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  • : Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 15:33


chagall.jpg                    ( écrit pour "Impromptus littéraires")

 

 

 

Un  toit

Un maçon

Une somnambule

 

Le maçon arrange quelques lauzes disjointes.

Il fait beau, mais la pluie

Est prévue pour mercredi

 

Le maçon siffle le temps des cerises.

La somnambule

Avance sur l’arrête du toit.

Le maçon de siffler s’arrête.

Elle est belle

Elle

Sur le toit.

 

En chemise

Elle marche

Ses bras ne sont pas devant elle

Ses bras lui font un balancier

Elle sourit dans son rêve

Il rêve qu’elle lui sourit

 

La cloche de l’église

Entonne un Ave Maria

La femme sursaute

Oscille

L’homme retient son souffle

 

Elle s’immobilise

Comme pour écouter

 

Alors

Il grimpe jusqu’au faîte

En sifflant les cerises

Leur temps et leur retour

Et les pendants d’oreille

Et la fête, et la fête

 

Elle attend

Sa main qui la conduit

A la lucarne ouverte

Sur une chambre obscure

 

Image de leurs corps

Sur les draps  de lin blanc

Parfum de leur sueur

Et douceur de leur peau

 

Le maçon fait la grève

Pour mieux cueillir la vie

La somnambule veille

Et la vie est un rêve

 

Et la cloche

A contre temps s’obstine

 

Ave Maria

Ave Maria

Ave Maria

 

Silence

 

 

 carne-prevert.jpg

 

 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 16:25
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l'article plus lisible: ( également  après correction de la date de projection , du titre du film, et de l'orthographe de mon nom...)

"Le Tango du poulailler :

du cinéma "Made in Salon"

Publié le dimanche 24 janvier 2010 à 16H34

Ce dernier court-métrage du clubciné-vidéo doit être présenté fin février

 

16h30. L'équipe de tournage du club "Cinévidéo" de la MJC est déjà en place dans la rue, prête à lancer les moteurs. En cette fin d'après-midi, il y a juste ce qu'il faut de lumière dans l'atmosphère pour être raccord avec les scènes précédentes, mais la fenêtre de tir est courte. Dans une demi-heure, la nuit se sera glissée dans la petite rue passante et bruyante des Ursulines et il sera trop tard. Il faut tout à la fois ajuster l'image, s'assurer de la bonne qualité du son, diriger les acteurs et composer avec les trous de mémoire; car si grâce au numérique on ne manque plus de pellicule, le temps en revanche reste compté. Il faut travailler vite pour avoir le temps de mettre en boîte les différentes prises, les plans, les champs et les contrechamps. Le montage doit bientôt commencer pour une présentation au public salonais ce mois-ci. Mais les cinéastes amateurs maîtrisent leur dispositif en professionnels: chacun trouve rapidement sa place autour de la petite caméra et des jeunes sont chargés d'arrêter les voitures et d'orienter les passants hors du cadre quand les moteurs tournent. Tournage à Marseille et à Salon Cette scène réalisée à Salon était la dernière du "Tango des poulaillers", le premier court-métrage écrit et réalisé par Danielle Vioux. Tout le reste a été tourné à Marseille il y a quelque temps, dans un quartier du 3e arrondissement, mais la production est bel et bien 100% salonaise. L'équipe technique conduite par Jeanne Glass est issue du "Club ciné vidéo" de la MJC de l'Espace Trenet, les acteurs (dont neuf enfants et adolescents) sont tous du coin et la musique originale a été composée par un artiste local, Thierry Dary, et interprétée par les comédiens eux-mêmes. "L'histoire pourrait se situer dans quelques années, mais elle me semble très actuelle et en même temps, elle nous renvoie à certaines pages d'histoire. C'est l'histoire universelle d'une femme appelée la "comtesse" qui héberge un grand nombre d'enfants. Leur voisin, "le Poète" est un personnage ambigu et la population de cette société-fiction est encadrée par la "Nouvelle police", une sorte de milice." Que font-ils là? quelles sont leurs motivations? Ces questions se posent au spectateur tout au long de ce film auquel la réalisatrice a souhaité donner une portée sociale. Le stress du montage "J'ai hâte de le voir quand il aura été définitivement cousu par le montage. Mais pour l'instant, je suis encore dans une phase de stress, tant que le montage n'est pas achevé, on a toujours peur de ne pas avoir tout ce dont on aura besoin et d'être obligé de retourner certaines scènes" confie Danielle Vioux légèrement anxieuse mais surtout stimulée par cette première expérience cinématographique.

