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  • : Le blog de danielle vioux
  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 09:31

 

 

J'essaie en vain de  transférer ici l'enregistrement... Est ce que quelqu'un peut m'aider?

 

voici le lien donné sous l'enregistrement

 

<object type="application/x-shockwave-flash" id="196914" data="http://www.festi.tv/v/667531a0014777096c940dda9

 

et voici le lien pour la page sur festi tv

 

http://srv04.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=501315726760

 

web tv

web tv

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 19:31

ambulance

 

Cet été j'ai écrit deux textes, dont celui-ci. Je n'avais pas écrit de texte  pour adultes depuis 2006, à l'exception des pièces radiophoniques en anglais et en français et de mes contributions à deux textes collectifs du  site   "  le Proscénium " : "Pourquoi se marier?" pour "Les chaines du mariage" et "Solidarité" pour "Abécédaire"

N'hésitez pas à visiter ce site pour y lire ces textes et les autres!

 

"Dans la glu... "  et est une fiction inspirée  par des évènements réels.

On peut lire un bref extrait dans les "pages" de la colonne de droite.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 23:59

Je suis actuellement au jury de l'UNICA pour le festival de courts métrages qui se passe cette année au Luxembourg. Beaucoup de plaisir et beaucoup de travail...

 

linkunica.jpg

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 13:41

  lectures med web [DVD (NTSC)]

 

 

Aujourd"hui, Jean Yves Picq a fait une très belle lecture de trois de ses textes

 

Nous en sommes sortis à la fois un peu plus en colère sur l'état du monde et un peu plus décidés à faire entendre nos voix....

 

 

Pour rappel, il reste 3 dates la semaine prochaine pour le cycle de lectures "Voyages de mots en Méditerranée"
à 10h 30 à Présence Pasteur , rue du Pont Trouca, Avignon
Entrée 5 E

 

 

Le mardi 26: Des extraits de plusieurs textes des auteurs d"Envie de Méditerranée

Puis nous lirons l'une de mes pièces, "Respirer encore" ( publiée à l'automne prochain).

 

Le mardi 27: D'autres "Envies de Méditerranée " puis un texte du Libanais Gabriel Boustany, "Translation" ( qui se situe cependant en Irak)

 

Le mardi 28, extraits de textes de Habib Ayyoub, Keltoum Srtaali et Mohamed Zaoui

( Algérie)

 

Nous vous attendons nombreux pour soutenir ce projet

 

Je rappelle qu'il s'agit de faire entendre des voix de théâtre pour voir si elles font écho au bruit du monde...

et la réponse est oui, bien sûr

 

Pour rappel aussi, des auteurs et une vingtaine de comédiens de compagnies différentes se sont engagés sur ce projet..

 

Nous avons découvert des auteurs passionnants, et les lectures

ont exploré des formes diverses, avec beaucoup de créativité, tout en donnant à entendre les textes de manière très efficace

 

Donc, si vous ne pouvez vraiment pas venir les 26, 27 et 28 parlez en du moins à votre réseau!

 

merci

 

Danielle

 

PS le prog complet est sur theatrecontemporain.org et sur http://daniellevioux.over-blog.com, ainsi que sur koolyss

 

PPS je lis "Respirer encore" et "Ash tray" pour la ligue de l'enseignement à 19h le 26, à L'Ecole du spectateur place des Corps saints

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 12:52

 

 

lectures med web

 

Le cycle de lectures   arrive à sa 3e semaine !

Pour rappel, l’idée est de (re)découvrir des auteurs, entendre des écritures. Et bien sûr de tisser des liens entre les voix qui racontent d’une rive aux autres de la Méditerranée. L’actualité y est riche de possibles, d’énergie, de revendications, de désirs, mais tragique aussi parfois. Que nous disent du monde les mots de la fiction  et du théâtre?

