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  • : Le blog de danielle vioux
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  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 23:45

                              NukeBUSIN046.JPG

 

 

 

20 décembre : J’ai passé plein d’examens et ils disent que ça va, et moi, je suis bien obligé de les croire de toute façon. Le vieux Clément est debout, la capoeira résonne ! Deux aux instruments, quatre à la danse (une autre femme nous a rejoint, une rousse plutôt silencieuse mais au sourire chaleureux, la trentaine). Clément nous mène un train d’enfer, il chante, il jure, il joue, il virevolte, faut croire que ça conserve ce truc là. C’est un plaisir physique immense, une jubilation. Sentir l’espace, le triangle où l’on inscrit les pieds sans cesse en mouvement, les feintes, main au sol, pieds dans les airs, tu m’attends là, je suis ailleurs, grand éclat de rire, capoeira ! Ce n’est pas pour rien qu’on dit « jouer » la capoeira, ça n’est pas la force qui compte mais la ruse, l’agilité, le goût du jeu et de l’esquive, l’esprit d’enfance, le plaisir du risque, l’espace, le rythme, le rire du « malandro » ! Danse, danse sur un volcan, vieux Clément. On dansera tous ensemble. Et si on glane quelques rires au passage, tant mieux.

 

26 décembre : On a fêté Noël sans grand enthousiasme. La nourriture n’était pas très bonne mais on a bu du vin. La plupart des gens ont essayé d’en avoir plus que leur part pour se saouler et dormir. On en est au point où le nombre de morts diminue tandis que le nombre de dépressions et de délires augmente chaque jour. Naturellement, ils ne savent pas quoi faire, ils laissent aller les choses, encore un peu plus de calmants et puis voilà. Peut-être qu’ils nous laisseront sortir bientôt (mais pour aller où ?). Et tant pis si j’en meurs quand même dans quelques années… on verra bien.

 

28 décembre : Clément est à nouveau malade, mais il a encore assez d’énergie pour m’engueuler quand je me résigne. Il dit que, si je suis malade dans quelques années, il faudra que je me batte pour prouver le lien avec l’accident ; que ça ne servira probablement à rien mais, qu’au moins, je garderai ma propre estime. Et cætera, et cætera. En attendant, il faut continuer l’entrainement et danser, danser, danser. Y’a qu’à regarder les autres sur leurs lits pour savoir qu’il a raison.

 

31 décembre : Le vieux Clément est mort cette nuit. Un infirmier m’a apporté son opinel et le berimbau, il avait tout mis dans un sac avec mon nom dessus : « pour Florian ». J’espère seulement que ça n’a pas été trop dur. Peut-être qu’il dormait mais je ne crois pas. C’était pas son genre. En tout cas, il était seul.

 

1er janvier 2037 : Une nouvelle année, et je suis toujours vivant. On va continuer l’entrainement tous les cinq, et peut-être même qu’on en trouvera un ou deux de plus. Je leur apprendrai tout ce que le vieux Clément m’a appris ; et je commencerai chaque séance par le rythme

qui porte son nom :

« Dis-moi, quel fut ton maître,

Dis-moi, quel fut ton maître,

Mon maître fut le vieux Clément,

Le vieux Clément fut mon maître,

Et moi, je suis Florian et je danse,

CAPOEIRA »

 

 

 ***********************************************************************************

 

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 22:12

 

Et merci à Tom qui a pris le temps de recopier toute cette série de nouvelles pour moi dans l'ordi!  ...........................

 

 

                                       cebolinha-h [DVD (NTSC)]

 

Capoeira! ( suite)

 

 

25 novembre : Je me suis fabriqué une espèce de tambour avec une vieille poubelle dont j’ai découpé le fond. Aux extrémités, j’ai tendu de larges bandes d’adhésif industriel, en couche épaisse, jusqu’à ce que ça fasse comme une peau. Ma main gauche est nue ; à la main droite je tiens une branche avec un chiffon roulé serré à un bout. Le vieux m’a appris les rythmes, c’est plutôt facile et ça résonne dans le ventre comme un appel, quelque chose de vital, je ne peux pas mieux dire. Moi avec mon tambour et le vieux Clément avec son arc en ferraille, on fait une belle paire. On a trouvé un endroit vraiment tranquille pour s’exercer, une petite cour où personne ne vient jamais. La vie ici est un curieux mélange d’interdits et de tolérances. Avec le bruit qu’on fait, on aurait du s’attirer des remarques depuis longtemps, mais non, rien. Les infirmiers, les médecins, même les gardes, je les ai vus rigoler, mais la plupart du temps, ils font comme si on n’existait même pas. Ils nous jugent sans doute inoffensifs.