Romain CANTENOT (rcantenot@laprovence-presse.fr)

 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 00:04


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L'eau coule à contre-sens de tes pensées
Vers un avenir qui pour toi ne saurait être
Que le ressassement englué d’aujourd’hui
Derrière tes yeux clos, tes rêves en couleur
 S’en vont revisiter l’autrefois où tu n’es plus
 Mais où tu danses encore, petite fille
Emprisonnée dans ton enveloppe vieillie
Où sont les mots avant de passer ta bouche ?

Trou à ta chaussette, le présent
 Visage qui se laisse aller, peau noircie , le présent
Mains de gisant sur ton ventre qui ne se cache plus
 Le présent infini
 Ta coiffure, une politesse incongrue, une dignité du désespoir
Une étrange retenue

Comme ton refus de céder au désir de t’allonger
Ton demi abandon au sommeil
Sentinelle de toi-même
 Couvant comme enfant apeurée tes vieux sacs de plastique
T’appuyant sur eux comme s’ils protégeaient
Ton vieux sommeil troublé
Où sont les mots avant de passer ta bouche ?

Tu ne peux pas rester là !
Qu’est ce qu’ils vont dire
Que je fais mal mon travail
Qu’on ne me respecte plus
 Que je suis bon pour la casse
Qu’il en faut un plus jeune, un qui porte l’uniforme
 Sans états d’âme
 Un gamin qui se croira investi de tous les pouvoirs

Moi, je n’y crois plus, c’est un fait…
Je pourrais t’accompagner à la sortie,
 Te reverser dans la rue
 Cesser de considérer que je dois faire quelque chose.
Je pourrais appeler
Des collègues et te faire embarquer
 Pour quelque hospice où tu irais
T’allonger pour mourir
Je pourrais faire semblant de ne pas voir les gamins
Les trop vite grandis qui jettent des pierres
Et ne voient pas leur reflet de misère
 Dans l’eau de ce canal
Où l’on finira par te retrouver un jour…..
 Mais je n’y crois plus.
Je ne sais plus faire ça.

 Tu ne peux pas rester là.
Tu n’es pas si vieille, je le sais.
Je ne suis pas si vieux,
Je me rappelle avant….

L’été de tes vingt ans, je me rappelle
Englué avec toi dans ta mémoire
 Derrière tes yeux de sommeil
Ta peau, la douceur de ta peau, L’herbe, les pieds nus, la course ;
Toi, ton souffle, ton odeur
Le « je te veux » dans tes yeux
Ma lâcheté, « c’est mieux comme ça, amis, tu veux ? »
Ton regard, le soleil dedans, ou bien était-ce moi, ce « je te veux »
Et toi la lâcheté du « peut-être » ?

 La mémoire s’amuse à nous égarer
Dans le labyrinthe aux miroirs
Mais cette phrase, surtout, avant l’adieu,
Que depuis je mâche et remâche
Où sont les mots avant de passer ta bouche ?

 Et jour après jour je passe et repasse
Et t’observe là, dormant,
 Moi , les bras ballants, impuissant et grotesque,
 Toi sur ton sofa de plastique et ciment,
 Dignement abandonnée, finalement, finalement.


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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 14:40
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Quand nous sommes arrivés sur  l’île, tout le monde est resté sans bouger là ou le vent l’avait abandonné. Chacun comptait ses os, ses muscles, ses tendons, additionnait ses petits atomes meurtris, vérifiait le miracle. Un jour passa, et une nuit encore. La brise était une haleine chaude, poivrée, inconnue. Longtemps encore l’île nous parut ballottée sur l’océan comme un  glamcoffin dérisoire. Puis il y eut ce long silence, cette respiration paisible. Soudain, alors que la plupart d’entre nous allaient s’assoupir, une voix s’éleva haute et claire : QUAND- EST- CE QU’ON MANGE ?

 

C’était le genre d’île qu’on gagnerait au mataboï avec une chance d’un contre dix milliards. Il y coulait des rivières dont l’eau suffit longtemps à nous tenir en vie. Nous n’aurions pas pu avaler autre chose. Les cavernes fournissaient des abris acceptables. Nous vivions au hasard des jours, tantôt seuls, occupés de nous mêmes et de l’incroyable paysage qui nous entourait, tantôt par petits groupes à jouer, à nous battre, à nous étreindre, tantôt tous ensemble agglutinés en grappes de chaleur et de réconfort. Ce fut dans un de ces moments ou nous étions si forts serrés comme des petites vipères chauffées par le soleil, que l'un d'entre nous s'écria, étonné autant que les autres par le son de sa propre voix : MAIS COMMENT JE M'APPELLE ?

