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  • : Le blog de danielle vioux
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  • : Extraits de textes (théâtre, nouvelles, romans, fragments,poèmes, chansons) textes brefs et chroniques, Liens avec d'autres sites d'artistes croisés sur ma route. J'attends d'autres rencontres artistiques, d'autres projets, des propositions pour créer ensemble.
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  • danielle vioux
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée,  Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée 
Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.
  • .J'écris pour le théâtre, et des romans, des nouvelles, des scénarios, de la poésie. J'ai enseigné l’anglais et le théâtre en lycée, Membre du Grete ( théâtre / éducation) , Présidente des Eat Méditerranée Lectures, mises en espace ou mises en scène, stages.

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 15:53
Texte écrit pour Impromptus littéraires

Consigne "Une contrée imaginaire"
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Oubliés

4 ianvrou

Ca y est, j’ai réussi. Je suis passée. Je n’écrirai pas ici comment, au cas où ces writpism tomberaient entre leurs mains. Je ne voudrais pas causer d’ennuis à ceux qui m’ont aidée. Moi, ils peuvent m’interroger. Je ne dirai rien.

 

6 ianvrou

Je me suis installée dans un petit  albregho  proche de la mer, au bout de la plage. La mer est d’un violet sombre aux reflets argentés, le sable d’un blanc bleuté. Quelques pêcheurs essaient d’améliorer leur ordinaire mais on dit que les eaux de cette mer ne renferment plus grand chose. De baigneurs, point. Le patron de l’albregho est un vieil ours taciturne et discret, ça me convient. Il ne pose pas de questions. Quand je suis rentrée à l’heure des repas il dépose sur la table devant moi une assiette remplie  de plats étranges mais qui sentent bon et que je dévore volontiers . Si je suis dans ma camroom il frappe à la porte et dépose mon repas devant, à même le sol, sans attendre que j’ouvre. J’ai le sentiment d’être la seule cliente. Il est vrai que l’endroit n’incite guère au tourisme avec ses sombres rues presque désertes et ses habitants pressés dont on ne croise jamais le regard, que le vent est glacial depuis hier et que l’albregho, de surcroît, grince de tous ses murs à vous donner le frisson.

 

14 ianvrou

 

A force de traîner dans le quartier de Sbyhar et d’y boire des srevez  seule à ma table en observant les  consommateurs, j’ai fini par lier connaissance avec quelques habitués qui me tolèrent, faute de mieux. Je ne sais combien de temps il me faudra pour avoir une vraie conversation avec eux. Je ne peux pas rester ici indéfiniment.

 

20 ianvrou

 

Curieusement, c’est le patron de l’albregho qui m’a parlé le premier. Il m’a même dit son nom : Avmal. Ici, c’est une marque de confiance énorme. Je lui ai dit le mien, enfin, celui que je me suis donné ici, Nelzia. Il a souri. Je sais qu’il sait que je mens. Peut-être ment-il aussi. Pour le reste, il m’a parlé des rites de fravel , qui arrivent bientôt. Il m’a conseillé de me cacher pour regarder. Il dit que c’est dangereux pour une étrangère. J’ai osé lui demander si les Autres seraient là. Il  m’a regardé, à hésité. «  Toutes les nouvelles lunes de fravel et d’agsto, oui »

-Et vous aller devoir leur donner......

-Oui. On ne peut pas faire autrement. C’est le prix à payer.

Je sens la vieille peur qui revient, mais aussi l’excitation du danger et de l’inconnu. Je voudrais bien contacter Rez44, mais il faut attendre que le vaisseau soit  suffisamment proche pour pouvoir relayer mon pauvre falamicr vieille génération, ce qui devrait tomber aux pleines lunes de ianvrou, dans trois jours

 

7 fravel

 

Plus que deux jours avant les nouvelle lunes. Dans le quartier de Sybhar  je suis devenue plus proche d’un groupe d’hommes et de femmes qui semblent préparer quelque chose. J’ai été tentée de leur dire d’où je viens et pourquoi je suis là, mais je ne l’ai pas fait. Ils portent tous des vêtements qui cachent en grande partie leur corps. Je sais pourquoi. Je sais que leur corps a été mutilé, amputé bien des fois déjà. Je crois qu’ils vont se révolter . Je crois que j’ai choisi le moment parfait pour venir sur cette planète.

 

15 fravel

 

Je suis cachée dans la cave d’Avmal. Les Autres sont venus sûrs d’eux et repartis en déroute, mais ceux d’ici  y ont laissé bien des vies aussi.  Avmal a disparu et je n’ai presque plus de provisions. Je n’ose pas sortir tant que je n’ai pas une chance de courir au  ponton de décollage pour y retrouver mon passaviek, s’il est encore vivant. Pas après avoir vu les Autres, l’horreur des affrontements, le sang sur le sol, les deux couleurs mêlées. Ma plugcard est pleine d’images et de sons.  Ils me croiront enfin là bas. Ils sauront que ces signaux captés à l’observdom n’étaient pas imaginaires . Ils sauront que les ancêtres de  ces terriens émigrés troisième génération n’auraient jamais dû écouter les promesses des beaux parleurs. 

 

22 favrel

Avmal est rentré dans la nuit. Un vrai sourire, le sourire de quelqu’un qui a fait ce qu’il fallait.

-         Tu vas partir , Nelzia ?

Je l’ai trouvé beau avec ce sourire là, avec son visage fatigué, ses vêtements recouverts de poussière rouge. Il n’y avait pas de poussière rouge à proximité de la ville, de la plage ou de l’albregho.

-         Tu voudrais retourner sur terre, Avmal ?

-         Non, c’est chez moi ici. Malheureusement, c’est aussi chez les Autres. Ils étaient là avant nous. En nous installant ici, nous avons envahi leur espace, modifié l’équilibre de leur écosystème et détruit les petits animaux  et les plantes dont ils se nourrissaient pour y installer les nôtres….Pour eux, il n’est que juste que nous…..

-         Mais la révolte ? les morts ? Vous vous êtes libérés, non ?

-         Libérés de quoi ? Ca fait des décennies , Nelzia. Ils peuvent tout aussi bien dire qu’ils doivent se libérer de nous, qui nous sommes installés chez eux sans y réfléchir...Ca ne rime à rien. Ils partent et ils reviennent. Ils nous tuent, nous les tuons. Parfois ils sont plus forts, parfois c’est nous. Mais on n’arrive pas à trouver de solution. Et pourtant, il faudra bien qu’on y arrive, un jour. Je reviens de chez eux. J’ai parlé avec leurs dirigeants. Je parlerai encore. C’est dur, à cause de tout ce qui nous sépare. C’est déjà dur de se comprendre avec un voisin. Alors, tu imagines !

Il caressait mon visage. Je caressais le sien. Nous sommes restés  ainsi longtemps. Et d’une manière toute naturelle, je l’ai suivi jusqu’à sa chambre.

 

Je ne dirai rien

Je ne dirai rien.

Les beaux parleurs  règnent toujours sur ma planète.

A quoi bon les amener ici ?

Ils ne feraient qu’envenimer les choses.

Ils ont déjà fait assez de mal.

Je vais détruire ce wripism.

 

A quoi bon le dire à ceux de chez moi.

Je ne dirai rien 

Je reste

 

Je n’ai pas peur des Autres.

 

Nous parlerons ensemble, un jour.

 

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Published by danielle vioux - dans créations passées
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