 

30 novembre : Le vieux Clément est malade. Impossible de savoir si c’est sérieux ou pas, il ne veut rien dire : mais quand je vois son regard ça m’inquiète. En tout cas, pas question d’entrainement ces derniers jours. J’ai passé de longs moments à côté de son lit. La plupart du temps il somnolait en gémissant un peu. Plusieurs fois il s’est réveillé, il m’a raconté des histoires de sa jeunesse. Il dit qu’il ne croit pas avoir connu ma grand-mère, mais qu’il aurait bien aimé. Il riait doucement, sans doute de bons souvenirs. Je lui ai demandé si le monde avait changé comme il l’avait prévu. D’après lui, malgré « les machines et les gadgets » (ses propres mots), les gens sont toujours les mêmes. Les riches sont plus riches et les pauvres plus pauvres et ce n’est même plus la mode de s’intéresser à ça. De temps en temps, ici ou là, il y a un groupe humain qui s’énerve et qui essaie de tout casser, mais dans l’ensemble on sait étouffer ce genre d’histoire assez vite. A quoi bon pleurer sur quelques milliers de morts supplémentaires dont on ne connait même pas le nom ? La plupart du temps, il y a une centaine de guerres en cours, ici ou là (de préférence là). Quand j’étais gamin je mélangeais tout en regardant la mondivision, je veux dire je ne savais jamais si c’était des films ou des séries ou alors de vraies guerres. Je fais moins d’erreurs maintenant mais j’ai toujours l’impression désagréable que, s’ils ne me consultent jamais sur le scénario, il se pourrait fort bien qu’ils me demandent un jour, contre mon gré, de faire un peu de figuration… enfin, si l’on évite les zones de combat, les attentats, les accidents routiers ou aériens, les maladies dues à la pollution, les accidents chimiques ou nucléaires de type courant, on peut espérer avoir encore assez de chance pour échapper aux rixes, aux émeutes, et aux francs-tireurs schizo-visionnaires. Dit comme ça, on peut penser que c’est un monde invivable. Ben non, même pas. Moi, j’y vivais raisonnablement content jusqu’à cette affaire. Faut dire que j’avais pas de quoi comparer. De toute façon, Clément dit que ça a toujours été un truc ou l’autre, et qu’il faut s’accrocher quand même à la vie, qu’il n’y a rien de mieux. Qu’il faut voyager, et se battre contre tout ce qui nous semble mauvais, et rire avec les amis et tomber amoureux, faire des enfants, écrire des livres, inventer des musiques. Je voudrais bien qu’il ne meure pas tout de suite. Et moi non plus, j’ai pas envie de mourir. Pas avant d’avoir tout essayé.

 

15 décembre : Clément va mieux, mais il est toujours couché. Il m’a raconté ses voyages au Brésil, les gens qu’il a connus là-bas. Son visage s’illuminait. Je ne sais pas bien ce que ces gens avaient de spécial. D’après ce qu’il dit, la situation là-bas n’était déjà pas brillante alors. Enfin, il faut croire qu’ils savaient quelque chose que lui ne savait pas, et qu’ils la lui ont apprise. Il m’a chanté tous les rythmes de berimbau en m’expliquant leur sens : celui-ci signifie « attention, le maître arrive » ; tel autre « la police poursuit un esclave en fuite ». Ca me plait, cette idée de passer des messages avec un rythme. Clément jure qu’il sera debout bientôt, et me presse de trouver d’autres partenaires pour s’entraîner avec nous : on aura la musique et la danse en même temps. Moi j’aimais bien être seul avec lui, mais tant pis, il a raison. Je vais chercher.

 

15 décembre : Il y a une fille qui est venue d’elle-même. Dans les vingt ans. Le genre qui m’aurait tétanisé sur place autrefois, mais c’est drôle, je n’ai plus de désir. De mon côté, j’ai contacté un type qui fait le ménage dans les bâtiments et, quelque fois, des tours de garde, la nuit. La trentaine sympathique, de l’humour (il en faut, ici, pour tenir le coup. J’espère au moins qu’ils le paient bien, mais j’en doute). Pour finir, il y a un gamin, d’une douzaine d’années, qui trainait tout seul depuis quelque temps et qui s’accroche à moi comme la glu. J’ai commencé à leur apprendre les attaques en attendant le retour du vieux. Ils se débrouillent bien tous les trois. Même quelques esquives un peu acrobatiques, roues, roulades et sauts en l’air, ne leur font pas peur. Mais pour le berimbau c’est moi le roi ! J’ai même fabriqué un « caxixi » avec des branches souples tressées et des graviers. J’ai inventé un rythme nouveau qui signifie : « vieux Clément tu es ma famille et je t’aime ». Je suis allé le jouer au vieux dans sa chambre, on y est allé de notre larme tous les deux. Après, on s’est raconté des histoires et on a ri. Il voulait tout savoir sur ma vie avant, sur mes amours, sur les cours de capoeira avec moi comme professeur. Plus tard, j’ai encore pleuré tout seul dans mon lit. J’avais des douleurs dans tout le corps, de la fièvre. Peut-être que c’est juste la grippe, peut-être pas. J’espère que je retrouverai mes parents, j’espère encore. J’en ai besoin pour tenir, je ne peux pas faire autrement qu’espérer.

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:52

 

Cette nouvelle est également un monologue pour le théâtre

 

                                          IS403-026.jpg

 

 

 

 

                            Capoeira


 

5 septembre : Hier, nous avons commencé les cours de capoeira. Le vieux m’a étonné. Vraiment. Sans compter l’état où nous sommes tous, cette vieille fatigue, et tous les examens qu’ils nous font subir tous les jours. Quand il s’est mis à chanter pour accompagner sa danse, je me suis senti rempli d’une énergie que je n’aurais jamais cru avoir. Personne ne nous a empêchés de faire notre petit jeu. Des infirmiers sont même passés en rigolant. Ils vont sans doute écrire un rapport disant qu’on est complètement dingue, mais ce n’est pas le pire qui puisse nous arriver.