 

Jusque là personne n'y avait songé, mais le jeu nous sembla facile. LALIE, SERENA, VERT, PALIND, ces noms vinrent spontanément à nos lèvres et l'adéquation avec les êtres qu'ils désignaient provoqua fous rires et jubilation intense. On eut plus de mal à se mettre d'accord sur MERONA, STLICK, WALBAL, HARLB, mais ils finirent par s'imposer aussi. Au crépuscule, nous avions trouvé  LISTLA, TIERMA, SZORG, CHTA, LAMLAMNA, TWEN, INTRELLE, SBONIELLE, CANTELLE. Il fut simple a partir de là de dire tout le reste. Ce soir là nous avons dévoré fruits juteux et  racines  de chesne, feuilles savoureuses de l'arbre Nô, purée de pulpe de stemla cuite au feu de bois. Au matin, après un long sommeil, l'un d'entre nous s'éveilla le premier, se dressa, s'ébroua, et dit plein d'impatience joyeuse : QU'EST CE QU'ON FAIT MAINTENANT ?

 

On construisit des doms, des menzil, on dégagea des strads, on explora les alentours. Très vite, il nous apparut  que ce que nous avions pris pour l'île n'était que son extrémité, une espèce de péninsule, un monticule dérisoire comparé à l'étendue des terres fertiles qui s'étendaient au delà. Les premières menzil furent abandonnées pour d'autres, que l'on construisit en se moquant des anciennes, si  bancales, si fragiles. La péninsule où nous avions abordé s'éloigna sans doute un jour sur la mer  car vint le temps où il fut impossible même de la retrouver. Mais nous avions d'autres soucis, une angoisse nouvelle  qui nous taraudait  le corps et nous vidait la tête, une impatience qui nous jetait les uns contre les autres en combats ambigus  dont nous sortions souvent blessés. L'un de nous écrivit sur le sable, juste avant la marée : QUI M'AIMERA ?

 

C'était comme un ballet dont la chorégraphie nous échappait. Dire que nous étions plus ou moins heureux qu'à l'époque de la péninsule n'aurait pas de sens. Nous étions heureux et malheureux différemment, c'est tout. Il y avait des instants de paix, des instants d'euphorie, des instants de désespoir  selon  que nous étions ou non aimés ou amoureux. Cela nous occupa bien après les premières escarmouches. En fait, si je n'étais pas seul(e) à présent sur cette île, je crois que j'aimerais encore ces émotions contradictoires qui vous épuisent, vous nourrissent, vous caressent, vous tuent ... Le souvenir même de celles-ceux qui m'ont  aimé(e) suffit à me faire courir des frissons sur la peau , comme celui de la brise chaude et poivrée du premier jour. Mais le souvenir de la première chasse,  du premier animal tué, me vide de mon propre sang. Le premier couteau qui transperce, les cris, les hurlements, les corps traînés de force et jetés au fossé, chaque nuit me les ramène. Parfois j'ai hurlé en retour, parfois je me suis tu(e),  glacé(e) de honte. Mais  toujours  ce seul mot me rongeait : POURQUOI?

 

Cela dura longtemps. Parfois, seul(e) près du feu aux périodes d'accalmie je me disais qu'il ne fallait pas chercher plus loin. Il faisait chaud, la violence s'était tue, je n'avais pas faim, un-une allait pousser la porte. Nous fêterions le sunstice bientôt et ce serait prétexte à danses et à chansons. Nous échangerions des sourires de survivants. COMBIEN DE TEMPS?

 

Alors, nous avons envoyé des bouteilles à la mer, dans l'urgence soudaine, fiévreusement . On y mettait des lettres, des objets, des morceaux de nos vêtements, des fragments de nous-mêmes.  Les bouteilles charriaient nos rêves fatigués. Nous étions moins nombreux : certains peut-être avaient réussi à s'y glisser tout entiers pour repartir sur les flots. D'autres  tombaient sur place, ne se relevaient plus. D'autres encore allaient sur leur deux pieds, les yeux vacants. On les nourrissait de purée de pulpe de stemla. On les lavait. Parfois ils souriaient bravement, mais ils ne parlaient plus. Un jour, ils tombaient aussi.

RIEN QUE LE SILENCE .

 

Qui me nourrira, moi qui suis resté(e) seul(e) sur notre île ? Qui me jettera à la mer avec un message plié en huit dans ma bouche? Qui lira cette histoire écrite sur l'écorce de l'arbre Nô ?

Le plus étrange est que cela ne me préoccupe pas autant que je l'aurais cru. Souvent le soir je marche jusqu'à un monticule que j'ai trouvé, une espèce de péninsule, et je m'allonge les yeux grands ouverts. Il me semble que d'autres sont sur la mer et que le vent finira par les pousser au rivage. S'ils arrivent assez tôt, je leur  dirai les mots que je me rappelle. 

