe
Ailes : Tu n’as peur de rien, alors.
Grand-mère : Non, je n’ai plus peur de grand-chose.
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