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  • : Le blog de danielle vioux
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  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:16

 

Jazz

 

En passant sur le blog du Tadorne, 

http://www.festivalier.net/article-mes-dix-chefs-d-oeuvre-en-2010-63706107.htm

que je vous recommande,

 

j'ai trouvé un lien avec le site Marseille Face B, qui traite de la Culture à Marseille

http://www.marseille-face-b.fr/

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 23:09

 

C'est, si l'on peut dire, la suite de "Lili", ou en tout cas la suite de la saga familiale, faite de mémoire fragmentée et de fiction inventée.

 

Ca se passe de 1937 à 1949....

 

.... boue  

 

SCENE 1

************************************************* 


1937

 

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Suzon : La colère que j’avais ! Ce village, pour les vacances, passe encore, j’y avais de jolis souvenirs, mais aller y habiter pour toujours ! Autant s’enterrer directement au cimetière !

Papa, j’ai dix huit ans ! je suis bien en ville ! aller vivre là bas, autant aller s’enterrer directement au cimetière !

Oui, et autant parler à un mur ! Quand mon père avait quelque chose en tête même ma mère n’y pouvait rien. Il prenait sa retraite de gendarme, et ce serait dans son village natal. Il n’y avait plus qu’à suivre. Alors j’ai dit au revoir aux copines avec qui je rigolais après l’atelier , Marina dont les parents tenaient un café et Julie qui plaisait aux hommes, la petite Renée qui avait peur de tout et Sylvie avec son joli rire et sa façon câline de nous serrer dans ses bras.

 

Renée : tu nous écriras, dis

 

Marina : ca n’est pas juste, vraiment

 

Sylvie : ma douce tu vas nous manquer

 

Renée   ce ne sera pas pareil sans toi

 

Marina : peut être que je pourrais demander à mon père de te faire travailler au bar, tu prendrais un meublé en ville.

 

Suzon  Mon père ne voudra pas.. C’est une vraie tête de mule. Je vous écrirai les filles. Et je verrai si je peux venir me placer comme bonne l’an prochain.

 

 Sylvie : Tu crois qu’ils voudront bien ?

 

Suzon : Ca les rassurera de me savoir chez quelqu’un.

  On s’est écrit, assez régulièrement ce premier hiver. Mais ce qui m’a fait tenir, c’est la radio. 

 

La mère «(chante) « sombreros et mantilles)

 

Suzon :Ma mère adorait Rina Ketty

 

Radio : « Aqui radio Andorre ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! »

 

Suzon  Moi ce que je préférais c’était les disques demandés.

 

Radio : De la part de Robert pour sa chérie éternelle

 

Suzon :  La radio c’était la gaîté dans la maison. C’était la fenêtre sur le monde. Devant la radio je respirais . Je n’avais même plus à me cacher de mon frère Jacques comme au temps de notre enfance

 

Jacques  ( enfant) : Tu LIS ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !Je vais le dire à maman

 

Suzon : Pour ma famille, lire était  une perte de temps, un luxe de riches oisifs ou de retraités. La radio était une institution, une amie. Et puis, elle n’empêchait pas l’activité.

 

La mère : Tu as fini ton repassage ? Epluche moi donc les légumes pour la soupe.

 

Suzon : Maman ? Tu peux mettre le poste plus fort ? J’entends rien avec l’eau qui coule !

Le père : Encore ces âneries de disques demandés ! Mettez plutôt  le poste parisien, c’est l’heure des nouvelles.

 

Suzon : Mon père était un homme jovial avec ses amis et les étrangers, autoritaire et exigeant avec sa famille. Enfin je simplifie un peu , mais c’était souvent comme ça . Et je peux dire que si ma mère et lui se disputaient beaucoup, ça ne l’empêchait pas d’adresser des œillades aux dames à la première occasion. Les gens l’aimaient bien je crois. Je crois aussi que lui et ma mère n’étaient pas heureux en ménage. Alors lui, il avait les promenades à bicyclette, le café, son atelier, les longues palabres avec tous ceux qu’il rencontrait. Ma mère avait son thé, qu’elle buvait et offrait plus généreusement que toutes les anglaises d’Angleterre, et nous, et sa maison, et son jardin, et la radio

 

La mère :  Tu as mal à la tête ? je vais te faire un thé. C’est la digestion, ça.  Tu es fatiguée ? Tu veux un thé ? Ca va te  remettre d’aplomb. ne reste pas à mionner comme ça ma fille. Bois un thé et remets toi au travail. Moi j’en boirai un avec toi, ça va me donner un peu d’allant.

 

Suzon : Le soir parfois on nous laissait  veiller quand d’autres gens du village  venaient écouter les pièces radiophoniques. A cette époque là , seulement trois familles avaient la radio. Les Montgeais, évidemment. Ensuite ceux du Marquis, parce que Lili, que je ne connaissais pas encore , enfin  pas vraiment, avait dit à ses parents………………….