JE SUIS BIEN, LE VISAGE  DANS LES ETOILES .

 

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:27



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Cette nouvelle affiche accompagne notre lecture

"Ici ou ailleurs nous serons toujours là" est  un ensemble composé de 5 nouvelles
 (durée 5  à 25 mn - durée totale environ 1h 10 mn)
Ecriture et lecture: Danielle Vioux
Accordéon: Jade Ros

Lecture disponible , nous contacter pour modalités
A l'occasion, d'autres musiciens et une expo photos de Marian Desmons peuvent accompagner la lecture.

Las lectures précédentes ( "Autour du végétal", "Carnets de voyages imaginaires" ) sont toujours disponibles en lecture à deux voix accompagnées d'un accordéon et parfois d'autres instruments.

Nous contacter par ce blog (contact colonne de gauche en haut ou laisser un commentaire)
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:00
  • J’ai écrit ce conte pour un ami il y a déjà onze ans … Envie de m’amuser  avec les mots, les sons, avec les traditions d’ici et d'ailleurs, les vieilles chansons, les livres lus, la mémoire collective, les vieux films d’aventures fantastiques. (J’ai commencé et jamais fini un conte de printemps, celui d’été et celui d’automne ne sont pas même encore imaginés !)  En attendant, je vous  raconte  celui-ci en cet hiver 2009, et si l’ami qui l’a lu la première fois passe par ici, je le salue tout particulièrement !

 

 renard 2 


 

  Ramshliv   se mit en route aux premières neiges. Il avait repoussé cette date sans trop savoir pourquoi. Un vague malaise, le sentiment confus que la peur qui troublait ses rêves la nuit n’avait pas son origine dans les récits terribles des anciens mais profondément en lui-même. Les trolls, il en faisait son affaire, un tour de passe-passe et un éclair de lune dans son regard, ces gros balourds s’y laissaient prendre à chaque fois. Ils lui auraient troqué leurs casse-tête et leurs yatagans contre une pincée de sel et la promesse d’un trésor improbable. Les elfes étaient plus subtils, mais ce n’était qu’une affaire de temps et de volonté. Ramshliv avait confiance en ses pouvoirs, aussi bien ceux que lui avait légués sa mère Jdiprami la guérisseuse aux mains de plume et les fées invitées à son baptême que ceux , plus récents, acquis lors de ses aventures dans les forges de Trakshorn sous les montagnes pâles. Il avait confiance, mais……ce n’était jamais le bon jour, trop froid, trop chaud, top brumeux, trop sec…. Et cependant le temps passait et il savait qu’il devait faire ce voyage parce que la voix en avait décidé ainsi. Quelle malédiction que cette voix qu’il était le seul à entendre et qui le réveillait à l’aube pour des directives plus ou moins cohérentes, des prophéties brumeuses, des intuitions absurdes dont le sens ne se révélait que beaucoup plus tard. Le moyen d’ignorer cette voix ? de la faire taire ? Aux premières neiges donc il prit la route. Avec un peu de chance, il serait de retour à temps pour les grands marathons d’Asthbenn  auxquels il comptait bien participer cette année, d’autant plus qu’il avait travaillé dur pour s’y préparer . Hlasznel aussi. Avec Hlasznel il se sentait capable de tout et même d’affronter les hurlantes cohortes de trolls, nains, elfes, hobbits, humains, sorciers, magiciens, fées  qui se pressaient aux alentours d’Asthbenn dès la fin de l’hiver pour assister aux réjouissances.

 

 

