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mes textes voyagent et font escale:


*écriture d'une pièce  ( en anglais) avec d'autres auteurs (un syrien, une australienne...)


*"Alice" voyage en Oregon... à suivre 


*  On peut maintenant écouter la pièce radiophonique "Be yourself"   sur le site onceuponapodcast.com


* je serai présente  au salon du livre de St Victoret le 18 octobre



*répétitions de "Ici ou ailleurs nous serons toujours là" , lecture en musique de nouvelles... bientôt disponible


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  • : Envie de créations croisées. J'écris, et je lis! Vous dansez, jonglez, musiquez, peut être que des passerelles peuvent se créér, peut être que des créations éphémères ou pas peuvent voir le jour. Suis en région PACA.

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Jeudi 1 octobre 2009
Consigne : Un dialogue




RUPTURE / RENCONTRE

 

 

Rupture ( 2003)

 

Le hall d’un théâtre avant le spectacle. Bruits de conversation. Anne arrive en courant vers Léo qui attend.

 

Anne : L’étudiante était en retard. Désolée mon Léo-léo

 

Léo : Arrête avec ce nom ridicule.

 

Anne : Personne n’a entendu.

 

Léo : Je déteste me donner en spectacle.

 

Anne : Tu n’es pas à une contradiction près.

 

Léo : Tiens. Ton billet.

 

Anne : J’ai quelque chose à te dire.

 

Léo  : Moi aussi.

 

Anne : La galerie ?

 

Léo : Non. Ce type ne comprend rien .

 

Anne : Tu ne me demandes pas comment s’est passée ma journée ?

 

Léo : Comment s’est passée ta journée ?

 

Anne :J’ai décroché le contrat

 

 Léo : C’est ça ta nouvelle ?

 

Anne ( trop fort)  Non. Ca c’est juste un hors-d’oeuvre.

 

Léo : Tu es tellement théâtrale.

 

Anne : J’ai des émotions, c’est tout.

 

Long silence

 

Anne : Michaël avait de la fièvre

 

Léo : C’est courant chez les enfants

 

Anne : Je sais, c’est mon troisième

 

Léo : J’essayais d’être gentil

 

Anne : Tu vas avoir l’occasion.

 

Léo : Ca veut dire quoi ?

 

Anne : Je suis enceinte

 

Léo : De moi ?

 

Anne : Ca ne mérite même pas de réponse

 

Léo : Tu m’avais dit…

 

Anne : Je sais. Je le croyais moi aussi.

 

Long silence

 

Léo : C’était ça ta nouvelle.

 

Silence

 

 

Anne : Et la tienne ?

 

Léo : Je te quitte.

 

Anne : A cause du bébé ?

 

Léo : Non

 

Anne : Tu cherchais une excuse. Je te connais.

 

Léo : Ne vas surtout pas croire qu’il y a une autre femme.

 

Anne : Tu n’aurais jamais osé s’il n’y avait pas eu de bébé..

 

Léo :  Tu étais si indépendante autrefois.

 

Anne :  Tu t’es occupé de ça.

 

Léo : Je me suis occupé de tes enfants aussi.

 

Silence

 

Anne : J’ai menti. Il n’y a pas de bébé.

 

Elle pleure. Il la regarde. Silence. Il part. Elle entre dans la salle de théâtre.

 

 

II   -Rencontre  (1998)

 

Médiathèque  de petite ville. Préparation d’une expo de Léo. Anne , qui travaille à la médiathèque, a été chargée de l’aider.

 

Léo : Vous, là, les clous.

 

Anne : Mot magique.

 

Léo : Quoi ?

 

Anne : S’il vous plait.

 

Léo : S’il vous plait.

 

Anne : Même Michaël !

 

Léo : Qui ?

 

Anne : Je n’aime pas ce vert.


Léo : A cause du cuivre.

 

Anne : Même.

 

Léo : Tant pis.

 

Anne : Mais le reste, si.

 

Léo : Vos yeux, votre bouche

 

Anne :Quoi ?

 

Léo : J’aime

 

Anne : Agrafeuse, s’il vous plait.

 

Léo : Votre parfum

 

Anne : Merci

 

Léo : Vous n’êtes pas obligée.

 

Anne : Pour l’agrafeuse.

 

Silence. Il   va travailler plus loin.

 

Anne : Un verre, ce soir ?