 

Lili : Pourquoi ne pas être curieux ?  Pourquoi n’y aurait il que les bourgeois pour avoir le confort moderne ? .Nous aussi on a envie de savoir ce qui se passe dans le monde

 

Suzon : ………………Et nous. Alors voilà, c’était comme les veillées d’avant, sauf qu’il y avait la radio en plus.

 

Radio : Musique/ Extrait de pièce radiophonique

 

Suzon : Et mes frères et moi on restait là aussi. Les hommes buvaient de la gnôle , les femmes et les enfants de l’infusion. Mes copines me manquaient, mais je commençais presque à m’habituer 

 

Une femme : Des prétentieux, avec leur radio.

 

Un homme :  Des retraités ! Je t’en donnerai moi des retraités. Est ce que j’ai une retraite moi ?

 

Une femme  Pas question que j’aille faire la veillée avec eux, même s’ils me le demandent.

 

Suzon : Et comme ça, entre la radio, ma famille, les voisins gentils et les voisins grincheux, l’hiver 37-38 a passé, et le printemps est revenu.

 

 

************************************************************************

 

Scène 2        

***********************************

     printemps       1938

 

 

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La mère. Je suis moulue. Je vais me faire un thé.

 

Suzon : Je vais à la fruitière

 

La mère : Ne tarde pas . Le souper n’est pas prêt.

 

Suzon : La  fruitière c’était un prétexte. On se retrouvait tous là , le soir, tous les jeunes du village, avec les bidons en fer-blanc, à attendre le lait mousseux. On riait et on se bousculait , on se cherchait, on se trouvait. On s’attardait autour du bassin. On chantait des chansons, on plaisantait. Les voisins ronchonnaient des protestations, des critiques, parce qu’on était bruyants et jeunes mais ils le faisaient sans colère, juste pour maintenir les traditions, et nous, on s’en tirait par une blague et on continuait de plus belle.

 

Bruit de moto pétaradante

 

Lucien : Ah voilà le Lili qui passe

 

Rose : J’irais bien à la vogue  dimanche

 

Suzon : Lili avait acheté une moto, une dollar, et les dimanches il menait les filles au bal. Sinon, on faisait facilement dix kilomètres à pied et retour, ensemble, bras-dessus  bras-dessous, sans se plaindre, pour le plaisir d’aller danser. Mais la moto, ç’était un avantage ! Lili avait pu l’acheter parce qu’à ce moment là son père avait sa retraite de cantonnier , que lui même donnait volontiers un coup de main  aux routes ou aux constructions, et que la famille avait quatre vaches, une vraie richesse . Et puis il était seul avec ses parents depuis que les trois aînés avaient fait leur vie.

 

Radio : valse musette 

 

Le père : Suzon, rentre à la maison !

 

Lili : Il y a quelqu’un ?

 

Le père : Il te faut quelque chose ?

 

Lili : J’ai acheté un bison d’essence et…

 

Suzon : Non, ce n’est pas ça, je me trompe. Je recommence.

 

Le père : Oh Lili, te voilà bien gai à siffler comme un pinson

 

Lili  siffle : Insouciante bergeronnette

                   Joli petit oiseau des cieux

 

Le père : Ils attendront bien un peu ton bidon d’esssence, chez toi. Nos meubles ont fini par arriver et j’ai besoin d’un coup de main

 

Suzon : Pendant le reste de l’après midi, ce jour là, j’ai regardé les hommes en train de décharger et de monter les meubles. J’ai  souri à Lili et lui,  il m’a souri aussi.

 

Radio : Chanson d’amour. Lili et Suzon dansent. « la java bleue »

 

La mère : Suzon tu es trop jeune !

 

Suzon : Mais je n’ai pas envie de me marier !

 

Le père : Ne t’en vas pas fauter et nous mettre tous dans l’embarras

 

La mère : Profite de la vie ! Lili a huit ans de plus que toi !

 

Le père : Il n’a pas de situation ! Si encore c’était Albert !

 

Suzon : mais Albert ne m’intéresse pas

            Albert avait encore quatre ans de plus de toute façon. Et Lili était jeune et optimiste, il dévorait la vie. Tous les deux, vraiment,  on s’est bien amusés pendant sept ans.

 

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 21:58

LILI DU MARQUIS

 

 

A l'origine, il y a toutes les questions que j'ai posées à mon père, la tentative de faire quelque chose de cette mémoire incomplète, ( voir extrait prologue dans la colonne de droite), le désir que ne disparaissent pas les histoires du peuple,  les histoires du passé.