Il traversa sans trop de mal le désert glacé de Jmaeî et les montagnes obscures  de la vieille Xakmla. Cette longue marche lui faisait du bien ; Ni  les rudes conditions climatiques, ni la solitude ne lui faisaient peur. Au  contraire il y trouvait l’occasion de s’endurcir un peu plus et de réfléchir à sa vie et à ce qu’il voulait en faire. Son long séjour dans les forges de Trakshorn avait changé sa vision des choses. Certaines de ses aventures de jeunesse lui paraissaient à présent naïves et lointaines, comme si quelqu’un d’autre les avait vécues à sa place . Trakshorn, c’était autre chose. De toute façon il y avait caché un trésor et comptait bien y retourner des que possible, avec Hlasznel peut-être. Dans l’immédiat il se sentait heureux à regarder le splendide et sauvage paysage des plaines d’Asmaaé sous le ciel pourpre aux deux lunes jumelles. Même l’idée de rencontrer Freya ne l’inquiétait plus. La voix lui avait dit qu’il devait aller jusqu’au territoire de la sorcière dont la réputation n’avait cessé de grandir depuis que les vikings en avait transmis l’histoire aux êtres d’opaline venus du cosmos. Nulle planète n’ignorait Freya et ses pouvoirs. Celle de Ramshliv moins que toute autre puisque  c’était là que Freya ,temporairement, avait choisi de résider. Ramshliv devait trouver la maison de Freya, y rester sept jours, y recevoir sept objets, puis repartir chez lui. On disait que Freya avait le pouvoir de se transformer en tigre et de dévorer celui de ses invités qui lui avait déplu. On disait aussi qu’elle pouvait se transformer en courtisane et attirer dans son lit de malheureux voyageurs qui se retrouvaient au matin en compagnie d’une mygale géante ou d’une louve affamée . La plupart du temps elle apparaissait sous les traits rassurants d’une marraine la sorcière à peine un peu plus folle qu’une banale marraine la fée. Ramshliv  sortit un petit miroir de son sac et occupa toute la traversée de la vallée d’Erszhaglova à  s’adresser toute la gamme de regards magiques dont il avait le secret, certains assortis d’un sourire à fondre les glaciers d’Orvjkelli . Quel tigre, quelle mygale, quelle louve résisteraient à ces regards là ? Il rangea le miroir juste à temps pour ne pas se laisser surprendre par une bande de trolls sauvages armés de chaines. Il avait bien failli être victime de ses propres regards. Il crut entendre, au loin les éclats d’un rire moqueur que renvoyait l’écho dans les montagnes du nord. Une illusion,sans doute. Mais il devait être plus vigilant désormais.

 

 

Après les trolls il y eut un ours géant ,puis des fourmis dévoreuses d’humains, puis un cours d’eau en crue, un labyrinthe de glace, une montagne escarpée, un précipice infranchissable. A tout cela Ramshliv trouva solution. Mais peut-être ces dangers et ces obstacles n’étaient ils que chimères dans ses rêves la nuit tandis qu’il s’emmitoufflait dans ses couvertures sous les lunes jumelles . Peut-être le chemin n’était il qu’une route un peu longue avec des tournants qui exagéraient la  distance , peut-être ce voyage était il plus facile qu’il ne l’avait imaginé à entendre les récits des anciens. Peut-être le temps était il la clef, et lui seul. Le temps de se mettre en route, de voyager, de faire une pause, de repartir. Parfois il est trop tôt, parfois trop tard ;mieux vaut alors attendre que revienne l’instant propice, l’instant juste. De vieilles phrases dans une langue inconnue lui revinrent à la mémoire comme happées par l’oiseau Khmad dans les marécages de l’oubli :

« If it be now,’tis not to come

if it be not to come, it will be now

if it be not now, yet it will come.

The readiness is all »

De ces phrases il ignorait le sens. Cependant les répéter lui apportaient   un étrange apaisement. Au loin il crut entendre le rire à nouveau, non plus moqueur mais cristallin comme les grelots du traineau d’un vieillard à barbe blanche sur les chemins de neige d’une planète lointaine. Ramshliv sourit et chantonna de mémoire

« Pheudxhi barbarno tell

Khandhouthey  szandrlad usziel

Xavbec dikado parmillié

Nuplipah mangpeutxzi ssoulhyai »

Non, ce n’était pas exactement cela, il avait oublié les paroles exactes,mais qui s’en souciait dans les immensités neigeuses ou voletait une vieille corneille grise boiteuse qui semblait lui montrer le chemin ? Les mots imprécis sonnaient justes, forts et joyeux tandis qu’il riait comme un enfant en levant son visage au ciel pour sentir sur sa langue la fraicheur parfumée des flocons.

 

 

La maison de Freya était une immense isba vide de toute présence, un chalet de bois peint et découpé de fines dentelles, sept étages pyramidaux des sept couleurs de l’arc en ciel. Le premier jour, Ramshliv s’endormit sur une couche moelleuse et dans son rêve il vit un palais, un taudis, une flûte et une mangouste. Au réveil, il découvrit qu’il faisait nuit et qu’a ses côtés la vieille corneille boiteuse l’observait avec curiosité, perchée sur un paquet rectangulaire. Elle s’envola un peu plus loin pour qu’il ouvre le paquet où il découvrit, perplexe et un peu déçu, deux livres assez ordinaires comme on en trouvait dans toutes les foires  de la région où il vivait. C’était bien la peine de venir jusque là, de se donner toute cette peine, d’imaginer que cette folle de Freya pouvait lui transmettre quelque chose . Deux livres, bon. Il pourrait toujours les revendre, ou les donner à Hlasznel (l’un des deux semblait avoir un vague rapport avec les festivités d’Asthbenn), ou….