 

Léo :  Et comme ça, qu’est ce que vous en dites ?

 

Anne : Chez moi ?

 

Léo : C’est bien, non ? L’espace est mieux équilibré

 

Anne :  Vous me plaisez

 

Léo : Excusez moi, je n’entends pas

 

Anne : Dépêchez vous un peu

 

Léo : Il ne viendra personne, c’est sûr

 

Anne : On parie ?

 

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Par danielle vioux - Publié dans : créations passées - Communauté : d'un art à l'autre
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Jeudi 1 octobre 2009




un peu noyée
à la dérive
trop d'mots partout

ça m'laisse pensive
j'perds mes cailloux
j'suis égarée

j'veux du silence
doux comme la peau
pour mieux entendre

où est l'bateau
que j'devais prendre
l'est en partance

un peu perdue
rumeur du monde
où est la clé

j'compte les secondes
coeur affolé
j'cours dans la rue

je veux r'trouver
un ch'min tranquille
le long d'la mer

compter mes billes
puis, nez en l'air
vagabonder





Par danielle vioux - Publié dans : d'un art à l'autre - Communauté : d'un art à l'autre
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Mardi 22 septembre 2009

consigne: un évènement chamboule tous vos plans....Le texte doit contenir les mots ( dans l'ordre) "Il fallait bien que ça arrive..."


 

 

 

 

Tragédie

 


Il fallait bien que ça arrive… Ils ont téléphoné chez moi aujourd’hui. Résultat, ma mère est au courant pour tous les cours que j’ai loupés. Le pire, c’est quand elle a demandé à voir mon carnet, avec tous les mots signés de ma main, assez fidèles à l’original d’ailleurs, on peut dire que je me suis bien entraîné. Résultat, les chutes du Niagara, ma mère  effondrée en larmes sur le divan du salon, se flagellant pour se punir d’avoir enfanté un monstre. Mon père faisant les cent pas d’un air sinistre, me prédisant un avenir d’escroc, de bon à rien, de sdf,  de gangster. Ma soeur, quant à elle, gloussait de rire dans sa chambre, je l’entendais depuis le salon. Trop contente la sister, la voilà bien vengée de toutes les fois où il lui ont interdit quelque chose sous prétexte qu’elle est une fille et que je n’ai pas levé le petit doigt pour venir à son secours. 

 

Un instant, j’ai cru qu’elle m’avait dénoncé, je me suis dit que j’aurais dû acheter son silence.. Mais non. C’était beaucoup plus simple, et j’avais tout prévu sauf ça. J’avais réussi à persuader les autorités du lycée que mon grand père était hospitalisé, mon petit frère fiévreux , ma présence nécessaire pour soutenir ma famille, ma maison inondée, mes parents en plein divorce tragique, que je souffrais d’une maladie chronique que l’on arrivait pas à diagnostiquer précisément, et quelques autres histoires du même genre. Je regardais les profs et l’administration avec sérieux, avec bonne volonté, parfois je réussissais même à fabriquer deux ou trois petits larmes tout à fait convaincantes, et comme  ces absences étaient judicieusement réparties sur l’année et que mes notes n’étaient pas mauvaises malgré tout, on ne me posait pas trop de questions. Bref, ce paradis qu’étaient mes promenades au bord de la rivière, mes rendez vous avec Mathilde, mes rêveries, mes poèmes, mon univers à moi, tout cela aurait pu durer longtemps encore…. 

 

Mais voilà. Il y a eu la grippe. Celle dont ils parlent à la télé tous les jours. Et quand ils ont décidé de fermer le lycée, ils ont vu que j’étais absent depuis deux jours et ils ont gentiment pensé à prévenir mes parents pour que je ne retourne pas en cours lundi…... Ma mère a poussé un cri . A l’autre bout du fil, quelqu’un, une voix de femme, a-t-elle raconté ensuite à mon père, lui a dit qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Quelques jours de plus chez moi me feraient le plus grand bien puisque j’avais été un peu souffrant, et me permettraient de me remettre tout à fait avant de reprendre le collier avec le courage et le sérieux  dont j’avais toujours fait preuve depuis mon entrée au lycée. Elle a même ajouté que ma mère pouvait être fière de moi. 