 

17 septembre : Gros accès de déprime. Trois morts hier. Evacués discrètement, mais l’information passe toujours. Ca me rend fou furieux de penser à ces morts imbéciles, à cet accident qui aurait pu être évité ; sans compter qu’ils auraient pu nous avertir, je ne sais pas moi, quelque chose comme « restez chez vous », « prenez une douche ». Mais non, rien. J’ai pas envie de mourir à dix-huit ans, c’est trop bête. Le vieux a essayé de me consoler ; il taillait une longue branche de noisetier avec son « opinel », une vieillerie qu’il a toujours dans sa poche et qui lui vient de son propre grand-père. Il a dit que des accidents comme ça il en avait connu plusieurs dans sa vie, qu’on n’avait jamais réussi à obtenir des informations dignes de ce nom parce qu’ils avaient trop peur qu’on leur foute leur pouvoir en l’air, et cætera, et cætera. Si j’ai bien compris, le grand-père du vieux ne lui a pas seulement légué son opinel, mais aussi ce qu’il appelle « ses idées anarchistes ».

 

10 octobre : Avec la branche, le vieux a fabriqué une espèce d’instrument de musique, un arc avec une « calebasse » dessus (une boite de conserve, en fait). On tape avec une baguette sur le fil de fer qui tend l’arc, et la calebasse s’appuie par instants sur la poitrine du musicien pour faire caisse de résonnance. Ca donne un rythme lancinant qui ferait mourir de rire la plupart des jeunes de mon âge. Il faut bien le dire, question musique, c’est un peu la préhistoire. Mais ça m’a rappelé de vieilles cassettes que ma grand-mère me jouait quand j’étais petit. En y réfléchissant bien, elle était un peu dingue aussi cette grand-mère. Il me revient des fragments d’histoires qu’elle racontait, des voyages, tout ça. Si ça se trouve, ils se sont connus quand ils étaient jeunes, ma grand-mère et le vieux. Faudra que je lui demande.

 

21 octobre : Tout d’abord, il y a « martello », le marteau : on lance le pied face au partenaire, l’autre jambe un peu pliée pour abaisser le centre de gravité. On s’arrête à un millimètre du menton de l’autre, mais de toute façon la plupart du temps, l’autre réussit à éviter le coup, surtout quand c’est ce vieux malin de Clément (je connais son nom maintenant). Il a aussi « le ciseau » et puis « Rabo de araia », ou quelque chose comme ça. Le vieux n’est pas très sûr des noms, mais il se rappelle les mouvements avec son corps comme si c’était hier, à ce qu’il dit. Moi je trouve que c’est plutôt un combat qu’une danse, c’est d’ailleurs pour ça que ça me plait. Clément raconte qu’autrefois, au Brésil, les esclaves noirs venus d’Afrique s’entrainaient à se battre ainsi. Mais comme c’était interdit, ils faisaient comme si c’était une danse. Et ils jouaient aussi cette musique avec l’arc à la calebasse qui s’appelait « berimbau ». Comme ça, je comprends. Et vraiment, on rigole bien. Ca n’empêche pas le cafard de revenir après, quand on va faire les examens, les prises de sang, quand on a des tubes partout et qu’il faut rester sur le lit sans bouger avec des idées noires ; mais je pense à la séance du lendemain, et ça me donne du courage.

 

3 novembre : Ca peut sembler bizarre que je passe tout ce temps avec le vieux, mais je n’ai jamais été très heureux avec les jeunes de mon âge. Pas malheureux non plus je veux dire. Ils m’acceptent bien, je ne suis pas différent en apparence, je ris des mêmes blagues, j’écoute les mêmes musiques et j’ai eu une bonne quinzaine de petites amies depuis mes quatorze ans. Mais plus que tout j’aime la solitude et réfléchir à la vie, à la mort, à ce que je veux faire si je m’en sors. J’aimerais voyager mais on dirait que ça se fait de moins en moins, je suppose qu’il est plus facile et plus sûr de voir le monde sur un écran vidéo. De plus ils en passent tellement, de ces vidéodocs, qu’on a toujours une impression de déjà-vu, alors à quoi bon ?

Et puis pour ça il faudrait que j’aie de l’argent, donc que je travaille, et avec un emploi pour dix à quinze personnes je ne suis pas près d’y arriver. Autrefois, j’aimais bien l’école et je me débrouillais plutôt bien en informatique et communication, et puis d’un seul coup, tout m’a paru totalement absurde alors j’ai laissé tomber. C’était il y a un an et je n’ai toujours pas trouvé ce qui pourrait m’intéresser. Mes parents n’étaient pas contents, ils ont essayés toutes les thérapies de la planète, ils se font vraiment du souci pour moi. Enfin de toute façon, impossible de savoir s’ils sont encore en vie à l’heure qu’il est. On ne sait jamais, peut-être qu’ils sont dans un autre camp comme celui-ci, « zone à faible risque de contamination » ça s’appelle. Quand je vois le nombre de morts tous les jours, qu’est-ce que ça doit être ailleurs. Moi je crois qu’ils appellent ça comme ça pour nous remonter le moral. Quoi qu’il en soit, c’est plutôt rare. La plupart des gens restent allongés sur leur lit toute la sainte journée, devant des vidéoséries du genre «  tu m’en achètes six milles épisodes et je t’en donne soixante en prime ». C’est facile d’avoir des calmants en prétextant qu’on a mal, les infirmiers sont débordés alors ça les arrange. Parmi les «  malades » il y a un marché noir de produits divers. Je me demande comment les gens peuvent penser à faire de l’argent dans ces circonstances. Quant à Clément, il rigole et il dit : «Rien de nouveau sous le soleil ». Drôle de soleil.