 

Cette semaine :

Le 19, une carte blanche à Moni Grego

Le 20, « Il » , de Driss Ksikes ( Maroc)

Le 21 une carte blanche à Jean Yves Picq

 

La semaine suivante

Le 26, Des extraits des « Envies de Méditerranée » ( ouvrage collectif  publié par les EAT Méditerranée), puis nous lirons un de mes textes, « Respirer encore »

Le 27, d’autres extraits d’ »Envie de Méditerranée» , puis un texte de l’auteur Libanais Gabriel Boustany, « Translation »

Le 28, journée consacrée à l’Algérie, avec des textes de Keltoum Staali ( en sa présence), Habib Ayyoub, et pour terminer le cycle, « Requiem pour une île » de Mohammed Zaoui ( En sa présence)

 

La semaine dernière, nous avons eu de belles émotions théâtrales avec les lectures de Moni Grego, René Escudié, André Morel de leurs propres textes, ainsi que par les lectures des textes de Jalila Baccar, Mar Diez, (dont la famille nous a fait l’honneur de sa présence), José Manuel Mora ( avec le soutien de David Ferré, traducteur) et  finalement Jalie Barcilon, venue avec ses comédiennes, et qui a carrément rempli la salle!

 

Nous vous attendons nombreux pour la suite….

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 22:54

lectures med web [DVD (NTSC)]

 

 

 

Avignon off 2011 : Voyages de mots en  Méditerranée

 

Les lectures ont lieu à Présence Pasteur  commencent à 10h 30 et durent environ 1h 15  Tarif : 5E.  La librairie « Evadné-Les genêts d’or »  proposera des livres des auteurs lus, en dépôt à Présence Pasteur et à la Librairie du festival.   

 

samedi 9 juillet

présentation du cycle de lectures . Extraits de « Culture et violence en Méditerranée  de Salah Stétié, (Liban) Extrait de « Jennine » de Etel Adnan ( Liban)

 « Eli ju » et « Les enfants du capitaine »  de Danielle Vioux   (France)

 

mardi 12 juillet 

Envies de Méditerranée 1  Textes de  René Escudié  et André Morel    lus par les auteurs

Tunisie : Long extrait de  « Junun » de Jalila Baccar

 

mercredi 13 juillet

Envies de Méditerranée 2  Moni Grego

Espagne  Extrait de « Le  plus beau travail d’Elsa » de Mar Diez  Long extrait de  «  Les corps perdus » de José Manuel Mora .  En présence du traducteur  David Ferré

 

jeudi 14 juillet

Egypte/ France :  « Road Movie Alzheimer » lu en présence de l’auteure  et metteure en scène : Jalie Barcilon  par ses comédiennes   Susanne Schmidt -Marie-Pierre Weinzel – Kelly Rivière Chargée de Production : Maud Miroux   Production : Compagnie Lisa Klax

 

mardi 19  juillet

Carte blanche   à Moni Grego

 

mercredi 20 juillet 

Maroc :   long extrait de« Il » de Driss Ksikes

 

jeudi 21 juillet

Carte blancheà  Jean- Yves  Picq

 

mardi 26  juillet

Envies de Méditerranée 3    extraits  de textes d’Aïdée Bernard, Gilles Desnots, Marcel Moratal, Denis Cressens, Armel Marin , Habib Ayyoub    

« Respirer encore » de Danielle  Vioux 

 

mercredi 27  juillet

Envies de Méditerranée 4    Textes d’Alain Gibaud, Jean Claude Grosse

Liban :  Long extrait de Translation Texte de Gabriel Boustany

 

jeudi 28 juillet  Algérie textes de Habib Ayyoub ( extrait de « Le diable m’en est témoin »)( présence de l’auteur)  et Keltoum Staali ( présence de l’auteur)  lus par des comédiens

Long extrait de  « Requiem pour une île »  de  Mohammed Zaoui ( présence de l’auteur sous réserve)

 

Organisation et coordination : Danielle Vioux, à la demande de Pierre Lambert, Théâtre de l’Espoir.