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pour lire les textes que d'autres ont envoyés aux impromptus, c'est ICI
Par danielle vioux - Publié dans : créations passées - Communauté : d'un art à l'autre
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Dimanche 20 septembre 2009


Le titre de cet article est la copie d'un lien donné par moteur de recherche quand je tape "origine des visiteurs", c'est à dire quels sont les mots-clef tapés par les gens qui ont atterri  sur ce site. ( Recopié tel quel)

D'un côté on pourait dire qu'au moins la couleur est annoncée, on veut du gratuit, on ne va donc pas exploiter gratuitement quelque chose qui ne l'est pas.

D'un autre côté, qu'entend cet internaute par "gratuit"?  Texte téléchargeable sans payer? Exploitable sans droits d'auteur?

On peut se poser la question du budget global de ce projet théâtre pour lequel  une personne, sans doute l'animateur/trice demande un texte gratuit. L'animateur est-il payé? La salle est elle gratuite? les costumes et accessoires achetés ont-ils été gratuits? Les lumières et le son sont-ils gratuits? L'auteur est il  moins important que les autres? Après tout, il va quand même grâce à son texte tenir occupés tous ces jeunes hooligans oisifs une bonne partie de l'année.....

On sait que les projets théâtres éducatifs ( écoles, mjc, centres sociaux, etc...)  disposent de peu d'argent  et qu'il est évidemment plus que tout important que ces projets se fassent et aboutissent: Peut on  alors  imaginer que les dirigeants des structures  artistiques et culturelles qui les accueillent prennent suffisamment leurs projets au sérieux pour  budgétiser la part de l'auteur aussi? Ou encore ( la meilleure solution par exemple à mon avis pour l'école ) que chaque établissement scolaire paie un forfait comme ils en paient déja un  par exemple pour les photocopies de manuels scolaires? Ce qui ne rendrait pas l"auteur milliardaire (ça se saurait) mais lui ferait savoir qu'on a pris son travail au sérieux au moins autant que celui des auteurs de manuels scolaires..... qui font quand même eux mêmes pas mal d'emprunts aux auteurs..)

Je me pose également la question de l'incohérence de ce monde ou d'un côté on incite les gens à consommer, acheter, dépenser, et ou d'un autre côté l'artistique ne mériterait que le pillage. Un texte de théâtre vaut il moins qu'un T-shirt de marque ou une console de jeux?

Examinons maintenant les deux adjectifs choisis pour essayer de découvrir la perle rare qui assurera l'adhésion des participants et  un sourire sur le visage des parents en fin d'année : Gratuit et drôle. Ceci en association avec "jeune". il s'agit donc de transmettre aux jeunes que les textes se téléchargent  ( et se jouent) gratuitement, mais pas la musique, ni les films. ( Faites ce que je dis mais pas ce que je fais , bande de délinquants!) Il s'agit donc aussi de leur laisser croire que le théâtre est forcément un truc qui fait rire, ou plutôt, car je n'ai rien, au contraire, contre le fait de faire rire,  que "drôle" est une qualité en soi, un préalable. (Car enfin ces pauvres petits on va leur donner ce qu'ils connaissent déja, pour ne pas les effaroucher, et puis le monde est déja assez dur comme ça, on ne va quand même pas faire/ voir du théâtre pour parler de tous ces trucs déprimants!)

En conclusion,je pense qu'on peut parler de choses graves d'une manière drôle. Mais qu'il est  important de se pencher d'abord sur ce qu'on veut dire, puis sur la façon de le dire.
Je me dis aussi qu'un spectacle est une synergie dans lequel l'auteur a sa place. On peut donc envisager de lui proposer une collaboration claire. Peut être n'aura t il pas le temps de se déplacer ou d'écrire, surtout s'il est souvent joué. Mais peut-être aura t il envie d'en savoir plus sur ces gens ( ici: ces jeunes) qui d'emparent de ses mots. Peut-être aura t il envie d'écrire pour eux. Peut-être sera-t-il enrichi des retours qu'ils lui feront. Bref, un vrai compagnonnage, gratuit ou non selon les circonstances..
Finalement, il me semble qu'un bon texte " pour les jeunes" ne se définit ni par sa gratuité ni par sa drôlerie, mais plutôt par ce qu'il leur apporte, comment il les fait évoluer, grandir, comment il développe leur curiosité, leur envie d'"aller voir", par sa capacité à les surprendre, à les aider à mettre en mots  leurs pensées parfois encore un peu enchevêtrées OU au contraire à entrer dans l'univers des autres....