« Ne t’avise surtout pas de le faire dit la corneille d’une voix étonnament douce. Le petit livre représente tes espoirs. Le grand livre représente l’exigence de ta vie, la soif de connaissance  L’un et l’autre sont également importants. Ne sacrifie ni tes désirs immédiats ni la richesse de ton devenir. Mais ils n’ont cette valeur que pour toi, les donner ou les vendre leur ôterait tout pouvoir… » Et la corneille disparut.

 

Le lendemain, une jeune servante apporta du vin,des fruits, du pain, juste comme  Ramshliv terminait les dernières bouchées des victuailles  qu’il avait trouvées la veille. Elle s’assit en face de lui et le regarda dévorer avec un grand sourire qui creusait des fossettes dans ses joues rondes. Puis elle déposa devant lui un deuxième paquet assez petit qui contenait un étrange animal. Ramshliv ne savait s’il le trouvait laid ou beau . « C’est un lézard Mnozgno, dit la servante , tu peux l’emporter avec toi quand tu iras  aux grands marathons d’Asthbenn et d’ailleurs. Il possède un peu du pouvoir de Freya et te donnera force et agilité, ainsi que la capacité de tirer le meilleur parti de tous les évènements inattendus qui pourraient survenir. Freya t’accompagnera à travers lui. »

A ces mots, avec beaucoup de naturel, elle ôta ses vêtements,se coucha et s’endormit. Cette nuit là , Ramshliv fit d’étranges rêves où il dansait dans la forêt avec la servante, mais au matin elle avait disparu.

 

 

Le troisième jour, un renard roux apporta un paquet plat qui renfermait une liasse de papiers couverts de chiffres, de portraits d’enfants et de mots magiques comme « apprendre..transmettre » Ramshliv se sentit soulagé. Enfin quelque chose qui avait un rapport avec ce pour quoi il imaginait être venu. Que Freya lui enseigne quelque chose de son immense savoir. Sans doute ces chiffres signifiaient ils quelque chose et le petit renard roux allait le lui expliquer en quelques mots. Mais le petit renard émit une espèce d’aboiement qui aurait pu être un rire moqueur. «  Freya pense que tu peux lui apprendre autant qu’elle peut t’apprendre,dit il,si tu en as le temps et la patience ». Et il ajouta en riant cette fois de bon coeur, d’un rire quasi humain, « ton interprétation de petit papa noël, par exemple, a déjà été une révélation pour elle » Ramshliv fronça les sourcils. Il détestait avoir l’impression qu’on se moquait de lui. Ce renard était franchement antipathique et quand il aurait fini de se transformer en tigre,il lui dirait..il lui dirait…. . « Tu me diras que tu n’as pas de temps à perdre avec une folle comme moi », dit Freya en croisant les jambes avec élégance sous sa robe rousse rayée de noir et en agitant sa chevelure fauve de droite et de gauche . « Et pourtant je le vaux bien. C’est de cela qu’il s’agit d’ailleurs . Les chiffres représentent les jours et les mois et grâce à eux, c’est toi qui gouvernera le temps et non plus le temps qui te gouvernera. Ainsi tu pourras, comme il est écrit, transmettre ton savoir à Hlasznel , continuer tes exploits dans les forges  de Trakshorn ou venir consulter Freya sur d’autres points obscurs ……et lui apprendre aussi ta version de ‘’Jingle bells ‘‘».  Ramshliv soupira. « Revenir… je ne sais pas si j’aurai le temps…Enfin, avec cet objet plein de chiffres, je peux toujours essayer… » . « Trop tard pour faire autrement » répliqua le renard. « Un lointain cousin à moi sur une autre planète a dit des choses très belles à ce sujet à un gamin blond  qui s’était égaré dans le désert. Mais ceci appartient déjà à demain, j’en ai trop dit, je crois… »

 

 

Le quatrième jour une gamine aux longues nattes apporta une balle ou plus exactement la lança droit sur Ramshliv qui la rattrappa de justesse, par réflexe. Il allait la relancer à l’enfant mais déjà elle s’enfuyait en courant. De loin elle cria de sa voix haut perchée « La balle est dans ton camp ! ! La balle est dans ton camp ! ! » et perplexe, Ramshliv vit s’envoler une de ces petites mésanges à tête noires dont les vieux disent qu’elles recueillent les âmes en transit.