Comité de lecture : Monique Piguet, Deborah Pope ( Théâtre des 1001 Portes) pour l’ensemble, Keltoum Staali ( Salon Djezaïr) pour l’Algérie , François Nicolas pour le Liban, Eric Beyner ( Grete : www.grete.org).

Avec l’aide et les conseils de David Ferré pour l’Espagne et des EAT Méditerranée pour les « Envies de Méditerranée ». Merci aussi à tous les auteurs qui m’ont répondu

Les lecteurs :  Sylvie Boutley, Nini Dogskin, Aïni Iften , Michèle Rochin, Michèle Sebastia, François Cotrelle

 Christophe Lancia, Sébastien Faure (SR), André Lévêque  François Nicolas, Laetitia Langlet, Marie Mosser, Benoît Gontier,  Tamara Scott Blacud, Jean-Michel Guieu,  la compagnie «  le coq est mort », les auteurs, le comité de lecture….Les musiciens : Jade Ros, Elinji Lombume, Maxime Saulnier, Réjane Maille

………….. et peut-être  quelques invités surprise.

Contact :   daniellevioux@ gmail.com      06 86 83 72 42   ou   Présence Pasteur

 


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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 18:48

 

ado-6.jpg

 

 

La pièce "Les enfants de Spartacus" ( pièce écrite il ya quelques mois)  entre dans le circuit  "Cherche un éditeur" et   "Cherche troupes intéressées"

 

...Il s'agit d'une pièce  pour jeunes acteurs ( 7 garçons, 7 filles de 13 à  20 ans ) d'une durée de 30 mn environ.

 

Le thème: A la suite de la mort de leur ami Liam; des adolescents s'interrogent  ( et nous interogent) sur les causes de cette mort. Eux qu'on a accusés bien des fois d'indifférence, voici qu'ils se découvrent et se révèlemet plus solidaires et plus déterminés  que le monde adulte où ils sont plongés.


Leur conclusion:

 

Le chœur : Il va falloir arrêter de nous prendre

                   Pour  des écervelés

                   Si on a l’âge du deuil,

                  On a l’âge de l’amour aussi

 

                   Si on a l’âge de rendre compte

On a l’âge de la parole libre aussi

L’âge de se faire entendre

                   Il va falloir compter avec nous

 

Elo : Parce qu’on écoute et on regarde

 

 

Mélanie : Et on réfléchit.

 

( Tous la regardent)

 

Jade : Liam voulait vivre, ne vous y trompez pas

           Et nous on veut vivre pour lui aussi

 

Elo : Mais pas vivre n’importe comment

 

Victor : Pas vivre inutiles

 

Marius : Pas juste pour acheter et acheter encore

 

Madjid : Ou pour vérifier que je n’ai pas les moyens de toute façon

 

Le chœur : On est les émerveillés

                   Les vocaux

                   Les sauvages

                   Les rebondissants

                   Les solides

                   Les agiles

                   Les savants

 

On est les enfants de Spartacus

Et on est ensemble.

 

Vous trouverez le début de la pièce dans les extraits colonne de droite.Contactez moi pour le reste....

Texte déposé SACD

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 23:45

                              NukeBUSIN046.JPG

 

 

 

20 décembre : J’ai passé plein d’examens et ils disent que ça va, et moi, je suis bien obligé de les croire de toute façon. Le vieux Clément est debout, la capoeira résonne ! Deux aux instruments, quatre à la danse (une autre femme nous a rejoint, une rousse plutôt silencieuse mais au sourire chaleureux, la trentaine). Clément nous mène un train d’enfer, il chante, il jure, il joue, il virevolte, faut croire que ça conserve ce truc là. C’est un plaisir physique immense, une jubilation. Sentir l’espace, le triangle où l’on inscrit les pieds sans cesse en mouvement, les feintes, main au sol, pieds dans les airs, tu m’attends là, je suis ailleurs, grand éclat de rire, capoeira ! Ce n’est pas pour rien qu’on dit « jouer » la capoeira, ça n’est pas la force qui compte mais la ruse, l’agilité, le goût du jeu et de l’esquive, l’esprit d’enfance, le plaisir du risque, l’espace, le rythme, le rire du « malandro » ! Danse, danse sur un volcan, vieux Clément. On dansera tous ensemble. Et si on glane quelques rires au passage, tant mieux.