Voilà, c'étaitent quelques réflexions subjectives et évolutives ( si l'on m'apporte des contradictions intéressantes) inspirées par les mots clé de mon interlocuteur anonyme...
Par danielle vioux - Publié dans : chroniques - Communauté : d'un art à l'autre
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Jeudi 17 septembre 2009
       cliquer ici  sur l'image


Ca y est!


 on peut écouter "Be yourself" avec 2 autres textes sur le thème "Delinquency" sur le site onceuponapodcast.com.

   ou cliquer ici

C'est un projet de Roni Weiss   (cliquer sur son nom  pour en savoir plus)

Si vous préférez lire, le début de la pièce est sur l'une des "pages" dans la colonne de droite




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Mercredi 16 septembre 2009

Un texte écrit pour "Impromptus littéraires"  ( lien dans la colonne de gauche): Consigne: le texte doit commencer par    "Ses doigts effilés aux ongles soignés caressaient....."

 




Les mains blanches

 

 Ses doigts effilés aux ongles soignés caressaient le contrat avec une douceur obscène. Un contrat de quarante deux pages  avec de nombreux passages en petits caractères que le vieux Bastien , assis en face de lui de l’autre côté du large bureau high-tech,ne pouvait pas lire de tout façon.. Il y avait longtemps qu’il ne pouvait plus se permettre de faire renouveler ses lunettes. « Excusez-moi, monsieur , dit-il avec douceur, mais je n’ai pas vraiment le choix, n’est ce pas ? »

 

-         On a toujours le choix, Monsieur, heu…Bastien… Lambert…

-         Il ne me reste plus rien, vous le savez bien.

-         Sans doute avez vous dépensé trop vite et sans prudence, Monsieur Lambert. Vous auriez du prendre un conseiller financier.

 

Bastien ne répondit pas. La rondeur poupine du visage de l’homme derrière le bureau contrastait avec ses longs doigts qu’on aurait dits comme neufs, aseptisés, inhumains. Le visage, orné de lunettes fines,  lui donnait l’air étonné mais roublard d’un vieil  enfant satisfait.  Bastien se rappela soudain une chanson que chantait son grand père.

 

Ils ont les mains blanches
Les mains maquillées
Ils ont les mains blanches
Par l'or elles sont souillées
Ca sent le trafic, c'est sale, c'est malsain
Voilà c'qu'on appelle un poil dans la main !


-Pardon ? dit l’homme avec une légère touche d’agressivité qu’il n’avait pas tout à fait réussi à contenir. Que chantez-vous ? Pourquoi riez-vous ?

« Je ne m’étais pas rendu compte que je chantais, dit Bastien », et l’homme crut le voir se redresser un peu, prendre confiance en lui en quelque sorte, ce qui n’était pas cohérent avec la situation, mais après tout, il retombait sans doute en enfance. « Quant à rire, ajouta Bastien paisiblement, c’est avec les chansonnettes une des dernières choses que je peux m’offrir, voyez vous. Mais finissons-en. Lisez-moi le résumé de ce contrat et je le signerai. »


L’homme lut : « Monsieur Bastien Lambert, ayant épuisé la retraite qui lui a été versée à l'âge de soixante dix ans, il y a dix ans, et ne pouvant plus subvenir à ses besoins, étant sans famille vivante, accepte de se vendre comme esclave à Monsieur  Jean Foxy-Crook, directeur de la banque Shark Ltd, lequel s’engage à le nourrir et le loger contre dix heures de menu travaux quotidiens dans sa maison de campagne, jusqu’à ce que Monsieur Lambert soit trop vieux ou trop invalide pour s’acquitter de ces travaux. Il sera ensuite dirigé vers une structure apte à gérer la situation »

 

Bastien signa et alla s’asseoir dans le hall, en attendant que l’on vienne le chercher pour le conduire chez Monsieur Foxy-Crook. Par la fenêtre il contemplait un ciel immense ou flottaient des nuages dorés par le couchant. Il songea au tableau qui ornait la salle de classe de son enfance. Un peintre Anglais dont il avait oublié le nom. Un nuage dessina un instant les traits de Rose-Marie, morte depuis quinze ans déjà, et Bastien sourit. Avec un peu de chance, il mourrait avant qu’on ait à l’emmener à l’abattoir.