 

 

Le cinquième jour, une ourse lourde et lente apporta un petit paquet plat et mince. Au premier abord il semblait contenir des feuilles blanches, mais la nuit se fit soudain dans la tanière  de Freya l’ourse et quand Ramshliv leva les yeux le ciel était plein d’ étoiles. « Tu les emportera avec toi et les accrocheras au dessus de ton lit. Tu vois cette constellation ? » dit l’ourse en désignant de sa patte un groupe d’étoiles

« Quand tu la regarderas tu seras avec Freya et quand Freya regardera          les étoiles dans sa tanière elle sera avec toi »

Ramshliv semblait soucieux. Etait ce un piège ? Ces étoiles étaient elles les espionnes de Freya ? L’ourse grogna avec tendresse « N’aie pas peur, ce sont des étoiles légères, des étoiles  qui accompagnent sans alourdir. Pas un bâillon mais un souffle dans ton oreille, une respiration, un ‘’bonne nuit’’ chuchoté à travers l’espace. Pas un œil inquisiteur, voyeur, mais un regard ami, une petite lumière au bout du tunnel . » Ramshliv alors se blottit dans la chaude fourrure de l’ourse qui le berça jusqu’au sommeil.

 

 

Le sixième jour, une très vieille femme apporta une enveloppe et dans l’enveloppe une carte qui ressemblait fort à celles que l’on avait coutume d’envoyer et de recevoir au solstice d’hiver . La vieille semblait si fragile que Ramshliv craignait de la voir s’effondrer et se casser en morceaux à chacun de ses pas hésitants. Elle devait être sénile, elle avait dû se tromper. La vieille sortit de sa poche une fiole qui empestait l’alcool et se mit à boire à grandes rasades. Après quoi elle sortit de sa poche une pipe remplie d’herbes odorantes et se mit à fumer. Ramshliv aurait juré qu’elle perdait dix ans à chaque bouffée  parfumée. Si bien que ce fut une assez jeune grand mère qui lui dit que l’ourson sur la lune pouvait faire un substitut acceptable au lézard quand les circonstances exigeaient un objet moins encombrant. Ce fut une femme dans la force de l’âge qui ajouta que de toute façon, c’était ce qu’il y avait dans l’autre enveloppe qui était vraiment important. Et quand il l’ouvrit pour y trouver sept fils de lumière de lune, ce fut une jeune femme qui ressemblait assez à la servante malicieuse du deuxième jour qui lui raconta ceci : « Il existe au delà des montagnes d’Oblivion une vallée où les habitants offrent sept de ces fils de lumière de lune en signe d’amitié, d’amour ou de toute forme d’affection profonde et sincère. Un fil, si on le tient à deux, il se tend dans le vent et chante comme la corde d’une harpe. Si l’un des deux le lâche, il flotte au vent en attendant son retour, et celui qui tient l’extrêmité est libre et prisonnier à la fois . S’il le lâche à son tour par lassitude ou par mélancolie, alors le fil s’envole…le vent l’emporte… . » « Oh non ! pensa Ramshliv . Pas une de ces histoires remplis de symboles même pas subtils comme les affectionnent les sorcières…. » et il bâilla  avec insolence mais la servante lui souffla doucement au visage  et il demeura bouche ouverte sans pouvoir bouger, à son grand désarroi. Alors elle sourit et l’effleura de ses lèvres et il reprit vie. Mais déjà l’archi-centenaire s’en allait au loin de sa démarche naufragée…Ramshliv aurait pu jurer, cependant, quand elle se retourna, qu’elle avait le regard malicieux de la jeune servante.

 

 

Le septième et dernier jour, un aigle noir apporta un parchemin roulé qu’il tenait dans ses serres crochues. « Emporte ce parchemin, dit il. Freya y a tout expliqué afin que tu n’oublies pas cette histoire. » Et il s’envola sans un adieu. Ramshliv prit son sac et repartit en direction de sa vallée et de sa ville. « Oublier,lui ? Quelle drôle d’idée » . La neige avait commencé à fondre sur les versants que les trois soleils ,le grand et les deux petits, chauffaient de leurs rayons. La route était longue mais il s’en réjouissait. Il aurait tout loisir ainsi de penser à Hlasznel, à Jdiprami, aux forges de Takshorn, aux marathons d’Asthbenn et à sa vie en général….et même, oui même à Freya, qui toute sorcière qu’elle fût ne dédaignait pas certains tours de passe-passe assez primaires…..comme il s’en autorisait lui même quelquefois….alors il se mit à rire au souvenir de toute la ménagerie de Freya  et à  ses formes humaines, Freya le magicienne, Freya la saltimbanque, agaçante mais … « D’accord dit-il . Je n’oublierai pas … et je reviendrai te voir, promis …dès que j’aurai le temps » Au loin il entendit sept notes, un rire, une chanson de route pour accompagner son voyage.