 

( à suivre)

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:41

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Répétition publique sur invitation le dimanche 13 mars......

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 10:27

 

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Le Théâtre des 1001 portes répète actuellement "Respirer encore", texte de Danielle Vioux, mise en scène Michèle Rochin.

Avec Jade Ros, Sandrine Gaulmin,Ali Mechoub, Jean Michel Guieu, Christophe Lancia, Danielle Vioux.

Une répétition générale ouverte au public ( nombre de places limité) est prévue le 13 mars à 18h à l'audito de l'At...rium, Salon de Provence.

Demandez votre invitation en laissant un message

Soutenez ce projet financièrement, en proposant des lieux pour l'accueillir,ou simplement par votre présence .

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:47

Caroline, merci pour ton message, je t'ai répondu au même endroit. Pour correspondre tu peux aussi utiliser "Contact" . Clique sur le mot en bas de la partie en haut à gauche. Je sais, ça ne se voit pas beaucoup...

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:41

C'est un monologue pour femme.

 

Il a été créé  à - Arcueil (Le Bahut, octobre 2000) Adaptation et Mise en scène Patrick simon-Dorr, avec Cécile Claudel  

 

Il a  fait l’objet d'une lecture (La Castellanne,Marseille)en 2001 lors de la semaine mondiale des auteurs vivants.

 

selvamfenetre-03.jpg

 

Voici le début:

 

Lucie à la fenêtre                     

 

 

Espace  vide. Sombre. On distingue à peine Lucie , debout, tenant à bout de bras un objet qui s’avère être un soutien-gorge. Lucie se balance doucement et chante . Le choix de la chanson est laissé à l’interprète mais il s’agit d’une vraie chanson chantée en entier et le mieux possible. Une suggestion : « Ca casse » (Maurane)

La chanson s’adresse très clairement au soutien-gorge, qui est en coton blanc tout simple, de petite taille, bonnets peu profonds. Lucie est vêtue de sombre, sans style particulier, des vêtements qui cachent le corps.A la fin de la chanson, la lumière est plus intense , assez chaude.

 

Lucie : ( détournant les yeux du soutien-gorge, s’adresse au public.)

             J’ai trouvé ce truc sous la table . Ca, et une bougie à  moitié consumée.

             Ce n’est pas à moi.

             Normalement, je n’aurais pas dû être là.

             Chez mes parents, j’aurais dû être.

              Seulement voilà, je suis rentrée un jour plus tôt.

            

 (Pendant le texte suivant, le soutien-gorge, comme oublié, prolonge simplement les gestes de Lucie.)

Je ne l’ai pas fait exprès, je le jure. Un concours de circonstances. J’avais conduit les enfants en Ardèche, enfin, seulement les deux derniers, parce que l’aîné, n’en parlons pas, plus question qu’il s’en aille deux mois là-bas, un mois c’est un maximum, alors il s’est trouvé un camp, un chantier international , avec ses copains du lycée . Son père l’a aidé je pense… Bref je devais rester trois jours. Et puis au bout d’un jour on s’était déjà disputées trois fois avec ma mère , et mon père m’avait fait une bonne douzaine de remarques sèches sur ma vie, mes vêtements, et les succès de mes sœurs. Avec mon père on ne peut pas se disputer parce qu’ il n’attend jamais la réponse. Il vous guillotine et puis il vous laisse toute seule avec votre tête sous le bras, débrouillez vous. Moi, je n’ai pas trouvé d’autre réponse que la fuite, depuis toujours, alors voilà, c’est ce que j’ai fait une fois de plus, j’ai fui. Un peu culpabilisée parce que les deux petits allaient rester là, entre ma mère qui crie et mon père coupeur de têtes, mais d’un autre côté ils cavalent dans la colline toute la journée et ils s’en moquent un peu .Et puis va savoir pourquoi, avec eux, il y a moins de cris, moins de sarcasmes, si j’osais je dirais :plus d’amour … si vous avez un bon microscope. 

 

(Elle roule le soutien-gorge en boule et le serre contre son cœur pendant le texte qui suit)