 

 

 

 

 

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Mercredi 16 septembre 2009

   "So schnell, voyage organisé" (version 1980), photo Marc Ginot
                                                                                                        scénographie pour un spectacle de D. Bagouet



Ca y est! Voici le lien: ( également dans la colonne de gauche)

http://www.lemoignechristine.com
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Jeudi 10 septembre 2009
Texte écrit pour Impromptus littéraires

Consigne "Une contrée imaginaire"
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Oubliés

4 ianvrou

Ca y est, j’ai réussi. Je suis passée. Je n’écrirai pas ici comment, au cas où ces writpism tomberaient entre leurs mains. Je ne voudrais pas causer d’ennuis à ceux qui m’ont aidée. Moi, ils peuvent m’interroger. Je ne dirai rien.

 

6 ianvrou

Je me suis installée dans un petit  albregho  proche de la mer, au bout de la plage. La mer est d’un violet sombre aux reflets argentés, le sable d’un blanc bleuté. Quelques pêcheurs essaient d’améliorer leur ordinaire mais on dit que les eaux de cette mer ne renferment plus grand chose. De baigneurs, point. Le patron de l’albregho est un vieil ours taciturne et discret, ça me convient. Il ne pose pas de questions. Quand je suis rentrée à l’heure des repas il dépose sur la table devant moi une assiette remplie  de plats étranges mais qui sentent bon et que je dévore volontiers . Si je suis dans ma camroom il frappe à la porte et dépose mon repas devant, à même le sol, sans attendre que j’ouvre. J’ai le sentiment d’être la seule cliente. Il est vrai que l’endroit n’incite guère au tourisme avec ses sombres rues presque désertes et ses habitants pressés dont on ne croise jamais le regard, que le vent est glacial depuis hier et que l’albregho, de surcroît, grince de tous ses murs à vous donner le frisson.

 

14 ianvrou

 

A force de traîner dans le quartier de Sbyhar et d’y boire des srevez  seule à ma table en observant les  consommateurs, j’ai fini par lier connaissance avec quelques habitués qui me tolèrent, faute de mieux. Je ne sais combien de temps il me faudra pour avoir une vraie conversation avec eux. Je ne peux pas rester ici indéfiniment.

 

20 ianvrou

 

Curieusement, c’est le patron de l’albregho qui m’a parlé le premier. Il m’a même dit son nom : Avmal. Ici, c’est une marque de confiance énorme. Je lui ai dit le mien, enfin, celui que je me suis donné ici, Nelzia. Il a souri. Je sais qu’il sait que je mens. Peut-être ment-il aussi. Pour le reste, il m’a parlé des rites de fravel , qui arrivent bientôt. Il m’a conseillé de me cacher pour regarder. Il dit que c’est dangereux pour une étrangère. J’ai osé lui demander si les Autres seraient là. Il  m’a regardé, à hésité. «  Toutes les nouvelles lunes de fravel et d’agsto, oui »

-Et vous aller devoir leur donner......

-Oui. On ne peut pas faire autrement. C’est le prix à payer.

Je sens la vieille peur qui revient, mais aussi l’excitation du danger et de l’inconnu. Je voudrais bien contacter Rez44, mais il faut attendre que le vaisseau soit  suffisamment proche pour pouvoir relayer mon pauvre falamicr vieille génération, ce qui devrait tomber aux pleines lunes de ianvrou, dans trois jours

 

7 fravel

 

Plus que deux jours avant les nouvelle lunes. Dans le quartier de Sybhar  je suis devenue plus proche d’un groupe d’hommes et de femmes qui semblent préparer quelque chose. J’ai été tentée de leur dire d’où je viens et pourquoi je suis là, mais je ne l’ai pas fait. Ils portent tous des vêtements qui cachent en grande partie leur corps. Je sais pourquoi. Je sais que leur corps a été mutilé, amputé bien des fois déjà. Je crois qu’ils vont se révolter . Je crois que j’ai choisi le moment parfait pour venir sur cette planète.