 

L'envie aussi d'aborder des thèmes qui me tiennent à coeur: qu'est ce qui forme un homme?

 

Pour Lili, petit paysan savoyard, deux instrituteurs, une famiille , et les récits des rescapés de 14-18 à la veillée...

 

Théâtre des 1001 portes" a joué cette pièce en 2006-7 dans une mise en scène de Jean Louis Kamoun et envisage  de la reprendre en 2011 .

 

Texte protégé  mais  pas encore publié........à suivre


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Scène 1  (1913 à 1916) : Un pré en pente

 

(Chœur de la mémoire des arbres) 

 

Rayon de soleil -chaud- gratter tête . Bouger un peu, moitié endormi . Pousse toi, mais pousse toi donc . Coup de pied , simulacre de bagarre, sommeil , seule la haine est vraie . Ma place, ta place, toujours . Essaie un peu d’appeler maman, tu verras ce que je te ferai  . Il pleure, le plus petit des deux. Mais maman, ça, non, jamais, même si les larmes en traînées sales sur les joues, même si envie de chaud autour . Maman dehors déja sans doute, charrier l’eau , charrier le bois, des choses qu’on ne sait pas . Maman pas là, maman fait tout . Maman regarde la route , beaucoup .

 

Lever. Soupe chaude sur le poêle. Epaisse aujourd’hui . Bonne. Bol ébréché, toujours pour le petit . Coule un peu .Tant pis . Frère moyen crie, frappe. Courir vite. Se cacher. Le temps passe dans le nid odorant du foin de l’année dernière .

Sent bon . Chaud . Se rendormir  .  

 

Journée en champ les vaches, avec grande soeur, plutôt gentille , caresse un peu, gratte, mais pense à d’autres choses, sourit, pleure, sais pas, maman dispute. Grand frère calme, beaucoup parti , travaille aux routes . Rentre tard, des pièces, des sous , maman contente un peu . Frère moyen parti à l’école . Tranquille, assis dans le pré en pente avec grande soeur . Soleil, chaud , gratter tête, école bientôt aussi . Pas à côté de mon frère , je veux  . Apprendre à lire oui, mais assis tout seul .

 

En fin d’après midi un visiteur apparut au bout du chemin . L’enfant était seul avec les vaches et le chien . Il s’étonna que le chien ne montrât pas les dents à cet inconnu  . Le chien s’approcha de l’homme et le sentit soigneusement . Il ne lui fit pas fête mais retourna s’asseoir satisfait ,comme pour bien montrer qu’il était à son poste et faisait ce qu’il y avait à faire . L’homme, vêtu de manière étrange et chargé d’un sac assez lourd, ne s’arrêta que pour  laisser le chien sentir son odeur . Il repartit vers la maison, boitant un peu, sans presque regarder l’enfant  .

 

Veillée du soir . L’homme est resté . Mangé soupe, polenta , bu la gnôle .Parti pisser dehors . Maman, pourquoi il a une robe cet homme . Maman rit . C’est ton père, c’est son manteau de soldat qui lui traîne aux pieds, pour lui la guerre est finie, le revoilà . 

 

Dans la nuit la mère a gémi . L’enfant aussi , qui ne l’avait jamais entendue se plaindre ainsi dans le noir . Le frère moyen lance des coups de pied rageurs .Tais toi, mais tais toi donc .

 

Le lendemain, dans le pré en pente, l’enfant se fabriqua son premier jouet ,avec des bobines de fil de sa mère et des morceaux d’une caisse cassée . C’était un petit chariot qui ne roulait pas parce qu’il avait fixé les bobines tant bien que mal mais il apprendrait .Peut -être à l’école . L’instituteur savait sans doute faire des chariots qui roulent . En attendant il entassa dedans de l’herbe et des petits cailloux et rêva longuement d’y atteler des grenouilles ou des criquets . C’était le premier jouet de sa vie et il avait fallu qu’il le fabrique lui-même . Ce jour là, il se sentit grand .

 

Scène 2  (1919) L’école

 

 

La maîtresse, Eulalie Botrel

Une vingtaine d’enfants de six à quatorze ans

(Le premier prénom peut être remplacé par le 2e pour une distribution avec 4 femmes et 3 hommes seulement. Henriette, Séraphine, Ernestine, Lili, Albert, François, et Mlle B.)

Ou tout autre arrangement..

 

E B : J’espère que nous ferons du bon travail ensemble. Je sais que vous étiez très attachés à votre maître Monsieur Lepraz. Il a pris sa retraite et il habite maintenant chez sa fille à Moutiers. Je ferai de mon mieux pour le remplacer.

 

Ernestine : C’est votre premier poste, mademoiselle ?

 

E B : Le deuxième. J’ai commencé dans un village au dessus d’Aiguebelle.