Ce qui m’a décidée à partir, aussi, c’est que Jérôme voulait rentrer sur Marseille et qu’il n’avait pas de voiture, alors j’ai dit d’accord, je t’emmène. En souvenir de nos quatorze ans et de la fois du jeu de dames et des câlins sous les buissons. Enfin, ça je l’ai pensé, je ne l’ai pas dit. Je ne suis plus amoureuse de Jérôme depuis longtemps mais  ça me faisait plaisir de passer un moment avec lui ; On ne s’était pas vus depuis au moins dix ans parce qu’il ne vient pas souvent voir sa famille. Mais il ne faut pas dix minutes pour que j’aie l’impression qu’on s’est quitté la veille. Il vieillit bien, Jérôme. Il a les yeux qui pétillent et un grand sourire adolescent et il est même inutile de reprendre le résumé des épisodes précédents, on peut passer directement aux histoires en cours, il comprend aussitôt, il se rappelle le nom des gens dont on a parlé il y a dix ans, il écoute vraiment. J’aimerais bien qu’on soit amis, qu’on se voie ailleurs que là bas mais….disparaître, ça aussi c’est une chose qu’il sait bien faire.. sans adresse sans rien…pendant dix ans par exemple…(elle mordille le soutien-gorge d’un air absent)   enfin bon, en est rentrés ensemble…et je l’ai déposé pas loin de Castellanne, et là… il a fait quelque chose…qu’il n’avait pas fait depuis cet été de nos quatorze ans… à croire que la phrase il l’avait lue dans ma tête… il m’a… embrassée… et il a posé sa main….et je  l’ai laissé faire… et même… et tout cela avec le sentiment que ça ne m’arrivait pas à moi….En fait, je pensais à  Christian et au plaisir incroyable que j’ai avec lui… à comment je vibre avant même qu’il ne me touche…comment je supporte tout le reste à cause de ces moments là . Quand on arrête de se déchirer et de vouloir exiger de l’autre ce qu’il ne peut pas nous donner, lui qu’il ne regarde que moi et pas seulement mon cul, je veux dire moi entière….moi et personne d’autre…et moi que j’arrête de réclamer de l’amour, que je me contente de ma petite part privilégiée de femme officielle et mère des jumeaux…que je me contente de l’amour de ses mains sur mon cul et du plaisir qui monte en moi… Enfin je pensais à Christian pendant que les mains de Jérôme…et il y avait une étrange douleur …je veux dire douceur…dans ce baiser et ces caresses…pas un plaisir violent…autre chose…j’étais comme au dessus de mon corps et de cette voiture et je regardais la scène…Et puis il m’a lâchée et il a dit quelque chose d’étrange, une espèce de proverbe, en anglais, je crois que c’était « you only have to walk  into a dark wood before …. » je ne sais plus la suite… avec son sourire et ses yeux qui pétillent et peut être une petite nostalgie en plus, va savoir…puis il est sorti de la voiture et il a pris son sac et il s’est éloigné…et de là-bas, d’assez loin en fait, il m’a crié un numéro de téléphone et naturellement je n’avais pas de stylo, et en plus je n’étais pas sûre d’avoir bien entendu …je me le suis répété et répété mais j’avais un doute…un doute.

 

(Lumière froide. Lucie défroisse le soutien-gorge et le pose devant elle, assise au sol.)

Et puis je suis rentrée et j’ai trouvé ça. Ca et une bougie à moitié consumée. Et je pouvais sentir l’odeur d’encens même pas dissipée…Et j’avais même pas besoin d’aller voir sur le lecteur de CD pour savoir ce qu’il y avait : Keith Jarrett, le concert de Cologne…et je ne pouvais pas en vouloir aux deux petits seins blancs qui logeaient normalement dans les petits bonnets de coton d’avoir craqué pour cette jolie mise en scène, moi même quinze ans plus tôt…c’est comme ça que j’ai quitté François…

 François il n’a jamais compris que je sois partie juste parce que Christian faisait brûler des bougies et de l’encens et me faisait l’amour sur la musique de Keith Jarrett et c’est vrai que dit comme ça c’était un peu dérisoire. Après tout j’avais trente ans et un enfant et j’aurais dû me rendre compte que ces histoires de mise en scène ce n’était pas la vraie vie. Mais François c’était tellement la vraie vie que j’étouffais petit à petit, jour après jour, et comment lui expliquer que j’avais envie de fuir loin de lui pour faire l’amour à la lueur des bougies sur la musique de Keith Jarret avec un type qui le reste du temps allait me tuer à coups de phrases sèches sur mon corps, ma vie, et les succès des autres femmes, toutes les autres femmes tellement plus femmes que moi , à se demander pourquoi il revient toujours, en fait, sinon parce que justement, moi, j’encaisse sans broncher les petites phrases sèches, pour qu’il ne m’abandonne pas , jamais, jamais…

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 17:25

Ce  bref texte de théâtre  ( protégé mais pas encore édité) écrit en 2006 a aussi une version scénario et un court métrage a été tourné en 2008 (voir article à ce sujet    Jean-Louis Kamoun joue "Jean" ).

Le texte a été écrit lors d'un marathon d'écriture à Clermont Ferrand et comme il avait été nominé, on le trouve  en entier sur le site du Petit théâtre de Vallières. ( voir liens dans la colonne de gauche ).

Représentations à déclarer à la SACD.

Cette année là, en France c'était le CPE, les bloquages de lycées, les manifestations, et quand j'ai traversé Clermont Ferrand les murs étaient couverts d'affiches.

Ces éléments se sont mêlés  aux consignes données lors du "marathon"  et à mon envie d'explorer des futurs proches possibles, de réfléchir à ce qui risquait de se durcir encore dans les problématiques déja à l'oeuvre.......comme dans d'autres textes ( "Entre salamandre et Phénix", par exemple, ou "Respirer encore", ou " Un goût de Cannelle dans la bouche",  ou la co-écriture "Bleus")

Ces derniers jours, je me suis dit que le texte avait d'autres résonnances encore

 

tournage-ailleurs-108--DVD--NTSC--.jpg

 

Résumé.

 

Marie, Jean, Victor et Nicolas ( soixante ans environ) se sont-ils connus autrefois ? Que sont-ils venus faire dans cette salle vide près du stade ? Quels sont ces bruits de l’autre côté du mur ?