 

26 décembre : On a fêté Noël sans grand enthousiasme. La nourriture n’était pas très bonne mais on a bu du vin. La plupart des gens ont essayé d’en avoir plus que leur part pour se saouler et dormir. On en est au point où le nombre de morts diminue tandis que le nombre de dépressions et de délires augmente chaque jour. Naturellement, ils ne savent pas quoi faire, ils laissent aller les choses, encore un peu plus de calmants et puis voilà. Peut-être qu’ils nous laisseront sortir bientôt (mais pour aller où ?). Et tant pis si j’en meurs quand même dans quelques années… on verra bien.

 

28 décembre : Clément est à nouveau malade, mais il a encore assez d’énergie pour m’engueuler quand je me résigne. Il dit que, si je suis malade dans quelques années, il faudra que je me batte pour prouver le lien avec l’accident ; que ça ne servira probablement à rien mais, qu’au moins, je garderai ma propre estime. Et cætera, et cætera. En attendant, il faut continuer l’entrainement et danser, danser, danser. Y’a qu’à regarder les autres sur leurs lits pour savoir qu’il a raison.

 

31 décembre : Le vieux Clément est mort cette nuit. Un infirmier m’a apporté son opinel et le berimbau, il avait tout mis dans un sac avec mon nom dessus : « pour Florian ». J’espère seulement que ça n’a pas été trop dur. Peut-être qu’il dormait mais je ne crois pas. C’était pas son genre. En tout cas, il était seul.

 

1er janvier 2037 : Une nouvelle année, et je suis toujours vivant. On va continuer l’entrainement tous les cinq, et peut-être même qu’on en trouvera un ou deux de plus. Je leur apprendrai tout ce que le vieux Clément m’a appris ; et je commencerai chaque séance par le rythme

qui porte son nom :

« Dis-moi, quel fut ton maître,

Dis-moi, quel fut ton maître,

Mon maître fut le vieux Clément,

Le vieux Clément fut mon maître,

Et moi, je suis Florian et je danse,

CAPOEIRA »

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 22:12

 

Et merci à Tom qui a pris le temps de recopier toute cette série de nouvelles pour moi dans l'ordi!  ...........................

 

 

                                       cebolinha-h [DVD (NTSC)]

 

Capoeira! ( suite)

 

 

25 novembre : Je me suis fabriqué une espèce de tambour avec une vieille poubelle dont j’ai découpé le fond. Aux extrémités, j’ai tendu de larges bandes d’adhésif industriel, en couche épaisse, jusqu’à ce que ça fasse comme une peau. Ma main gauche est nue ; à la main droite je tiens une branche avec un chiffon roulé serré à un bout. Le vieux m’a appris les rythmes, c’est plutôt facile et ça résonne dans le ventre comme un appel, quelque chose de vital, je ne peux pas mieux dire. Moi avec mon tambour et le vieux Clément avec son arc en ferraille, on fait une belle paire. On a trouvé un endroit vraiment tranquille pour s’exercer, une petite cour où personne ne vient jamais. La vie ici est un curieux mélange d’interdits et de tolérances. Avec le bruit qu’on fait, on aurait du s’attirer des remarques depuis longtemps, mais non, rien. Les infirmiers, les médecins, même les gardes, je les ai vus rigoler, mais la plupart du temps, ils font comme si on n’existait même pas. Ils nous jugent sans doute inoffensifs.