 

Louis / Henriette:  Mon père dit qu’ils vous ont chassée de là-bas.

 

E B : Chassée ? Non. Je voulais me rapprocher de ma mère, qui habite près de Grenoble. Les enfants, pour commencer vous allez tous me dire le meilleur souvenir que vous gardez de Mr Lepraz. Par exemple, la chose la plus importante qu’il vous ait apprise.

 

Grégoire /Ernestine: Ah Mademoiselle, ça c’est trop difficile, demandez moi de vous réciter la table de sept, ça j’ai fini par y arriver.

 

E B : La table de sept on y viendra, Grégoire, non, ce que je veux maintenant c’est que vous fermiez tous les yeux une minute… voilà…maintenant pensez à monsieur Lepraz…vous voyez son visage ? Il sourit ou il est sérieux ?

 

Séraphine : Il sourit Mademoiselle 

 

Albert ( frère moyen) : Ah bien sûr, à toi il pouvait te faire des sourires, tous tes problèmes justes et pas une faute à tes dictées.

 

Gustave / Henriette: Il est sérieux mais pas en colère.

 

Lili : Il a une petite lumière dans l’œil comme quand il se retient de rire.

 

Thérèse/ Séraphine : Est-ce qu’on ne le reverra plus jamais Mademoiselle ?

 

E B : Je ne sais pas, Thérèse, peut être qu’on pourra arranger quelque chose.

N’ouvrez pas les yeux. Dites moi, maintenant. Le moment le plus important pour vous, pour chacun, de toutes ces heures avec monsieur Lepraz

 

Victor/ Henriette : Le jour où il nous a raconté Joseph Barra. Je veux être courageux. Comme lui. Mourir pour la patrie.

 

Ernestine : Jeanne d’ Arc sur le bûcher. Elle regarde en l’air vers les cieux et le feu lui brûle déjà les pieds. Elle est si belle. Vous aimez Jeanne d’Arc, Mademoiselle ?

 

E B : C’était une femme bien courageuse.

 

Louis/ Henriette : Mon père dit que Dieu l’a soutenue, en lui permettant de supporter ses souffrances, comme les chrétiens aux lions, moi c’est eux que j’ai préférés.

 

E B : je ne sais pas, Louis, elle croyait à quelque chose, certainement, et les premiers chrétiens aussi…mais il n’y a pas que Dieu pour nous aider à nous dépasser…

 

Henriette  : Vous ne croyez pas en Dieu, Mademoiselle ?

 

EB : Je ne sais pas, je vais à la messe et j’aime les cantiques ,.. mais des preuves personne n’en a jamais eu………..Mais en l’homme oui je crois….je crois en l’homme, bien sûr.

 

Lili : C’est ce que dit Anselme quand il se dispute avec mon père à la veillée et mon père dit que l’homme est mauvais et Anselme dit qu’on peut changer ça

 

François (frère aîné) : Mais tais toi donc Lili tu es trop petit pour comprendre.

 

Albert (frère moyen) : Mon petit frère, Mademoiselle, il est tellement bête que quand mon père est rentré blessé  en 1916, il ne l’a même pas reconnu et il l’a pris pour une femme !

 

E B : Ton frère avait cinq ans , Albert ,et ton père était parti depuis bien longtemps, et puis je suis sûre qu’il portait cette longue capote de soldat que ton frère ne lui avait jamais vue.

 

François : C’est vrai, Mademoiselle, et Mademoiselle, au fait, c’est moi qui remplis le poële le matin tout ce mois avec Albert, on apporte tous une bûche. Et après ce sera le tour de Thérèse et de Camille.

 

E B : Bon, je l’aurais demandé un peu plus tard.

 

Thérèse / Ernestine: Moi, mademoiselle, je veux parler du jour où Monsieur Lepraz nous a emmenés à Chambéry

 

Séraphine ; Et moi, du tour de France de deux enfants

 

Robert / Albert: Moi de la géométrie quand on fait les grandes figures au tableau

 

Clara/ François : Moi je veux dire une récitation

 

Lili : moi, quand je serai grand, je veux être instituteur et apprendre aux enfants .

 

Albert : Quand tu seras grand tu travailleras aux champs comme tout le monde et tu resteras ici toute ta vie. Et moi j’irai en ville et je travaillerai aux chemins de fer et je ne reviendrai jamais

 

Lili : Il faudrait déjà que tu aies ton certificat.

 

François : Et moi aussi, mademoiselle, il faut que je l’aie. Je veux travailler comme cantonnier avec mon père l’année prochaine et j’ai déjà échoué deux fois

 

E B : Tu l’auras, François, tu l’auras , fais moi confiance ;

 

( à suivre...)