 

Ca se passe quand, au fait ? Va savoir…

 

 

 

Extrait   "Ailleurs au même instant"  ( autre extrait colonne de droite)

 

 

 Victor -  Vous chantiez dans ce groupe, il y a quarante  ans.

 

Jean - Mais enfin pourquoi il me dit « vous »,  celui là ? Il  se croit  où ? Il croit qu’on va faire quoi ? Un rendez-vous mondain ?

 

Victor -  Il y a quarante ans. Vous parliez souvent dans les grandes réunions. Et vous aviez monté ce groupe. Vous donniez des concerts pendant les grèves. Ensuite, vous avez été un peu célèbres, pendant quelque temps.

 

Jean - Un peu célèbres, voilà.

 

Nicolas - Les affiches, tu les as ?

 Marie les sort du sac

Un avion décolle. Impossible de parler.

 

Nicolas - Pas mal.

 

Jean - Pas mal ! Jamais content, alors ? Un vieux reste de la Nouvelle Police ? Tu vas voir qu’il va nous dénoncer. Je n’ai pas confiance.

 

Nicolas - Jean, je suis entré à la Nouvelle Police parce que je n’avais pas le choix. Plus de travail stable, plus de droit au chômage, deux enfants ...

 

Jean - On a toujours le choix.


Nicolas - En tout cas on est tous dans la même galère. Le décret s’applique à tous. Une somme forfaitaire pour la retraite. De quoi tenir deux, trois ans. Et après, crève.

 

Jean - Comme si je ne le savais pas.

 

Nicolas - Alors où est la différence entre toi et moi ?

 

Jean - C’est que moi, je n’ai jamais rien renié

 

Nicolas - Tu as dormi en attendant que ça se passe.

 

Marie - On a tous dormi. Maintenant on est réveillés. Et c’est l’heure de sortir. (Silence)  Et j’ai peur. Même si…

 

Victor - On a tous peur.

 

Marie - Qu’est ce qui se passe si on est tout seuls ?

 

Jean - Marie ! (Silence) Mais c’est toi qui es venu nous chercher. Qui nous a persuadés !

 

Marie - D’un seul coup, je n’y crois plus

 

Nicolas - Des groupes de cinq comme le nôtre il y en a des milliers partout. Ailleurs, au même instant, ils se préparent comme nous.

 

Marie - Ca n’a plus de sens

 

Nicolas - Ca a le sens qu’on lui donne. Dans un pays où les rassemblements ne sont autorisés que pour se divertir, c’est déjà un événement.

 

Victor -  Imagine les murs couverts d’affiches

 

Jean - Imagine juste le fait d’être ensemble dehors, pas dans un stade-discothèque  ou un visio-burger-bowling-paradise. Juste être dehors, ensemble. Tous.

 

Marie - Comme autrefois. Pour dire qu’on n’est pas d’accord. Qu’il y a forcément d’autres solutions. Que de l’argent, il y en a.

 

Jean - A propos de danse, on ne les entend plus, les jeunes.

 

Victor - Tu sais qu’il y a eu un décret qui les concerne aussi.

 

Nicolas - Un de plus.

 

Jean - Ils s’en foutent.

 

Marie -  Comment tu le saurais ? Tu en fréquentes beaucoup ? C’est toi qui t’en fous, Jean. Tu ne t’intéresses qu’à ce qui te touche, toi, personnellement.

 

Nicolas - C’est un début. On y va ?

 

Marie - Tu n’étais pas comme ça autrefois.

 

Victor - Ce bruit, qu’est ce que c’est ?

 

Marie - Des tambours. Dehors.

 

Nicolas - Je vais voir. Je reviens.

 

 ( à suivre...)

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 12:18

masque chinois

 

 

Ce texte,  (protégé mais pas encore publié.......suivez mon regard) est destiné à une troupe d'adultes voulant monter un spectacle pour jeune public à partir du collège. Il parle du monde d'aujourd'hui vu à travers une famille  qui se débrouille comme elle peu tout en essayant d'inventer la vie. Le fils aîné  a écrit sa première pièce de théâtre et tente de la monter avec les autres membres de sa famille, ce qui ne va pas sans difficultés. En même temps j'avais envie de rendre hommage à Brecht avec un sourire fraternel  (craint dégun!) . Et de manière générale à tous les auteurs qui pensent que le théâtre a cette responsabilité là aussi, parler du monde, justement. Et ce texte parle aussi de l'absence, provisoire ou définitive, de ceux qu'on aime, et de comment on se débrouille avec. Et avant tout il parle de l'urgence de vivre, mais aussi de prendre son temps.

 

Comment Kei-Ui détruisit les montagnes 

 

Les présents sur le plateau

Léo, 65 ans, retraité de l’enseignement public (il joue Kei-Ui , dans la pièce de Théo, ainsi que le Sage des montagnes et le peuple)  

Fred, son fils, 45 ans (Chang Yang le paysan, l’Empereur Lê, le peuple)

Théo, son petit-fils, 17 ans (auteur de la pièce dans la pièce, joue le chœur et Tiê Mi l’enseignant)

Nati, sa belle-fille, 40 ans, infirmière ( Li Ying la paysanne, Sang Li le médecin, le chef des pillards, le peuple)

Steve, 27 ans, un voyageur australien

 

Les absents/présents

Sylvie, 64 ans, femme de Léo, en voyage

Valère, 11 ans, frère de Théo, hospitalisé   (le jeune  Chen Gao)

 Armand, père de Léo, grand-père de Fred, arrière-grand-père de Théo, décédé un an plus tôt à l’âge de 96 ans)

 

 

 

*************************************************************************

 

 

 

Scène 1 : C’est comme ça chez nous tous les jours

 

 

 

Léo, Fred, Théo et Nati répètent une scène de la pièce de Théo. Vagues costumes chinois. Texte en main.