 

30 novembre : Le vieux Clément est malade. Impossible de savoir si c’est sérieux ou pas, il ne veut rien dire : mais quand je vois son regard ça m’inquiète. En tout cas, pas question d’entrainement ces derniers jours. J’ai passé de longs moments à côté de son lit. La plupart du temps il somnolait en gémissant un peu. Plusieurs fois il s’est réveillé, il m’a raconté des histoires de sa jeunesse. Il dit qu’il ne croit pas avoir connu ma grand-mère, mais qu’il aurait bien aimé. Il riait doucement, sans doute de bons souvenirs. Je lui ai demandé si le monde avait changé comme il l’avait prévu. D’après lui, malgré « les machines et les gadgets » (ses propres mots), les gens sont toujours les mêmes. Les riches sont plus riches et les pauvres plus pauvres et ce n’est même plus la mode de s’intéresser à ça. De temps en temps, ici ou là, il y a un groupe humain qui s’énerve et qui essaie de tout casser, mais dans l’ensemble on sait étouffer ce genre d’histoire assez vite. A quoi bon pleurer sur quelques milliers de morts supplémentaires dont on ne connait même pas le nom ? La plupart du temps, il y a une centaine de guerres en cours, ici ou là (de préférence là). Quand j’étais gamin je mélangeais tout en regardant la mondivision, je veux dire je ne savais jamais si c’était des films ou des séries ou alors de vraies guerres. Je fais moins d’erreurs maintenant mais j’ai toujours l’impression désagréable que, s’ils ne me consultent jamais sur le scénario, il se pourrait fort bien qu’ils me demandent un jour, contre mon gré, de faire un peu de figuration… enfin, si l’on évite les zones de combat, les attentats, les accidents routiers ou aériens, les maladies dues à la pollution, les accidents chimiques ou nucléaires de type courant, on peut espérer avoir encore assez de chance pour échapper aux rixes, aux émeutes, et aux francs-tireurs schizo-visionnaires. Dit comme ça, on peut penser que c’est un monde invivable. Ben non, même pas. Moi, j’y vivais raisonnablement content jusqu’à cette affaire. Faut dire que j’avais pas de quoi comparer. De toute façon, Clément dit que ça a toujours été un truc ou l’autre, et qu’il faut s’accrocher quand même à la vie, qu’il n’y a rien de mieux. Qu’il faut voyager, et se battre contre tout ce qui nous semble mauvais, et rire avec les amis et tomber amoureux, faire des enfants, écrire des livres, inventer des musiques. Je voudrais bien qu’il ne meure pas tout de suite. Et moi non plus, j’ai pas envie de mourir. Pas avant d’avoir tout essayé.

 

15 décembre : Clément va mieux, mais il est toujours couché. Il m’a raconté ses voyages au Brésil, les gens qu’il a connus là-bas. Son visage s’illuminait. Je ne sais pas bien ce que ces gens avaient de spécial. D’après ce qu’il dit, la situation là-bas n’était déjà pas brillante alors. Enfin, il faut croire qu’ils savaient quelque chose que lui ne savait pas, et qu’ils la lui ont apprise. Il m’a chanté tous les rythmes de berimbau en m’expliquant leur sens : celui-ci signifie « attention, le maître arrive » ; tel autre « la police poursuit un esclave en fuite ». Ca me plait, cette idée de passer des messages avec un rythme. Clément jure qu’il sera debout bientôt, et me presse de trouver d’autres partenaires pour s’entraîner avec nous : on aura la musique et la danse en même temps. Moi j’aimais bien être seul avec lui, mais tant pis, il a raison. Je vais chercher.