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 18:20

 Texte publié aux éditions  "Art et Comédie"

 

Texte bref ( 15 mn env) adapté aussi bien au théâtre de rue ( reconstitutions historiques, festivals, etc...) qu'à une présentation  sur une scène ou dans un autre espace couvert. Le texte peut être joué par des enfants, ados ou adultes. Les personnages (8 minimum) sont démultipliables, et  l'on peut prolonger la pièce en ajoutant d'autres moments de jeu sans paroles 

 

L''histoire: "Un prince , c'est déja pénible à supporter pour le peuple, mais deux, imaginez! Surtout que lorsque ces deux là se disputent le pouvoir, c'est encore le peuple qui trinque! Alors, les habitants de ce petit village laisseront ils les princes décider pour eux de leur vie?"

 

jongleur.jpg

 

Personnages: Gueux, paysans, petits voleurs et autres cracheurs de feu. Tout masculin peut être féminin et réciproquement . 1 et 2 sont peut - être des vieillards. Age indifférent pour les autres.

Chaque personnage peut être dédoublé( sauf peut-être 1, 5, 6, 8). Mais par ailleurs, un acteur peut jouer deux personnages (idem) .

 

Tous vaquent à des occupations diverses:voler, boire, réparer quelque objet, etc....(à inventer).

Ils ne se distinguent pas de la foule. Mais soudain...

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SCENE I

 

1  (assez fort)  Il était une fois....

 

2  Quoi?Je n'entends rien. Qu'est ce que tu dis?

 

1    Il était une fois

 

3   La voilà qui recommence

 

4   Faut l'écouter sinon elle entre en transe

 

5    Les beignes et les calottes qu'elle m'a données!

 

6    Les gifles, les coups de sabot

 

7   Les coups de balai, les coups de bûche 

 

8   Sans compter qu'elle crache quand elle est en colère

 

5   Obligés d'écouter ses histoires

 

6  Comme si on n'avait que ça à faire

 

7   Pas de bois à rentrer

 

8   Pas de riches à détrousser

 

3  Pas d'enfants à battre

 

4  Pas de vin à boire

 

5  Pas de hardes à ravauder

 

1   IL ETAIT UNE FOIS  !!!!

 

2   Ca va,je ne suis pas sourd, commère

 

3,4,5,6     Nous t'écoutons!

 

7,8      Mieux:nous racontons avec toi. Sûr qu'on la connaît  déja

 

4     De toute façon elle raconte toujours les mêmes histoires

 

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SCENE II

 

1  Il était une fois un petit village

 

5,6   On fait les seigneurs, on fait les seigneurs!!!!!

        (Ils cherchent des objets qui leur donnent l'air de seigneurs .Le résultat est grotesque)

 

2     Attendez, vous allez trop vite

 

1 Il était une fois un petit village oublié, paisible, dans une campagne paisible, dans un pays     paisible

 

3 Si le pays était si paisible, c'est parce que tous les seigneurs étaient partis se battre aux croisades  

 

4,5,6    Bon débarras !Gardez les! Faites les travailler!

 

2,8   Qu'on les jette à la mer, qu'ils ne reviennent jamais!

 

4     On vit très bien sans eux

 

5    On s'occupe, on travaille, on vole, on fait la fête

 

6   Pas besoin d'un seigneur pour me dire avec qui danser

 

8  Il en faut quelques uns ,tout de même, ou quelques riches commerçants, sinon qui je vais détrousser, moi ?

 

1  Ces gens là étaient pauvres mais la vie leur apportait des joies simples

 

( Baisers, poursuites, bagarres pour  rire ,beuveries, siestes, chansons, jeux, etc...)

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 à suivre...

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 14:52

Texte publié chez Lansman Editeurs . Chaque volume  ( Il y en a 6 maintenant je crois) présente 6 textes d'auteurs contemporains différents. Ce sont des pièces facilement jouables en atelier théâtre ados ( à partir de 13 ans).

 

A0304.jpg

 

(En attendant la fin de l'orage" par le Conservatoire de Salon de Provence, 2009, mise en scène Jean-Louis Kamoun)

 

 

EN ATTENDANT LA FIN DE L' ORAGE

 

Les filles : Lena                                          Les garçons : Pierre

                  Carmen                                                             Enzo

                  Rebelle                                                              Ahmed

                  Yasmine                                                            Jacob

                  Marguerite                                                       Tarek

                  Marisa                                                               M'en fous

                  Tombée du ciel                                                 Tang

 

Ils ont probablement entre treize et seize ans.

 

Le lieu : Une salle en sous-sol  au collège international. Des matelas de gym alignés au fond et des bâches en vrac dessus. Poussière et gravats. A jardin on sort vers les réserves de la cantine, à cour vers la salle des ordinateurs.

 

 

 

Scène 1 "Comme dans ces reality shows"

Lena, Rebelle, Carmen, Yasmine 

 

 

Lena : C'est comme dans ces reality shows qu'on regardait avant, vous vous rappelez?