 

Théo ( le chœur) : Cette année là, il y eut une grande famine dans les villes.

(les autres  jouent le peuple des villes, cherchent de la nourriture et se plaignent de la faim)

Quelques  pillards se mirent à attaquer les paysans pour leur dérober de quoi manger.

Cela arriva aux oreilles de Kei-Ui, le conseiller de l’Empereur.

 

Nati / le chef des pillards (à Fred/ Chang Yang le paysan) : Nous avons faim ! Vous avez à manger pour nous tous. Donnez-nous la moitié de vos réserves. Et tant que nous y sommes, nous emporterons quelques vases et quelques tapis.

 

Fred / Chang Yang le paysan : Jamais de la vie. Vous n’avez qu’à travailler au lieu d’attendre qu’on vous nourrisse.

 

Nati / le chef des pillards : Mais nous travaillons quand nous le pouvons.

 

Fred / Chang Yang le paysan :  Nous avons tout juste assez pour nous. Pas question de partager.

 

Théo / le chœur : Cela arriva aux oreilles de Kei-Ui, le conseiller de l’Empereur.

 

Léo (Kei-Ui ) : Bonne affaire ! Je deviendrai bientôt Empereur à la place de l’Empereur.

 

Théo/ le chœur : Et en effet, quand le vieil Empereur fut malade, Kei-Ui le fourbe paya grassement un grand nombre de messagers qui s’en allèrent répandre aux quatre coins du pays la rumeur suivante : le vieil Empereur n’était plus capable de défendre le peuple contre les pillards. En revanche, lui, Kei-Ui, se faisait fort de les protéger tous et de les débarrasser des affamés qui les menaçaient.

 

Léo : le vieil Empereur Lê : Eh, attendez un peu ! Je suis encore là !

 

Le peuple : (Nati et Fred) : Vive le nouvel Empereur ! Nous n’avons plus peur ! Kei-Ui nous protègera et résoudra tous nos problèmes.

 

Léo : Excuse-moi Théo mais cette dernière phrase me paraît un peu faible. Ca sent la sitcom américaine à plein nez.

 

Théo : Mais vous êtes pénibles à la fin, on peut improviser là dessus… Kei-Ui nous donnera de beaux programmes télé, Kei-Ui nous donnera un idéal dans la vie…

 

Fred : Ce n’est pas franchement mieux.

 

Théo : L’essentiel c’est la situation. Il faut que le public comprenne la situation.

 

Nati : Ca me semble assez clair.

 

Fred : Mais pourquoi ta pièce s’appelle-t-elle « Comment Kei-Ui détruisit les montagnes ? »

 

Théo : Tu vas voir. Ca s’explique à la fin.

 

Nati : On se dépêche un peu, là, parce que je prends mon service à vingt et une heures. Fred, tu rentres de plus en plus tard.

 

Fred : Pas le choix. Si je veux garder mon boulot, faut que je finisse les projets dans les temps.

 

Léo : Ou qu’ils embauchent.

 

Fred : Rêve toujours, papa. On n’est plus dans ton monde.

 

Théo : Bon, on lit la scène suivante, donc ?

 

Nati : En vitesse, alors.

 

Théo (le chœur) Le Sage des montagnes essaya en vain d’avertir le peuple.

 

Léo / le Sage des montagnes : Peuple des campagnes, ne renoncez pas à tout ce qui fait votre vie.

 

Fred et Nati (le peuple ) : Mais nous y avons déjà renoncé ! Les choses ne sont plus comme autrefois ! Le pays n’est pas sûr ! Les pillards volent nos provisions ! Tous les jours ils sont plus nombreux. Nous devons dormir dans nos garde-manger et nous ne pouvons plus aller aux courses de chiens ou aux compétitions sportives qui faisaient notre bonheur.

 

Fred : Courses de chiens, tu es sûr ?

 

Théo : Ou quelque chose d’approchant… Je chercherai sur  wikipedia !

 

Fred  : Les anachronismes sont intéressants jusqu’à un certain point, mais c’est quand même un effet facile.

 

Théo : Oui, bon, c’est du détail, c’est la situation qui compte. On reprend ?

 

Léo / le Sage des montagnes : Kei-Ui n’a qu’une seule ambition : s’enrichir et enrichir ses proches.

 

Nati et Fred / Le peuple : Tant que nous aurons nos montagnes, nous serons riches. Nos montagnes nous protègent, c’est une vieille tradition qui le dit. Pour le reste, nous faisons confiance à Kei-Ui, il s’occupera de tout.

 

Léo : Tes métaphores sont un peu poussives.

 

Théo : Attends, tu vas voir la suite.

 

Nati : Oui, eh bien, demain peut être, parce que là j’y vais. (elle sort)

 

Fred : Et moi je vais cuisiner quelque chose. Je peux compter sur ton aide, l’artiste, où tu as une urgence d’écriture ?

 

Théo : Steve a dit qu’il nous préparait une spécialité.