 

15 décembre : Il y a une fille qui est venue d’elle-même. Dans les vingt ans. Le genre qui m’aurait tétanisé sur place autrefois, mais c’est drôle, je n’ai plus de désir. De mon côté, j’ai contacté un type qui fait le ménage dans les bâtiments et, quelque fois, des tours de garde, la nuit. La trentaine sympathique, de l’humour (il en faut, ici, pour tenir le coup. J’espère au moins qu’ils le paient bien, mais j’en doute). Pour finir, il y a un gamin, d’une douzaine d’années, qui trainait tout seul depuis quelque temps et qui s’accroche à moi comme la glu. J’ai commencé à leur apprendre les attaques en attendant le retour du vieux. Ils se débrouillent bien tous les trois. Même quelques esquives un peu acrobatiques, roues, roulades et sauts en l’air, ne leur font pas peur. Mais pour le berimbau c’est moi le roi ! J’ai même fabriqué un « caxixi » avec des branches souples tressées et des graviers. J’ai inventé un rythme nouveau qui signifie : « vieux Clément tu es ma famille et je t’aime ». Je suis allé le jouer au vieux dans sa chambre, on y est allé de notre larme tous les deux. Après, on s’est raconté des histoires et on a ri. Il voulait tout savoir sur ma vie avant, sur mes amours, sur les cours de capoeira avec moi comme professeur. Plus tard, j’ai encore pleuré tout seul dans mon lit. J’avais des douleurs dans tout le corps, de la fièvre. Peut-être que c’est juste la grippe, peut-être pas. J’espère que je retrouverai mes parents, j’espère encore. J’en ai besoin pour tenir, je ne peux pas faire autrement qu’espérer.

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:52

 

Cette nouvelle est également un monologue pour le théâtre

 

                                          IS403-026.jpg

 

 

 

 

                            Capoeira


 

5 septembre : Hier, nous avons commencé les cours de capoeira. Le vieux m’a étonné. Vraiment. Sans compter l’état où nous sommes tous, cette vieille fatigue, et tous les examens qu’ils nous font subir tous les jours. Quand il s’est mis à chanter pour accompagner sa danse, je me suis senti rempli d’une énergie que je n’aurais jamais cru avoir. Personne ne nous a empêchés de faire notre petit jeu. Des infirmiers sont même passés en rigolant. Ils vont sans doute écrire un rapport disant qu’on est complètement dingue, mais ce n’est pas le pire qui puisse nous arriver.

 

17 septembre : Gros accès de déprime. Trois morts hier. Evacués discrètement, mais l’information passe toujours. Ca me rend fou furieux de penser à ces morts imbéciles, à cet accident qui aurait pu être évité ; sans compter qu’ils auraient pu nous avertir, je ne sais pas moi, quelque chose comme « restez chez vous », « prenez une douche ». Mais non, rien. J’ai pas envie de mourir à dix-huit ans, c’est trop bête. Le vieux a essayé de me consoler ; il taillait une longue branche de noisetier avec son « opinel », une vieillerie qu’il a toujours dans sa poche et qui lui vient de son propre grand-père. Il a dit que des accidents comme ça il en avait connu plusieurs dans sa vie, qu’on n’avait jamais réussi à obtenir des informations dignes de ce nom parce qu’ils avaient trop peur qu’on leur foute leur pouvoir en l’air, et cætera, et cætera. Si j’ai bien compris, le grand-père du vieux ne lui a pas seulement légué son opinel, mais aussi ce qu’il appelle « ses idées anarchistes ».

 

10 octobre : Avec la branche, le vieux a fabriqué une espèce d’instrument de musique, un arc avec une « calebasse » dessus (une boite de conserve, en fait). On tape avec une baguette sur le fil de fer qui tend l’arc, et la calebasse s’appuie par instants sur la poitrine du musicien pour faire caisse de résonnance. Ca donne un rythme lancinant qui ferait mourir de rire la plupart des jeunes de mon âge. Il faut bien le dire, question musique, c’est un peu la préhistoire. Mais ça m’a rappelé de vieilles cassettes que ma grand-mère me jouait quand j’étais petit. En y réfléchissant bien, elle était un peu dingue aussi cette grand-mère. Il me revient des fragments d’histoires qu’elle racontait, des voyages, tout ça. Si ça se trouve, ils se sont connus quand ils étaient jeunes, ma grand-mère et le vieux. Faudra que je lui demande.