 

Carmen : Celui où ils étaient enfermés dans un château ? Drôle de château qu'on a là.

 

Lena : Non, l'autre, celui où ils n'avaient rien à faire.

 

Yasmine :Y avait des caméras qui filmaient tout le temps. Pas de caméras ici.

 

Carmen : Manquerait plus que ça. T'imagines si c'était juste une expérience?

           

Lena : T'imagines si tout le monde nous regarde, morts de rire .

 

Rebelle : Morts tout court, y a plus de chances.

 

(silence)

 

Lena : Celui avec les chambres, avec les lits alignés, les caméras infrarouges, tout ça…

 

Carmen : On essayait de deviner ce qui se passait

 

(rires)

 

Yasmine : Je suis sûre que toi aussi tu regardais, Reb.

 

Rebelle : Evidemment, qu'est ce que vous croyez ?

 

Carmen : Je croyais que ton père t'interdisait.

 

Rebelle : J'allais chez les voisins

 

Lena : Il te laissait sortir ?

 

Rebelle: Je faisais semblant d'aller dormir et je sortais par la fenêtre…

 

Carmen : Chance que t'aies pas habité un immeuble

 

Rebelle : C'était tout trafiqué de toute façon. Tout le scénario écrit à l'avance.

 

Yasmine : Le nôtre, quand même, j'aimerais bien savoir comment il finit.

 

(Silence)

 

Lena : Au moins, ici, rien que du vrai. Si quelqu'un vient dormir avec toi, c'est qu'il t'aime.

 

Carmen : Quand Tang vient dormir avec moi, c'est surtout qu'il a peur.

 

(Rires)

 

Rebelle: Big Mama Carmen !

 

Carmen (Rit) : "Dans les bras de Big Mama, on oublie tous ses tracas"

 

Yasmine : Ca leur aurait pas trop plu, aux adultes.

 

Rebelle : Get lost, les adultes. Tous morts ceux d'ici. Et les autres en haut occupés à larguer leurs bombes sur les ruines de notre ville. Alors nous voilà tous seuls dans notre trou, et moi, tu sais quoi, ça me va bien. Mon rêve depuis toujours, en fait.

 

Lena : Ouais, ben moi, j'en ai plus qu'assez !

 

Carmen : T'inquiètes, quand ce sera fini et qu'on ressortira, on les retrouvera tes adultes. Mais franchement, je crois qu'ils n'ont plus rien à nous apprendre. A leur place, j'aurais plutôt honte, je m'écraserais quoi.

 

Rebelle : En attendant, c'est Marlen qu'ils ont écrabouillée. Et Yazid. Et Tomaso. Et Carla, et Dom, et Renato, et Aïcha, et Soraya...............

 

Yasmine : Ca va, pas la peine de faire la liste…

 

Carmen : On était vingt sept rien que dans notre classe

 

Lena : Vingt sept et monsieur Makoko

 

Rebelle : Makoko la torche vivante

 

Lena : T'es nulle. Il était gentil.

 

Rebelle : Il avait qu'à pas sortir

 

Lena : C'était pour nous

 

Rebelle: Il a voulu jouer les héros.

 

Yasmine : Il a fait son boulot de prof

 

Rebelle : Oh, ça va, je plaisantais…

 

Lena : La nuit, je me dis qu'on a eu de la chance d'être le groupe qui avait informatique. Et je peux pas dormir parce que ça aurait pu être nous là haut…

 

Yasmine : Ca aurait dû être nous, en fait

 

Rebelle : Bon, ça va, c'était pas notre jour et puis voilà

 

Lena : Si monsieur Makoko n'avait pas été absent une semaine le mois dernier, alors ça aurait été le tour des autres d'avoir informatique au sous-sol, et à nous d'avoir bio au deuxième étage.

 

Rebelle : Pourquoi il faut toujours qu'on reparle de ça ?

 

(Silence. Lena pleure. Carmen sort et lui caresse les cheveux au passage. Yasmine la suit.)

 

 

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Scène 2 "L'ordi a dit",

Ahmed, Pierre, Jacob, Lena, Rebelle

 

Pierre : Je crois que ça va marcher. Qu'est ce qui t'arrive Lena ?

 

Rebelle : Une petite tristesse, c'est tout. Qu'est-ce qui va marcher ?

 

Pierre: L'ordi. Et si l'ordi marche, alors....

 

Rebelle : Alors l’ordi a dit..

 

(Black out)

 

Voix d'Ahmed : Alors, ça ne sera pas pour aujourd'hui. (Il allume un briquet, une petite bougie)

 

Pierre : Ah non, pas ça. Juste comme j'allais...