 

Fred : Pas sûr d’aimer le ragoût de kangourou.

 

Léo : Toujours les clichés.

 

Fred : Oui, j’aime ça les clichés, papa. Ca me repose. ( Fred et Léo sortent.)

 

Théo : J’arrive dans deux minutes

 

 

Théo : (Au public) : C’est comme ça chez nous tous les jours. Un asile rempli de fous qui aiment la vie et  qui n’hésitent pas à jouer mes pièces de théâtre même si - comme dit mon grand-père Théo - jusqu’à nouvel ordre  Brecht a fait beaucoup mieux. Mais bon, je n’ai que dix-sept ans après tout. Et normalement, il y a deux personnes en plus. Mon petit frère Valère, qui est à l’hôpital, et ma grand-mère Sylvie qui est quelque part sur la route avec son sac à dos. Avant, il y avait aussi mon arrière-grand-père Armand, qui est mort il y a six mois. Et parfois, il y a en plus un ou plusieurs voyageurs qui dorment dans la chambre du grenier, là-haut. En ce moment, c’est Steve, un Australien qui joue du didgeridoo. Mon père, il a demandé si possible que Steve arrête de jouer quand il rentre du boulot. C’est dur pour lui là bas en ce moment dans son entreprise, alors quand il rentre, le plus qu’il puisse accepter, c’est de jouer  un petit rôle dans ma pièce. Ce qui est déjà, je trouve, une grande preuve d’amour paternel.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 19:30

 

Il s'agit d'un texte à jouer en atelier  ou groupe théâtre pour des enfants et des adolescents

La "porte sur l'autre pays" conduit sur une scène les personnages de cette pièce.

C'est une thématique née de mon expérience en atelier et option théâtre, et qui revient régulièrement dans ce que j'écris: l'idée que le théâtre ( et l'art en général) n'est pas un luxe mais une nécessité, et que par la pratique artistique les enfants et adolescents se construisent  et se trouvent. Il n'y a pa de miracle mais simplement des humains plus forts pour affronter la vie.

 

Ce texte n'est pas (encore?) publié

 

porte007.gif

 

 

Milou

Stef

Babou

Yazid

Marco

Anton

Sabrina

MK

Nadia

Sofi

Yoda

(Selon les possibilités, Babou peut être une fille  au lieu d’un garçon)

 

 Scène 1

 

Milou : (entre avec des planches) Marre de recevoir des ordres : (voix aigue)  « Porte ça , Milou. » (voix moyenne)  « Va acheter le pain , Milou. » (voix grave) « Jai pu d’cigarettes, Milou » »  Aucune différence. Ici, là bas.  Chez ma mère. Au foyer. A l’atelier du patron .Tout pareil la vie.

 

Stef : T’exagères. C’est pas à ce point là.(entre en traînant des tôles, ou éventuellement des plaques de lino ou de toile enduite) J’ai réussi à chtoublarver ça.

 

Milou : Tu fais trop de bruit

 

Milou essaie d’assembler des planches, en les retenant de ses main, pour voir l’effet produit

 

Stef : T’as même pas de clous

 

Milou : Ioda les apporte

 

Stef : Elle tient vraiment à ce nom ridicule ?

 

Milou : Oui, elle aime mieux ça que Janine

 

Stef : Ouais, bon..

 

Stef imite Milou, mais  avec les tôles, sans grand succès

 

Milou : Sofi apporte des cartons, il y en a plein chez son père. Yazid apporte d’autres planches. Nadia des pots de peintures.

 

Milou : Et  Babou ? Il apporte quoi Babou ? (où : Elle apporte quoi..)

 

Milou : Il porte rien, Babou. Il crie, ça il sait bien faire.

 

(voix de Babou) « Milou, il reste des planches ! viens les chercher ! »

 

 

Scène 2 

 

 

Les amoureux, enlacés, près du tas de matériaux provisoirement abandonné par Stef et Milou. Marco tire de sa poche une petite boite , en sort une paire de boucles d’oreilles, les donne à Sabrina qui les essaie.

 

Marco : Elles te vont bien

 

Sabrina : Tu me fais trop de cadeaux, mon Marco. Je ne sais même pas où tu prends l’argent.

 

Marco : Rien n’est trop beau pour toi, ma douceur.

 

Sabrina : Je t’aime mon Marco.

 

Silence.

 

Sabrina : Et pour le bébé, on fait quoi ?

 

Silence.  Entrée de Maman Krismeuss, clocharde, chargée de sacs, qui s’installe dans son endroit favori sans s’occuper d’eux)

 

Marco : Je réfléchis, ma douceur. Je réfléchis.

 

Silence. Elle sourit de toutes ses forces. Il l’embrasse, se lève, sort.

 

Chanson de Sabrina :

 

J’ai mal au cœur de toi mon bébé dans mon ventre

Ca ressemble pas tellement à ce qu’on m’avait dit

Pour le conte de fées, j’crois qu’il faudra attendre

L’père Noël m’a gâtée, mais il a mal choisi

 

J’aimais mieux les fou-rires avec les copines

J’aimais mieux les rêves  le soir dans mon lit

J’aimais mieux  le temps d’avant aujourd’hui

C’est un mauvais téléfilm

Une télé réalité de la vraie vie

J’veux sortir de l’écran

Avant que ça finisse mal

Avant que ça finisse mal

 

 

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