 

15 fravel

 

Je suis cachée dans la cave d’Avmal. Les Autres sont venus sûrs d’eux et repartis en déroute, mais ceux d’ici  y ont laissé bien des vies aussi.  Avmal a disparu et je n’ai presque plus de provisions. Je n’ose pas sortir tant que je n’ai pas une chance de courir au  ponton de décollage pour y retrouver mon passaviek, s’il est encore vivant. Pas après avoir vu les Autres, l’horreur des affrontements, le sang sur le sol, les deux couleurs mêlées. Ma plugcard est pleine d’images et de sons.  Ils me croiront enfin là bas. Ils sauront que ces signaux captés à l’observdom n’étaient pas imaginaires . Ils sauront que les ancêtres de  ces terriens émigrés troisième génération n’auraient jamais dû écouter les promesses des beaux parleurs. 

 

22 favrel

Avmal est rentré dans la nuit. Un vrai sourire, le sourire de quelqu’un qui a fait ce qu’il fallait.

-         Tu vas partir , Nelzia ?

Je l’ai trouvé beau avec ce sourire là, avec son visage fatigué, ses vêtements recouverts de poussière rouge. Il n’y avait pas de poussière rouge à proximité de la ville, de la plage ou de l’albregho.

-         Tu voudrais retourner sur terre, Avmal ?

-         Non, c’est chez moi ici. Malheureusement, c’est aussi chez les Autres. Ils étaient là avant nous. En nous installant ici, nous avons envahi leur espace, modifié l’équilibre de leur écosystème et détruit les petits animaux  et les plantes dont ils se nourrissaient pour y installer les nôtres….Pour eux, il n’est que juste que nous…..

-         Mais la révolte ? les morts ? Vous vous êtes libérés, non ?

-         Libérés de quoi ? Ca fait des décennies , Nelzia. Ils peuvent tout aussi bien dire qu’ils doivent se libérer de nous, qui nous sommes installés chez eux sans y réfléchir...Ca ne rime à rien. Ils partent et ils reviennent. Ils nous tuent, nous les tuons. Parfois ils sont plus forts, parfois c’est nous. Mais on n’arrive pas à trouver de solution. Et pourtant, il faudra bien qu’on y arrive, un jour. Je reviens de chez eux. J’ai parlé avec leurs dirigeants. Je parlerai encore. C’est dur, à cause de tout ce qui nous sépare. C’est déjà dur de se comprendre avec un voisin. Alors, tu imagines !

Il caressait mon visage. Je caressais le sien. Nous sommes restés  ainsi longtemps. Et d’une manière toute naturelle, je l’ai suivi jusqu’à sa chambre.

 

Je ne dirai rien

Je ne dirai rien.

Les beaux parleurs  règnent toujours sur ma planète.

A quoi bon les amener ici ?

Ils ne feraient qu’envenimer les choses.

Ils ont déjà fait assez de mal.

Je vais détruire ce wripism.

 

A quoi bon le dire à ceux de chez moi.

Je ne dirai rien 

Je reste

 

Je n’ai pas peur des Autres.

 

Nous parlerons ensemble, un jour.

 

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Jeudi 10 septembre 2009


Christine le Moigne, peintre, plasticienne, scénographe, art-thérapeute... expose "métamorphoses" à Apt du 12 septembre au 24 octobre (L'Atelier, lieu d'art visuel, place du Postel 84400 Apt, tél 04 90 04 37 14

 

Elle anime également à Apt un atelier d'arts plastiques pour adultes


http://lemoignechristine.com/memo/cv.pdf

http://www.ot-apt.fr/manif/recherche.php

 

Il y a quelques années, Christine est intervenue  plusieurs fois à ma demande dans un atelier théâtre  lycéen, et ses conseils, son approche de la scénographie en particulier, nous ont amenés à réfléchir avec curiosité et jubilation sur les possibilités et les difficultés de l'espace scénique. J'ai été reconnaissante de travailler avec quelqu'un qui avait l'expérience de projets largements financés mais aussi de projets pauvres... ( notre cas évidemment).  Christine a un parcours artistique incroyablement long et riche et sa présence a enrichi notre travail.

Je viens de recevoir l'info ci-dessus que je relaie ici. Je ne peux pas scanner actuellement et j'ai trouvé simplement les liens notés plus haut. Il vous faudra donc aller juqu'à Apt pour en savoir davantage sur  l'exposition et le stage. Si j'ai une photo, je l'ajouterai plus tard.

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Mercredi 9 septembre 2009

"Toucher l'instant", telle était la consigne des "Impromptus littéraires", atelier d'écriture sur le web ( lien dans la colonne à gauche)









le mistral a fraîchi l'eau

 je dérive en algue

 visage offert au soleil





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