 

Rebelle : Déjà bien beau qu'on ait de la lumière de temps en temps. En général, c'est les centrales qu'on vise. Une ville sans électricité et sans eau.........

 

Ahmed : Parle pas de malheur.

 

Lena : On a de quoi boire pour encore une semaine au moins. Dix jours si on se rationne. Et il reste de la nourriture pour quatre ou cinq jours.

 

Pierre : Si on arrivait à communiquer avec le monde extérieur.... Mon père était à Gaza quand ils ont.... Eh bien il y avait des tas de gens coincés dans des appartements qui ont réussi à mailer le monde entier…

 

Rebelle : Ouais ben nous, c'est autre chose. On est coincés dans notre bunker sous une montagne de gravats et déjà je ne comprends même pas comment on peut encore avoir de l'électricité de temps en temps.

 

Pierre :  Dis merci à Jacob, c'est lui le bricoleur

 

Rebelle : Et quant à communiquer avec le monde extérieur, bon.....

 

Pierre : Il suffit d'avoir un peu de persévérance

 

Rebelle : Il est pas si beau, le monde

 

(Elle sort, suivie de Lena )

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:14

 

Vous cherchez des textes sur Noël? Ne cherchez plus! Celui ci est publié en son entier ( 15 mn de jeu)  avec quelques autres dans les recueils " quoi, déja Noël!" et "Quoi, encore Noël!" par les éditions ABS, qui se feront un plaisir de l'envoyer à votre libraire préféré s'il ne l'a pas encore......

 

noel.jpg

 

 

 Nowel Nowel 

 

 

Frank : Bonjour madame Terensky, brigade de Noël ! Pouvons nous entrer ?

Sonia : Je ne vois que vous seul.

Frank : Manière de dire, madame Terensky.

Sonia : Ctcherensky. Sonia Chtcherensky. C’est écrit sur la porte. Vous ne savez pas lire ? Et non, vous ne pouvez pas rentrer, je suis occupée.

Frank : Dix points en moins, madame Terensky, mais ne vous inquiétez pas, vous aurez tout le temps de vous rattraper          et même de GAGNER des points supplémentaires. Attention    à mon pied.

Sonia : Vous n’avez qu’à l’enlever de la porte.

Frank : Les ficelles du métier, madame

Sonia : Ça vous regarde, c’est votre pied. Vous êtes VRP ou flic ?

Frank : La Nouvelle Police aussi utilise les petites astuces du commerce. Je viens de faire un stage aux USA.

Sonia : Eh bien je ne souhaite pas acheter de calendrier ni faire un geste pour les orphelins de chez vous. Adieu.

Frank : Madame Terensky je ne vends pas de calendrier, je suis venu effectuer un contrôle, voilà tout.

Sonia : Chtcherensky, mais je suppose que c’est sans espoir. Un contrôle de quoi ? 

Frank : De Noël, madame Sonia, de Noël.

Sonia : C’est nouveau ?

Frank : Oh, un petit décret de rien du tout. Une petite ordonnance toute pleine de givre et de joyeux grelots.

Sonia : C’est vous qui êtes givré. Qu’est ce que vous voulez contrôler ?

Frank : Encore dix points en moins madame Sonia. Vous commencez bien mal. A ce stade la plupart des gens ont déjà gagné un cadeau surprise ; le sapin, pour commencer.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:06

Ce recueil de textes des EAT Méditerranée vient de paraître:

 

envies-de-mediterranee.png

 

 

Prix 20 euros

mail@les4saisonsdurevest.com

Envies de Méditerranée

 

 

Des auteurs de théâtre, des essayistes, des poètes se sont imposé la contrainte d’écrire, chacun, un texte de 1000 mots sur leurs Envies de Méditerranée.

Ces textes sont destinés d’une part, à être édités par Les Cahiers de l’Égaré,

d’autre part à être proférés par leurs auteurs ou par des acteurs dans les théâtres voulant bien accueillir de tels textes, faisant entendre une parole d’auteur vivant, principalement de théâtre.

 

Initiative organisée par les Écrivains associés du théâtre (EAT) Méditerranée

 

 

27 textes, 9 textes de femmes, 18 d’hommes, 1 d’Algérie, 2 du Liban

Auteurs : Etel Adnan, Daniel Aranjo, Nicky Attiki, Habib Ayyoub, Michel Bellier, Albertine Benedetto, Aïdée Bernard, Marcel Conche, Gilles Desnots, René Escudié, Arlette Fétat, Alain Gibaud, Alain Gras, Moni Grego, Jean-Claude Grosse, Gérald Gruhn, Marie Kern, Gérard Lépinois, Roger Lombardot, Jean-Louis Maligne, Armel Marin, Marcel Moratal, André Morel, Jean-Yves Picq, Salah Stétié, Pauline Tanon, Danielle Vioux

 

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------à découper

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

 

à retourner avec votre règlement à l'adresse ci-dessous :

Les Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier. 83200 Le Revest-les-Eaux.