 

 

Solstice d’hiver , année terrestre 1998

 

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 19:44
Ecrit pour "Impromptus littéraires"
Souvenir d'un voyage en .... ouh la la..., si longtemps?



radeau.jpg

Bateau Ivre

Rafiot grec fait des pirouettes
Dans la tempête avance
Nous en apnée accrochés

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 15:08
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J'ai reçu un message d'un comédien qui souhaitait monter un texte avec un groupe de jeunes............ malheureusement, sur ce répondeur là, les messages s'effacent sitôt écoutés et je n'ai pas eu le temps de noter le numéro!........................Juste que ça commence par 05!                   

Je suis désolée de ce bug  et si vous repassez par là ( je n'ai même pas noté votre nom!) essayez à nouveau ou sur mon portable ou ici même laissez un commentaire ou un message par le lien approprié.

Sinon " en attendant la fin de l'orage " est publié chez Lansman Editeurs, mais ça me plairait bien qu'on puisse éventuellement échanger par mail  ou tél malgré tout

A bientôt


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 00:03
Texte écrit pour "Impromptus littéraires"




 

J’ai reçu une lettre.

Une lettre est arrivée ce matin.

A mon nom.
Marco Sanchez, Immeuble « Les orchidées », 54 rue de la Badiane, quartier « Les Marguerites » , Marseille.

C’est pas possible.

 

Personne ne peut m’écrire.

Personne ne me connaît.

Au collège, quand la prof nous fait remplir des fiches pour les correspondants, je dis « Personne ne voudra écrire à quelqu’un qui habite  ‘Les marguerites’, c’est trop la honte. »

Faut toujours se méfier des quartiers qui ont des noms de fleurs.
Si les fleurs sont dans le nom, alors ça veut dire qu’elles ne sont pas autour des immeubles.

 

 

J’ai pensé à une blague de ma classe.
Mais je sais même pas s’ils se sont aperçus que j’existe.

C’est vrai que je parle pas beaucoup.

 

 

Pas mon père. Trop fatigué en rentrant du chantier. Pas ma mère. Sait pas écrire. Pas mes frères ou mes sœurs, y a trop de fautes d’orthographe. Je suis le seul de cette famille à écrire correctement.Ca doit être parce que je suis le seul adopté.

 

La lettre est dans une enveloppe un peu jaune, sans timbres si tampons.

 

J’attends plusieurs jours. Je la regarde encore fermée et je l’imagine.

Je n’ai même plus envie de savoir d’où elle vient.

 

Elle est là, c’est tout.

 

Et puis voilà,  un jour, maintenant,c’est le moment. Je l’ouvre.

 

« Mon Marco

D’abord j’ai pensé mettre une carte au trésor dans cette lettre. Je t’aurais dit de suivre les indices et à la fin tu aurais trouvé un grand coffre aux merveilles. Mais la merveille, c’est toi Et c’est moi qui l’ai perdu, le trésor, il y a onze ans. Moi qui reviens de là bas loin où j’étais partie après ta naissance. Et qui voudrait te voir. Te parler. Te connaître.

Papa et maman  n’ont plus voulu me parler quand j’ai suivi ton père loin là bas en te laissant ici. Et ton père, une fois de retour chez lui, il en avait déjà quatre autres et une autre femme aussi. Alors j’ai fait comme j’ai pu, avec trop de honte pour rentrer comme ça. J’ai travaillé. J’ai vécu. J’ai vieilli un peu. Loin de toi. »

 

Je  ne lis pas la suite. Je fais quoi ? Je cours vers cette femme que je  connais pas ? J’appelle mes frères et sœurs tonton et tatie ? Et mes parents grand-père, grand-mère ? Maintenant je comprends  des silences. Des secrets demi-entendus.. Je croyais juste que c’était parce que j’étais trop jeune. C’est nul. Et pourtant…Il y a un morceau de ma tête qui sait que c’est vrai. Que c’est pour ça que je parle pas. Pas beaucoup. Que je suis invisible. Parce que je suis pas sur la bonne photo.

 

Mais là c’est trop, faut que ma tête se repose et mon corps aussi. Je brûle pas la lettre. Je la cache dans ma cachette sous l’armoire. Je me dis : demain. Demain je trouverai quoi faire.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 23:48




Il m'est déja arrivé d'avoir des textes mis en musique,et c'est toujours quelque chose de fort. Chaque passerelle est différente. Ce qui résulte du travail de deux personnes n'est pas la somme de ce que chacun peut créer seul. L'autre ouvre des portes, apporte un langage, bref, enrichit. Tango donc, cette fois. Pour le film. Tango, Tango
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