 

21 octobre : Tout d’abord, il y a « martello », le marteau : on lance le pied face au partenaire, l’autre jambe un peu pliée pour abaisser le centre de gravité. On s’arrête à un millimètre du menton de l’autre, mais de toute façon la plupart du temps, l’autre réussit à éviter le coup, surtout quand c’est ce vieux malin de Clément (je connais son nom maintenant). Il a aussi « le ciseau » et puis « Rabo de araia », ou quelque chose comme ça. Le vieux n’est pas très sûr des noms, mais il se rappelle les mouvements avec son corps comme si c’était hier, à ce qu’il dit. Moi je trouve que c’est plutôt un combat qu’une danse, c’est d’ailleurs pour ça que ça me plait. Clément raconte qu’autrefois, au Brésil, les esclaves noirs venus d’Afrique s’entrainaient à se battre ainsi. Mais comme c’était interdit, ils faisaient comme si c’était une danse. Et ils jouaient aussi cette musique avec l’arc à la calebasse qui s’appelait « berimbau ». Comme ça, je comprends. Et vraiment, on rigole bien. Ca n’empêche pas le cafard de revenir après, quand on va faire les examens, les prises de sang, quand on a des tubes partout et qu’il faut rester sur le lit sans bouger avec des idées noires ; mais je pense à la séance du lendemain, et ça me donne du courage.

 

3 novembre : Ca peut sembler bizarre que je passe tout ce temps avec le vieux, mais je n’ai jamais été très heureux avec les jeunes de mon âge. Pas malheureux non plus je veux dire. Ils m’acceptent bien, je ne suis pas différent en apparence, je ris des mêmes blagues, j’écoute les mêmes musiques et j’ai eu une bonne quinzaine de petites amies depuis mes quatorze ans. Mais plus que tout j’aime la solitude et réfléchir à la vie, à la mort, à ce que je veux faire si je m’en sors. J’aimerais voyager mais on dirait que ça se fait de moins en moins, je suppose qu’il est plus facile et plus sûr de voir le monde sur un écran vidéo. De plus ils en passent tellement, de ces vidéodocs, qu’on a toujours une impression de déjà-vu, alors à quoi bon ?

Et puis pour ça il faudrait que j’aie de l’argent, donc que je travaille, et avec un emploi pour dix à quinze personnes je ne suis pas près d’y arriver. Autrefois, j’aimais bien l’école et je me débrouillais plutôt bien en informatique et communication, et puis d’un seul coup, tout m’a paru totalement absurde alors j’ai laissé tomber. C’était il y a un an et je n’ai toujours pas trouvé ce qui pourrait m’intéresser. Mes parents n’étaient pas contents, ils ont essayés toutes les thérapies de la planète, ils se font vraiment du souci pour moi. Enfin de toute façon, impossible de savoir s’ils sont encore en vie à l’heure qu’il est. On ne sait jamais, peut-être qu’ils sont dans un autre camp comme celui-ci, « zone à faible risque de contamination » ça s’appelle. Quand je vois le nombre de morts tous les jours, qu’est-ce que ça doit être ailleurs. Moi je crois qu’ils appellent ça comme ça pour nous remonter le moral. Quoi qu’il en soit, c’est plutôt rare. La plupart des gens restent allongés sur leur lit toute la sainte journée, devant des vidéoséries du genre «  tu m’en achètes six milles épisodes et je t’en donne soixante en prime ». C’est facile d’avoir des calmants en prétextant qu’on a mal, les infirmiers sont débordés alors ça les arrange. Parmi les «  malades » il y a un marché noir de produits divers. Je me demande comment les gens peuvent penser à faire de l’argent dans ces circonstances. Quant à Clément, il rigole et il dit : «Rien de nouveau sous le soleil ». Drôle de soleil.

 

( à suivre)

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