 

Nom:.......................................................................................................................................................

 

Prénom : .................................................................................................................................................

 

Adresse : ................................................................................................................................................ 

                ................................................................................................................................................

 

Tél : ......................................................

 

Commande:            exemplaire(s) au prix de 20 euros / exemplaire de Envies de Méditerranée.

 

Ci-joint un chèque de : :.........................................................................................................................

 

à l'ordre de : Les Cahiers de l'Égaré

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 21:34

 

Je reviens du festival du livre où j'ai eu la chance d'être invitée. Je pourrais parler pendant des heures des rencontres, des échanges, du formidable espoir que suscite le sentiment de ne pas être seul à penser qu'il faudra bien , d'une manière où d'une autre, résister, ou continuer à...

 

En attendant, ce texte,en exergue des déclarations de Marie Louise Gourdon, commissaire du festival, sur le site ( voi colonne de gauche)

 

                                                                                        rom.jpg

 

Un texte qui n'est pas d'aujourd'hui, et pourtant....

Gustave Flaubert, lettre à George Sand, 12 juin 1867
(Correspondance, éd. de la Pléiade tome 5, pp. 653-654)

« (…) Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens
qui s’étaient établis à Rouen. — Voilà la troisième fois que j’en vois — Et
toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine
des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal
voir de la foule en leur donnant quelques sols — Et j’ai entendu de jolis mots
à la Prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de
complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.
C’est la haine que l’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au
solitaire, au poète — Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis
toujours pour les minorités, elle m’exaspère — Il est vrai que beaucoup de
choses m’exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat,
comme une poupée à qui on retire son bâton. (…) »

 

                                                                 tziganes.jpg

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 09:12

Ecrit pour "Impromptus littéraires"

La consigne :

Un jour, il vous heurta dans la rue.
Il a des yeux bleus à en chavirer plus d’une… un sourire… et au lieu de s’excuser vous dit :
"Il n'y a pas de bémol avec une jupe rouge"
Racontez-nous la suite
Sous la forme qui vous sied…

 

 redsatinfolds.jpg

 

 

Je m’arrête brusquement sur ma lancée et le passant qui marchait juste derrière moi dans les couloirs du métro me heurte violemment. Je me retourne. Ses yeux sont juste à la hauteur des miens. Tout proches.  Bleus. Je m’agrippe à son regard que je ne connaissais pas un instant plus tôt. Je dis : « Pardon. » Il dit : « Il n’y a pas de bémol avec une jupe rouge. » Oui, bien sûr. Continue à parler mon gars. Recettes de cuisine ou poèmes de Ginsberg, ce que tu veux, du moment que cet instant se fige et se prolonge. Jupe rouge si ça te plait. Tu n’es pas très grand et c’est souvent comme ça que j’aime les hommes. Debout, les yeux dans les yeux. Demain je l’achète la jupe, s’il n’y a que ça. J’aime le noir en général mais le rouge aussi. Je lui donne mon numéro de téléphone. Il dit : «  Je n’ai rien pour noter. ». Quoi, pas même un portable ? Je l’invite à boire un café. Il dit «  Oui, pourquoi pas, mais en fait je voulais juste votre avis »

« Mon avis ? » « Oui, je ne m’habille pas comme ça d’habitude. Mais là, j’ai eu envie d’essayer, pour voir ». Mon regard redescend le long de son corps jusqu’à l’ample jupe à mi mollet dont les magazines nous rebattent les oreilles ces temps ci. Ca ne lui va pas si mal. Je dis : « J’aime bien. Mais un kilt, peut être, aussi. Faudrait voir. Voulez-vous que je vous aide à le choisir ? » Les yeux bleus acquiescent. Pas de bémol , c’est sûr. Pas de bémol. Juste un sourire.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 21:46

ado 4
 

 

Dans cette pièce jeune public, on trouve la génération des grand-parents et celle des petits enfants, comme si les générations intermédiaires étaient empêchées d'agir  et de se révolter par trop de soucis, de charges, par la difficulté de simplement survivre. C'est que ce futur proche possible décrit un monde où les problématiques d'aujourd'hui se sont agravées, les inégalités  sont plus grandes encore, le monde plus pollué, les contraintes plus dures et plus injustement réparties.

Ce texte a remporté le 2e prix au concours "L'effeuillant" 2008, " et il a été lu au festival d'avignon de la même année par le Théâtre de la Tortue, ( Toulouse) il a également été publié, éditions "Théâtre de la Tortue". Me contacter pour se le procurer. On peut lire un extrait dans la colonne de droite.

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